TRANSFUSION IMMÉDIATE
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Exp. 1.
Le chien meurt après 15 jours d'empyème sanglant. Pas d'hémorrhagie de la plaie.
Exp. {.
Malade 3jours.
Hémorrhag. médiocre par la plaie. Guérison.
Exp. 2.
Mort après la heures. Hémorrhag. delà plaie.
Exp. 2.
Mort 30 heures après. Hémorrhag. abondante par la plaie.
Exp. 3.
Mort après 20 heutes; Hémorrhag. delà plaie.
Exp. 3.
Mort 32 heures après. Bémorxhagie médiocre par la plaie.
2° Transfusion de sang défibriné entre animaux de classe différente, mais à sang chaud.
Ces expériences sont peu nombreuses; nous allons toutefois reproduire celles que nous avons pu rassembler.
1° Coq et poule.
1'^ expérience. — Coq (1/83 + 1/136). Veau (1/168). Le 21 juillet 1835, Bischoff mit à nu la veine jugulaire droite à un jeune coq, et lui injecta une petite quantité de sang de veau, fouetté, qui avait été tiré quelques heures auparavant par la carotide. L'animal ne parut pas affecté par cette opération, et se mit à courir dans la chambre.
2" expérience. — Aucun accident n'ayant eu heu, il fit la même expérience sur un autre coq. Le nerf vague fut lié pendant l'opération sans donner lieu à aucun accident. Les deux coqs survécurent ainsi qu'un troisième, auquel il injecta du sang artériel et veineux mélangés et qui avaient été préalablement défibrinés.
3'' expérience. — Le 2 juillet, il injecta dans la veine jugulaire droite d'une poule forte et adulte une assez grande quantité de sang artériel défibriné, pris à un chien, et chauffé à 36 degrés Réaumur. La poule on perdit une assez grande quantité, mais moins cependant qu'on ne lui en injecta. Elle parut faible apràs l'opération ; sa respiration était tranquille ; elle se remit bientôt, guérit parfaitement, et vécut jusqu'au 6 août, époque où Bischoff s'en servit pour une autre expérience.
Une circonstance curieuse se manifesta : la poule devint méchante, elle sautait à la figure de tous ceux qui rapprochaient, et tua même quelques petits poulets. Cette méchanceté diminua plus tard, mais ne se perdit pas complatement.
4" expérience. — Le 6 août, il prit une poule qu'il épuisa par une hémorrhagie, puis lui injecta du sang défibriné de deux rats. Elle ne se ranima pas.
2° Canard (1/76 et 1/135).
l""^ expérience. — Sur un canard fut injecté du sang fraîchement défibriné de chien. Il guérit après avoir présenté des phénomènes identiques à ceux de la poule de l'expérience précédente.
2^ expérience. — Le 28 juillet, Bischoff mit à nu la jugulaire d'un canard et d'un chien, il introduisit des tubes dans les vaisseaux de ces deux animaux, après leur avoir ôté assez de sang pour qu'ils fussent dans un état voisin de la mort.
Après cela, il injecta au canard du sang défibriné de chien, et au chien du sang défibriné de canard. Aucun de ces deux animaux ne revint à la vie.
3° Oie (1/78.)
Expérience. (Bischoff). — Après avoir dénudé avec le plus grand soin la veine jugulaire droite d'une oie, il y plaça un tube. L'extrémité céphalique du vaisseau ayant été lié préalablement, il enleva du sang à la carotide de deux lapins, le défibrina parle battage, etl'élevaàune température de34degrés Réaumur. Il ôta alors la ligature placée sur la veine et bientôt l'hémorrhagie mit cette oie dans un état de mort apparente. A ce moment, il poussa par le tube quatre petites seringues du sang défibriné de lapin ; aucun effet avantageux ne s'ensuivit et l'oie resta morte.
Inversement, des expériences de transfusion de Foiseau au mammifère, moins nombreuses, il est vrai, ont donné les résultats suivants :
!'■'' expérience. — Un chien reçut de Bischoff, par la carotide, une once de sang de poule défibriné et chauffé. Il guérit. 7
2® expérience. — Un lapin épuisé par une hémorrhagie reçut le sang défibriné de deux coqs, sans résultat (Bischoff).
3" expérience. — Un chien épuisé par une hémorrhagie reçut du sang défibriné de canard. Il ne put être rappelé à la vie.
De toutes ces expériences, on peut conclure que, toutes les fois que l'animal s'est trouvé, avant Topération, dans un état, sinon normal, du moins d'anémie peu considérable, le mélange de deux sangs a pu se faire sans détriment pour l'organisme. Il n'en était plus de même quand Thémorrhagie préalable avait exsanguifié le sujet.
3° Transfusion du sang défibriné entre animaux à sang froid et à sang chaud,
Landois a pratiqué de nombreuses transfusions de mammifères à batraciens. Parmi ces derniers, les grenouilles se prêtent particulièrement à ce genre d'opération, car elles possèdent trois grosses veines abdominales sous-cutanées, l'une médiane et deux latérales^ recevant facilement la pointe d'une seringue de Pravaz. A une grenouille {rana esculenta), Landois injecte par cette voie, 5 à 8 centimètres cubes de sang de mammifère frais et défibriné. On sectionne ensuite un doigt de la membrane natatoire, et à divers intervalles, on recueille une goutte de sang qui s'échappe par la plaie et que l'on place pour l'examen dans le liquide conservateur de Pacini.
Si le sang injecté provient du lapin, on n'en re-
trouve plus les globules au bout de trois à cinq minutes ; si c'est du sang de cochon d'Inde, les globules en ont disparu au bout de vingt minutes, ceux de l'homme après trente minutes, ceux du chien après cinquante miautes, ceux du brochet après trentesix minutes, ceux du pigeon après quatre-vingt minutes seulement. Ces globules se dissolvent dans le sérum du sang de la grenouille qui, comme toutes les solutions d'hémoglobine, présente alors une coloration laque foncée.
Cette coloration dure pendant près de huit jours, pendant lesquels elle va diminuant graduellement. L'élimination de l'hémoglobine dissoute dans le sérum sanguin se fait surtout par les urines, qui sont rouges (sanglantes), et contiennent en même temps de l'albumine. L'hémoglobinurie et l'albuminurie durent pendant huit jours environ. Si l'on injecte à la rana esculenta du sang de rana temporaria, on ne provoque pas d'albuminurie.
En plaçant une goutte de sang de mammifère dans du sang de grenouille ou simplement dans du sérum de grenouille, on voit au miscroscope les globules du mammifère diminuer de volume, pâlir graduellement et fmir par se dissoudre complètement en même temps que le liquide prendre une couleur laque. Les stromas des globules sont assez longs à se dissoudre et s'agglutinent volontiers entre eux. Landois pense que cette agglutination peut quelquefois se produire dans la circulation et donner naissance à des masses emboliques (d'où
les paraplégies que la transfusion détermine souvent chez la grenouille).
La dissolution graduelle des globules transfusés peut du reste s'observer directement dans le sang en circulation, sur la membrane natatoire, le mésentère et surtout sur la vessie de la grenouille curarisée.
Si Ton injecte du sérum de mammifère, sans globules, à une grenouille, ce sérum dissout les globules de la grenouille.
L'injection du sérum provenant du chien détermine chez la grenouille de Fhémoglobinurie et de Talbuminurie pendant 8 jours environ; le sérum de mouton ou d'homme ne provoque que de Falbuminurie.