Vignal. Bulletin médical, dimanche 9 août
ECAGR 2
issus de ces femelles ont été inoculés à 19 cobayes, qui tous ont continué à se bien porter, et, sacrifiés après cinq mois, ces cobayes n’ont pas présenté à la nécropsie aucune trace de tuberculose. M. Hutinel a examiné et inoculé les placentas et les viscères d'enfants nés de femmes phtisiques et morts peu d'heures après la naissance ; il a partout obtenu des résultats négatifs.
On voit que, au point de vue expérimental, pour la tuber culose du cobaye et du lapin qui est celle que l’on étudie de préférence dans les laboratoires, les résultats ont été presque toujours négatifs : les femelles de cobayes et les lapines tuberculeuses mettent au monde des fœtus dont les organes ne présentent aucune lésion tuberculeuse, macroscopique ni microscopique; l’inoculation des organes des fœtus ne détermine pas d'infection tuberculeuse. Il en faut conclure que chez les rongeurs, du moins, l’infection tuberculeuse in utero est .extrèmement rare, si tant est qu’elle existe. Ce n’est donc pas par les faits expérimentaux que la transmissibilité du bacille de la tuberculose de la mère au fœtus peut être établie.
Et cependant cette transmissibilité existe : elle est mise ‘en évidence par des faits de tuberculose congénitale, observés chez l’homme et dans l’espèce bovine. La tuberculose congénitale existe chez l’homme quoiqu’elle soit extrèmement rare, à ce point qu'un anatomo-pathologiste comme Wirchow n'a jamais pu en observer dans sa longue carrière: Voici cependant des observations qui prouvent bien la possibilité de cette transmission.
Dans l'observation de Berti (citée par Sanchez-Toledo),
un enfant né d’une mère phthisique, succombe le neuvième
jour après sa naissance, et à l’autopsie on trouve deux cavernules dans le fond postérieur du lobe inférieur du poumon droit, remplies de matière caséeuse. L'examen histologique de ces cavernes démontra la nature tuberculeuse de la lésion.
Un autre cas non moins démonstratif est celui de Merkel (de Nuremberg, cité par M. Ollendorf). Une femme phthisique succomba deux jours après son accouchement. L'enfant né à terme portait à sa naissance une tumeur jaunâtre de la grosseur d'un pois au niveau de la voûte palatine, deux jours après la naissance cette tumeur s'ouvrit et: laissa écouler un pus caséeux; puis survint un abcès au niveau du grand trochanter gauche et l'enfant mourut d'atrepsie. A la nécropsie on constata un foyer caséeux intéressant les os au niveau de la voûte palatine ; les ganglions cervicaux étaient caséeux ; foyer caséeux derrière l'articulation de la hanche ; l'articulation ellemême était intacte. Les poumons ne présentaient pas d’altérations à l'œil nu.
B. Hirschfeld et Schmorl (1891) (1) ont publié trois cas, dans lesquels les tissus fœtaux, sains en apparence, : ont donné des inoculations positives. L'examen microscopique des tissus fœtaux n'avait révélé à Birch-Hirschfeld aucune lésion tuberculeuse, et l’examen bactériologique n’avait montré, pour le foie et le placenta, que quelques rares bacilles de Koch parmi de nombreuses préparations. Nous nous contenterons de rapporter ici les détails de
4. Beitrage zur pathologischen Anatomie und zur allgemeine pathologie, 1891 p. 429. Rapportée par M. le D' Landouzy dans la Revue de Médecine du 10 mai 1891.
Pavlovsky 10
f EURE
celte importante dhsemation | qui,concernent l° autopsie de J'enfant, la recherche du bacille, et les inoculations. faites
à des cobayes et à un, lapin de cubes de tissu fœtal hépatique, et rénal microscopiquement sains. La tubereulose de la mère de ce fœtus, diagnostiquée, pendant, son) séjour à. l'hôpital, fut pleinement confirmée -par l’autopsie. .:
è e détrnts *#
drarnoleutt is: r104910 NM - 41H49
ADO Gun ARS ns EE
nes organes pts du ta (de 7 mois) 4 en dehbrs d'une congeslion manifeste ne présentaient rien de particulier à l'œil nu. Aucun nodule ne fut trouvé sur de nombreuses coupes faites das le foie, là rate, les reins, ni ‘dans le poumon.
Sur la fatétutéride du placénta on à pu remarquer des hémorrhagies!ipeir nombreuses ‘et peu ‘étendues. Les coupes* de cet organe-montraient tà-et.là des amas de hoyaux-gris et des grhaulations.arrondies, environ:du volume d'une tête d’épingle, tout à fait i iso! lées.. immédiatement au-dessous du revêtement chorial de la partie médiane du placenta. L
‘Les Vaisseaur du cordon ne présentaient rien d'anormal, ni dans le placenta, ni dans le cordon coupé et ligaturé. Un des nodules jäunâtres ‘est énucléé avec une aiguille flämbée, écrasé
‘entre-des' lamelles 'n’ayarnt jamais servi et: soigneusement nettoyées à l’alcool: On cherche le bacille dé,;:la tuberculose par la méthode.de Ziehl-Nulsen, et par celle -de Kogh-Eriich. Dans ‘les deux préparations. on ,a trouvé, des bacilles de la tuberculose en partie: réunis en petits las. L à | ;
Puis l'on fit‘d’autres préparations colorées avec : 1° le sang de là veiné ombilicale ; 2 avec le foie du fœtus ; ‘30 avec la rate du’ fœtus: à. pt eh duree
C'est seulement dans les premières (dans 1 sur 1ù préparations) qüe l'on trouva par la L RÉTRUUS, Ziehl- Nulsen de rares bacilles tuberculeux.
TT
La manière dont se comportèrent les animaux en inoculés avec lés. tissus du fœtus; prouvaïique, save les 3°cas hs" contiennent des. éléments miralentsssut 0 Ge
L’ un des cobayes inoculé le 25 mars mourut le.9, avril, da plaie : abdominale :s était ouverte et l'intestin grêle avait fait hernie... On trouva dans le grand épiploon quelques granulations grises transparentes, rares : de même dans le cœcum, l'examen microscopique monira qu el les contenaient des bacilles. On reconnaissait encore les frâägments inoculés fortement adhérents à la base du mésentère, dans leur voisinage d'abondants nodules: tubereuleux:
gris. |
Le deuxième cobaye, inoculé le 25 mars, semblait nettement : malade depuis le 8 mai; il restait triste, ne mangeait plus, était, remarquablement amaigri ; on tua l'animal le.13 mai par le chlo-, roforme. À l’autopsie on RUE 18; péritoine parsemé de tuber-, culose miliaire ; on ne pouvait plus retrouver les morceaux d'organes inoculés. On trouvait dans le mésentère un noyau caséeux du volume d’un pois, des tubercules innombrables dans é lé grand épiploon, dans la capsule de là rate augmentée de volume, dans la pulpe des noyaux caséeux plus grands et des nodules gris. plus petits, de nombreux tubercules dans le foie et le poumon, d’autres plus rares-dans les reins. Des bacilles nombreux dans, les foyers caséeux.
Le lapin inoculé le 25 mars mourut le 99 juillet, fé péritoine de l'animal était indemne de tubercule : par contre, on trouvait de nombreux tubercules dans le foie et dans le poumon.
‘Tout récemment M. Sabouraud (1), interne des hôpitaux, a eu l’occasion de faire l'examen histologique et bactériologique du foie et de la rate: d'ün énfant né d’une mère tuberculeuse el mort le onzième jour après sa: