‹ De la Transformation Maligne des NœviChapitre 8 sur 35 · Alibert. Monographie des Dermatoses, T. II p · texte numérisé non relu

Alibert. Monographie des Dermatoses, T. II p

ÉTU2E HISTOLOGIQUE DU NŒVUS

A). — Structure du nœvus vasculaire.

Sur une coupe, on voit l’épiderme avec ses différents plans de cellules, à peine modifiées.

Les papilles du derme sont augmentées de volume. Elles sont remplies d’un véritable tissu caverneux et séparées de l’épiderme par une couche de tissu conjonctif très homogène renfermant quelques cellules.

Le tissu caverneux sur la coupe, est représenté parun grand nombre de cavités vasculaires qui,ayant été sectionnées dans des directions différentes, présentent tantôt la forme ronde ou ovalaire, tantôt une forme allongée ou sinueuse. Ces cavités sont remplies de globules rouges et de quelques leucocytes.

Dans les points, où plusieurs cloisons se réunissent, on voit fréquemment des amas de cellules bien colorées par le carmin et qui sont probablement des capillaires en voie de formation.

Les vaisseaux du derme sous-jacents au tissu caverneux présentent des parois épaissies. À part cela, le derme est à peu près normal. Les follicules pileux, quandil y en a,

sont assez souvent augmentés de volume, tandis qu’au

ni — contraire, les glandes sudoripares sont presque toujours

en voie d’atrophie.

B. — Structure du Nœvus pigmentaire.

C’est au regretté professeur Laboulbène (1) que lon doit les premiers travaux importants sur la structure intime du nœvus. C’est lui qui a donné des dimensions aux granulations pigmentaires, signalé leur groupement et les mouvements brwoniens dont elles sont animées, et fait remarquer qu’elles sont mélangées de matière amorphe et de jeunes cellules épithéliales, arrondies et pourvues de noyaux. |

Après lui, un auteur allemand Geber (2) constate la | tuméfaction des cellules de l’endothélium des vaisseaux ct la présence de granulations pigmentaires dans ces cellules.

M. Galliard (3), en 1880 insiste sur l’hypertrophie du corps papillaire du derme et sur l’infiltration des cellules profondes de l’épiderme par du pigment.

Depuis, les Nœvi ont été l’objet d’une étude spéciale de la part de bien des auteurs. Bornons. nous à citer

les thèses qui ont été soutenues à cette Faculté dans les

1. Laboulbène, Sur le Nœvus en général et sur une modification particulière et non décrile, observée sur un Nœvus de la paupière inférieure. Thèse Paris. 1854.

2. Geber. Ueber eine dell. forme non nœvus des Autoren. in Rev.des Sc. méd. 1875, p. 562.

3. Galliard.Sur un cas de Nœvus pigmentaire lichénoïde génér. Annales de Derm. et de syphilig. 1880. N° 3.

= jÿ: — déux dernières années : celles de Hugues (1889-90), de Renoul (1891-92) et de Filaudeau (1892-93).

La meilleure façon de comprendre la structure du nœvus pigmentaire, c’est de passer en revue les diverses parties quile constituent et de voir en quoi elles diffèrent des éléments analoques qui entrent dans la compositon de Ja peau normale.

1° Epiderme. — La couche cornée de l’épiderme n’offre rien de spécial. Il n’en est pas de même du corps muqueux de Malpighi.

L’épaisseur de cette couche muqueuse est considérable. Elle envoie entre les papilles du derme des digitations renfermant des granulations pigmentaires. Plusieurs d’entre ces digitations possèdent dansleur épaisseur d’assez gros blocs de pigment ; d’autres en renferment moins ; peut-être aussitrouve-t-on du pigment dans les espaces intercellulaires. Les cellules du corps muqueux ne sont pas régulières comme à l’état normal.

2 Derme. — Les papilles du derme sont hypertro- : phiées, élles ont doublé ou :nême triplé de volume et sont constituées par du tissu conjonctif homogène bien coloré par le carmin. Beaucoup d’entre elles renferment des amas de substance pigmentaire. « Le rapport de ces masses pigmentaires, dit Renoul, (1) avec les cellules est fort difficilé à préciser ; tantôt elles paraissent manifestement contenues dans une ou plusieurs cellules juxtaposées ; tantôt

elles forment des blocs trop gros pour qu’on puisse les

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