INDICATIONS
Comme nous Pavons vu, clans le chapitre à propos de rhistorique, quand la transfusion fit son apparition dans le domaine de la clinique, elle fut considérée plutôt comme une source de force et de rénovation organique mise à la disposition des malades atteints d'affections chroniques, que comme une ressource ultime donnée au chirurgien jusque-là désarmé devant un patient à bout de sang. Aussi n'est-ce pas l'idée de restitution qui guide les premiers pas des novateurs; c'est celle de mutation. Nous Pavons déjà dit, on parlait alors de changer de sang comme de chemise. Aujourd'hui, grâce aux progrès de l'art, ce que les sectaires inexpérimentés de la chirurgie infusoire promettaient sans pouvoir le tenir, nous sommes en droit de l'attendre de Tapplication perfectionnée des récentes conquêtes de la physiologie. Aussi, tandis que, jusqu'à ces dernières années , c'était seulement en présence d'un malade exsangue par suite d'une hémorrhagie traumatique, ou d'une femme accouchée prête à succomber aux suites d'une perte utérine, que l'on se croyait autorisé à tenter la transfusion, comme ressource extrême, aujourd'hui l'on est en droit de la pratiquer sans crainte sur des patients dont la mort n'en est pas moins certaine
pour être moins imminente, sans redouter d'être taxé de témérité et d'imprudence, puisque Texpérimentation et la clinique ont parlé.
Nous ne nous occuperons pas ici de la qualité du sang, cette question devant être développée dans le chapitre suivant ; nous disons seulement que le sang doit être aussi riche et aussi vivant que possible.
Les maladies qui nous mettent dans la nécessité de pratiquer la transfusion doivent se classer suivant qu'il faut remplacer immédiatement toute la masse sanguine devenue impropre à son rôle physiologique, ou suppléer par des additions successives à Fin suffisance de sa qualité ou de sa quantité, c'est dire que nous allons examiner successivement :
1° Les indications de la transfusion avec déplétion préalable ;
2° Les indications de la transfusion sans déplétion préventive.