‹ De la Transformation Maligne des NœviChapitre 26 sur 35 · Capitan. Bull. de la Soc. Anat · texte numérisé non relu

Capitan. Bull. de la Soc. Anat

tard l’envahissementse fait, non seulementen profondeur, mais en surface.

Notons que chez la malade de notre observation n° Il, on voyait tout autour de la tumeur, trois où quatre plaques noires, ardoisées, incrustées dans une peau intacte.

La tumeur saigne facilement. Ce sont ces hémorrhagies qui, par leur fréquence peuvent inquiéter les malades et, les porter à consulter le médecin. Tel était le cas chez nos deux malades. Outre l'hémorrhagie, on constate quelquefois de la suppuration.

La tumeur ainsi définie peut évoluer longtemps sur place ; mais, à un moment donné, se fait l’envahissement ganglionnaire qui vient aggraver le pronostic. Nos deux malades présentaient, chacune, sous une aïsselle, une masse ganglionnaire, ayant tous les caractères de l’adénopathie, que l’on observe dans les néoplasmes du seix. L'opération a bien montré d’ailleurs, dans les deux cas, ia nature néoplasique des ganglions , dans le deuxième cas surtout le fait que les ganglions, le grand pectoral, et, le tissu cellulaire ambiant étaient infiltrés de masses pigmentaires, prouvait bien l’origine nœvique (dégénérée) de l’adénopathie.

Cette adénopathie est d’abord libre, mobile ; puis elle adhère à la peau et aux tissus voisins et enfin, si on la laisse évoluer, elle ulcère les téguments et reproduit dans la région, une tumeur ayant les mêmes caractères que la tumeur primitive.

La généralisation dans les tumeurs mélaniques d’origine nœvique est rare et précoce. Quandelle a commen-

cé, elle se fait avec une rapidité que rien n’égale et qui

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fait de ces tumeurs le prototype des tumeurs malignes. On a attribué cette malignité spéciale à la présence du pigment.

Nous ne savons si cela est vrai, mais ce qui est certaiu, c’est qu’il y a des tumeurs mélaniques, dont l’évolution à été bénigne. Le pigment ne suffit donc pas à conférer la maliqnité. A ce propos, rappelons la disposition particulière, observée par Renoul, des granulations mélaniques dans les parois des vaisseaux du nœvus, disposition qui pourrait peut-être expliquer la généralisation rapide.

Le siège de la tumeur et lâge des malades ne paraissent pas avoir d'influence sur la généralisation. Il n’en serait pas de même du sexe : la généralisation serait bien plus fréquente chez l’homme.

Outre la peau et les ganglions, l’organe le plus souvent envahi par la généralisation mélanique est le foie ; puis viennent le système nerveux, les poumons, les reins, les muscles, la rate, le corps thyroïde, et, en dernier lieu, le péricarde et le cœur.

Diagnostic. — Le point capital du diagnostic, c’est de savoir à quel moment précis un nœvus subit [a transformation maligne. On conçoit l’importance, au point de vue de l'intervention, de ce diagnostic.

La chose n’est pas toujours facile; nous avons parlé des phénomènes subjectifs accusés par les malades et qui s’observent avant toute modification dans l’aspect du nœvus. Mais ces signes sont loin d’être constants; ils varient suivant les malades. Que le chirurgien doive en

tenir compte, s'ils existent, cela ne fait de doute pour

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