Netter. Soc. méd. des hôp., janv. 1889, mai
2. Foa et Bordone Uffredozzi. Sur l'action abortive du méningo coccus el s1 lransmission de la mère au fœtus (Riforma Medica), 1887, n. 39.
le foie et.dans la rate du fœtus on trouva le méningo -Coccus, (Diplococcus pneumoniæ Frœnkel). Une lapine pleine fut inoculée avec de la culture de méningococcus provenant d’un cas de méningite cérébro-spinale ; elle avorta puis mourut. À l'examen du fœtus, on trouva dans le foie, la rate et le sang du cœur, le méningococcus. On put aussi l’isoler du placenta fœtal. Enfin, on put le retirer du lait de la lapine. Un lapin sain qui reçut sous la peau un fragment de fœtus, succomba en 48 heures en présentant la septicémie spéciale que détermine l’inoculation sous-cutanée du pneumocoque.
Les observations, tendant à prouver la transmission intra-utérine de la pneumonie chez l’homme, commen cent à être nombreuses... Nous pouvons citer celles de MM. Thorner, de Strachan, de Marchant, de M. Netter et celles toutes récentes de Birch-Hirchfeld, de Levy et de Viti.
Thorner (1) relate un cas où la mère accoucha à terme, après la défervescence, après la crise ; l'enfant mourut en 36 heures ; à l'autopsie, on constate l'existence de liquide sanguinolent dans le péritoine, les plèvres, le péricarde. Le lobe supérieur gauche est plus volumineux et plus ferme. Il est absolument privé d’air et enfonce sous l’eau. La coupe présente une coloration rouge brun. ‘Le râclage fait sourdre un liquide trouble puriforme. La rate est un peu tuméfiée. Les coupes de ce lobe montrent l'existence de fibrine dans les alvéoles en même temps que celle de globules rouges et de cellules épithéliales. A l’aide de la méthode de Gram on constate l'existence d’une quantité de microbes dans les alvéoles,
4. Ein fall von. Pneumonie crouposa congénita (Thèse de Munich, 1888).
les uns libres dans l'exsudat, les autres inclus dans les cellules. Les mêmes microbes se retrouvent dans le sang des vaisseaux et dans la gaîne lymphatique, dans la lumière des vaisseaux sanguins, dans les branchioles, dans le tissu inter-alvéolaire.
Ils sont en diplocoques, mais forment aussi des chapelets plus longs. Ils ont une forme arrondie et sont entourés d’une auréole que l’on ne peut colorer.
Ce sont bien des diplocoques.
L'observation de H. Strachan, quoique fort intéressante, est moins démonstrative, parce qu'il n’a pas recherché les microbes. Il s'agit d’une femme enceinte de huit mois et atteinte d'une pneumonie aiguë. Elle mit au monde un enfant du sexe féminin, cet enfant mourut le lendemain de l'accouchement avec les symptômes de la pneumonie aiguë.
L’autopsie montra l’hépatisation de tout le poumon gauche. La mère se rétablit promptement et entièrement (1).
Dans l'observation de Marchand, l'accouchement eut lieu à terme, deux jours après le début de la pneumonie de Ja mère. L'enfant est pris bientôt après de pneumonie du lobe inférieur droit avec épanchement séro-fibrineux, assez abondant dans la cavité pleurale. Ici aussi les recherches de l’agent infectieux font défaut.
Les recherches les plus complètes (concernant ce sujet) aussi bien au point de vue bactériologique qu’au point de vue microscopique, et au point de vue clinique, appartiennent sans conteste à M. le Dr Netter. La communi-
1. Strachan. Acute Pneumonia in utero (Britisch-Medical, Journal 1886).
cation qu'il fait à la Société de Biologie (1) le prouve suffisamment ; nous croyons utile de reproduire en entier
l'observation rapportée dans ce travail, vu son importance capitale :
M..., âgée de 33 ans, entre le 27 février 1889, dans le service de M. Gombault.
C'est une femme vigoureuse, qui n’a jamais été malade, et qui a déjà mené à terme cinq grossesses. Elle est encéinte de près de huit mois.
Le 18 février, elle a été prise d’un frisson violent avec point de côté très pénible. En même temps a paru la fièvre.
A son entrée, on constate les signes d'une pneumonie franche du sommet droit. La dyspnée est marquée, la température est de 40° Les signes fournis par l'auscultation et la percussion sont aussi nets que possible. Il n'y a pas d’expectoration. Le troisième jour de la pneumonie a paru une éruption confluente d’herpès dont les groupés ne sont pas cantonnés seulement au pourtour des lèvres, mais occupent aussi le pavillon de l'oreille gauche.
L'auscultation de l’abdomen démontre que le fœtus continue à vivre. La malade a conscience de ses mouvements. É
Les jours suivants, la pneumonie évolue d’une facon normale. Dans la nuit du sixième au septième jour, défervescence qui fait tomber la température de 40° à 36, 8.
Le 26, à 5 heures du matin, la malade ressent les premières douleurs: À 9 heures, elle accouche sans difficulté. L’enfant, de sexe féminin, se présente par la tête. Il paraît bien conformé. La délivrance se fait très régulièrement. Après l’accouchement, la malade ne se plaint en aucune façon de douleurs abdominales.
‘Il ne survient aucune complication du côté du péritoine. La résolation de la pneumonie se fait dela façon la plus régulière, Mais il survient une parotidite suppurée du côté droit, dont la malade
4, Société de biologie, séance du 9 mars 1889.
moi, |: de
guérit fort bien, grâce à des incisions pratiquées de bonne heure.
L'enfant à paru assez bien portant les deux premiers jours. A partir de ce moment, il devient jaune, se refroidit. Il réspire avec difficulté, bien que l’auscultation ne révèle aucun bruit anormal. Le 2, ilest presque immobile et meurt le 3, à 7 heures du matin. âgé de moins de cinq jours.
L’autopsie révèle :
4° L'existence d’une pneumonie de la plus grande partie du lobe supérieur droit. Il s’agit d’une hépatisation rouge vraie avec présence de moules fibrineux dans les bronches. Une fausse membrane fibrineuse revêt le poumon hépatisé dont les fragments plongent sous l’eau.
Il y a des fausses membranes fibrino-purulentes dans les deux cavités pleurales.
Un exsudat fibrineux amène l’accolement des deux feuillets du péricarde. Un liquide fibrineux. jaunâtre infiltre les ‘’ausses membranes autour des vaisseaux qui partent de la base du cœur. Un liquide analogue se retrouve dans la gaine périvasculaire des gros troncs et est encore manifeste à la base du cou et autour de la sous-clavière gauche. |
- Les valvules du cœur sont intactes. Le ventricule et l’oreillette droite renferment un gros caillot fibrineux agonique.
Le foie, la rate, les reins n'offrent rien d’anormal.
L'espace sous-arachnoïdien est infiltré par un exsudat fibrineux purulent, abondant, d'un jaune légèrement verdâtre, cet exsudat est surtout marqué à la convexité du cerveau, mais on le trouve également à la base, sur le cervelet et à la surface dela mœælle.
Dans les deux caisses du tympan, exsudat fibrino-purulent.
L'evamen microscopique démontre qu’il s’agit d’une pneumonie fibrineuse. |
La recherche des microbes permet de constater leur existence en grande abondance dans les points suivants :
4° Moules fibrineux du poumon ; 2° Exsudat pleural ; 3° Exsudat du péricarde ; 4 Sang du ventricule gauche ; 5° Caillot du
Pen UT
cœur droit ; 6° Pus de méningite cérébrale; 7° Méningite spinale : 8° Sérosité des ventricules cérébraux ; 9° Contenu de la caisse du tympan.
On trouve partout un même microbe, coccus ovoide, souvent neltement lancéolé, groupé par deux ou par chaînette.
Le microbe est entouré d’une capsule. Il résiste à la réaction de
Gram. Il présente tous les attributs morphologiques du pneumocoque.
Ce microbe est aisément cultivé sur l’agar-agar, et nous avons pu poursuivre les cultures provenant de la méningite et du sang . du cœur gauche. Les colonies obtenues sont minces, presque transparentes, et appartiennent manifestement au pneumocoque de Fraenkel.
L'enfant a donc, sans aucun doute, succombé à une infection pneumonique qui a présenté des déterminations inflammatoires du côté du poumon droit, des plèvres, du péricarde, des méninges, de l'oreille.
Et M. Netter conclut d'après son observation personnelle et d’après celle des autres auteurs quise sont occupés de la question. Nous admetions comme démontrée chez l’homme la possibilité de la transmission de la pneumonie de la mère à l'enfant.
Puis il ajoute cette conclusion: « I doit y avoir souvent infection transmise à l'embryon humain sans qu'à l'autopsie de celui-ci on trouve trace de pneumonie. » L'infection pneumonique peut évoluer sans qu’il y ait trace de lésion pulmonaire. Ce qui fait la pneumonie, ce n'est pas seulement le pneumocoque, ce sont aussi les conditions nécessaires pour fixer le pneumocoque au poumon et pour aider à son développement dans cet organe. Il semble nécessaire, avant tout, que le poumon fonctionne, respire.
Pavlovsky 8
nl La pneumonie manquera chez les mort-nés bien que ceux-ci soient atteints d'infection pneumococcique.
Une année plus tard Levy publia l'observation (1) d'une femme atteinte d’une pleuro-pneumonie du côté gauche au cours du neuvième mois de la gestation. Elle succomba le troisième jour après son entrée à l’hôpital.
L'enfant auquel cette femme donna naissance la veille de sa mort paraissait bien portant ; il était normalement developpé, pesait 2980 grammes. Il respirait librement. Mais examiné 7 heures après la naissance, on constatait une cyanose de la face et une dyspnée assez marquée. Dans le premier et le deuxième espace intercostal, à droite et en avant, on percevait facilement des râles crépitants. L'enfant mourut le 8 mai à peine âgé de trois jours.
Voici ce qu’on trouva à l’autopsie de la mère d'abord
et de l’enfant ensuite :
Autopsie (mère), 7 Mai 1890 (D° Sterling).
Petite quantité de liquide jaunâtre dans l'abdomen. Après l’ouverture de la cage thoracique les poumons se rétractent très peu. Dans la plèvre gauche 20 c. c. d’un liquide purulent contenant quelques bouchons fibrineux. Le péricarde est recouvert d’ecchymoses en grand nombre sur la face pariétale et en nombre moindre sur la face viscérale, il contient 80 à 90 c. c. d’unliquide trouble. Les valvules sont normales. Le muscle est pâle. La plèvre droite épaisse, le poumon gauche fortement œdématié. Les lobes inférieur et moyen ont subi l'hépalisation rouge-grisâtre. À gauche, le lobe inférieur est complètement dépourvu d'air ; le