‹ De La Traction Manuelle Par Les Lacs: Dans Les Applications De Forceps (Traction Sur Les Deux Lacs, Traction Unilatérale)Chapitre 10 sur 107 · AT · texte numérisé non relu

AT

tête peut alors évoluer en toute liberté, suivant les résistances diverses ; les mouvements secondaires concomittants de la descente, les rotations (mouvements de flexion ou de déflexion, rotation autour de l'axe vertical, pour amener l’occiput sous les pubis) ne subissent aucune entrave, et le système constitué par l'union de la tête et des cuillers progresse en s’inclinant sur tel où tel axe avec la plus grande facilité désirable.

Mais le principe de l'insertion au centre de figure a une autreimportance que d'assurer la mobilité de la têète(ce qu'elle fait, du reste, admirablement.)

C’est cette importance, complètement méconnue par l'Ecole parisienne et parfaitement démontrée par Chassagny que nous voudrions mettre en évidence.

Nous savons que, pour tirer un corps dans l'axe d’un canal, 1l faut, avant tout, que la force qui opère la traction soit elle-même placée dans la direction de l'axe. Nous avons vu également, au paragraphe précédent, qu'il n'existe pas de moyen de tirer à l’aide du forceps dans l'axe du bassin.

Or, c'est une loi de mécanique que, lorsquela force n'est pas placée dans la direction des axes du canal, pour agir rationnellement elle doit passer par Île centre de figure du corps dont on opère l'extraction.

Chassagny donne de cette loila démonstration suivante que nous croyons devoir reproduire :

Etant donné un piston cylindrique ABCD (V.

fig. 2) se mouvant à frottement doux dans un cylindre droit, sila force est appuyée, au point F, sur une ligne placée à la partie moyenne du piston et

FRE TU dans le prolongement de son axe longitudinal, il est évident que l’on devra tirer dans la direction EFG, c'est-à-dire dans l'axe du cylindre ; mais si, pour une cause quelconque, la force ne peut pas être appliquée dans la direction de cet axe, si l'on est obligé, par exemple, de l'appliquer au point H, on ne pourra pas tirer dans la direction de laxe du te puisque l’on n'est pas placé dans la direction de cet axe.

HG LE

Devrat-on tirer parallèlement à cet axe, suivant une ligne HM? Non, car on voit de suite qu'entirant dans cette direction, le piston ira presser sur les côtés du cylindre ‘aux points À et C ; ainsi l’on tendra, à l’engager suivant sa diagonale AC, et, s’il est juste dans le cylindre, s’il est incompressible, il sera absolument impossible de lui faire exécuter le moindre mouvement. Pour le faire progresser, on devra tirer suivant une ligne EHK, passant par lepoint E, c'està-dire par le centre de figure du piston.

Le même phénomène se produira, en s’exagérant encore, si la force est appliquée plus en dehors de

Ho l’axe,au point I, par exemple ; dans cecas on nedevra pas non plus tirer dans la direction IK, mais suivant une ligne EIL, passant aussi par le centre de figure du piston.

Si lon applique simultanément deux forces au point H et au point I, on voit que la main appliquée au point H ne devra pas agir dans une direction parallèle qu'imprimerait sa congénère au point I, puisque l’on ne peut obtenir le minimum de frottement qu'en les faisant passer toutes les deux par le centre du piston. Si le centre du piston est soustrait à nos regards, on comprend combien il sera impossible de faire passer cette force par un point dont nous ignorons absolument la position ; mais ilsuffit de jeter un coup d'œil sur la figure, pour voir que le problème est immédiatement résolu si la force est insérée au point E et que, dans ce cas, quelle que soit la direction que l’on donne à la ligne EO,on sera toujours rigoureusement dans le vrai.

Il est bien évident qu'il y aura, dans ce cas,unelégère déperdition de force, que la traction s'exercera dans des conditions un peu moins favorables que si l’on tirait suivant la ligne FG, mais le désavantage est tellement insignifiant que, dans la pratique, on peut très bien se dispenser d'en tenir compte; c'est, d’ailleurs, ce que l’on fait toujours dans l'industrie, toutes les fois que l’on fait mouvoir un piston dans un cylindre, en agissant sur lui par l'intermédiaire d’une tige mise en mouvementpar une bielle.

Donc, toutes les fois qu'on ne peut pas tirer directement dans l’axe d'un canal et nous savons que»

ape pour le bassin, (c'est presque toujours le cas), l'insertion au centre de figure, compense très suffisamment cette défectuosité et permet, dans une certaine mesure, de ne pas s'inquiéter de l’excentricité de la traction.

Ceci est la démonstration directe de la nécessité de l'insertion au centre de figure.

Si nous supposons maintenant la force insérée sur le forceps au-dessous et plus ou moins loin du centre de figure,voyons ce qui va arriver.

Si, avec une pareille insertion, on tire exactement dans l'axe, la tête pourra obéir aux résistances et osciller autour de son diamètre transversal.

Si, au contraire, on ne tire pas exactement dans l'axe (et nous savons que c’est ordinairement la règle, quel que soit l'instrument employé), l'insertion au centre de figure tendra à empêcher l'engagement synclitique. En effet, cette insertion a pour effet de faire tourner tout le système autour d’un axe transversal,de détruirela concordance de coïncidence normale entre les plans horizontaux de la tête et les plans du bassin. « Une partie de l'effort se perd, dit M. le professeur Fochier (1), et est employée à produire des mouvements dont l'utilité n’est jamais certaine, des mouvements de rotation de la tête autour d’une ligne transversale.» La tête peut ainsi être exposée à des compressions dangereuses et arrêtée dans sa descente.

(1) Focmier, — Lyon Médical, 1870, p. 12. — De la limite de la force de traction compatible avec la survie de l'enfant dans les application du forceps.

Page 1