‹ De la transmission intra-utérine de certaines maladies infectieusesChapitre 6 sur 54 · LIST EE · texte numérisé non relu

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moyen-âge, aujourd'hui incomparablement plus bénignes. On pourrait aisément multiplier ces exemples.

Ilest probable, comme le met surtout en lumière M. le professeur Bouchard dans un de ses livrés si suggesüifs (1), que cette décroissance dans la gravité de ces maladies résulte de l'accumulation d'une série successive d’immunités partielles, héréditairement transmises. Toutes les fois qu'un individu a été atteint d’une maladie virulente, il transmet à ses rejetons une faible partie de Pimmunité qu'il a acquise; ces transmissions répétées pendant un grand nombre de générations, par voie de croisement, finissent par se manifester sur l’ensemble d'une population et se traduisent en dernier ressort par l’atténuation de ces maladies. « L'homme, dit excellemment M. Bouchard, qui par une atteinte de la maladie, a acquis l’immunité presque absolue, ne confère sans doute à sa descendance qu’une immunité insignifiante, mais Capable d’aller en croissant proportionnellement au nombre des individus qui contractent à leur tour la maladie dans les générations successives. Songez que pour la coqueluche,dix-huit générations en ont souffert avant vous ; parmi ces 500.000 ancêtres qui, dans cet espace de temps, ont concouru à votre naissance, 400.000 au moins ont eu la coqueluche. Pour la syphilis quinze générations y ont été exposées avant vous ; parmi ces 60.000 ancêtres, il a bien pu se trouver 6.000 syphilitiques. Vous avez le bénéfice de cesimmunités accumulées à travers les siècles, celui de la

coopération de tant d’atténuations légères, celui de la

4. Bouchard. Sur la thérapeutique des maladies infectieuses, Paris, 1889, p. 104.

Lie sommation de toutes les immunités naturelles de plus en

plus accusées ».

Après avoir, dans cette introduction, fait l’esquisse rapide de la question, nous allons aborder succinctement l'anatomie, si difficile et encore si discutée du placenta, intermédiaire obligé dans la série des échanges bacillaires entre la mère et le fœtus, puis, après avoir tenté un essai de physiologie pathologique de cet organe, nous entrerons dans la question elle-même, « La transmission intra-utérine des germes infectieux de la mère au fœtus. » Et dans ce but, nous passerons en revue les principales maladies infectieuses étudiées à ce sujet jusqu'ici.

Est-il nécessaire, est-il même indiqué de suivre dans cette étude un ordre préélabli? Nous ne le pensons pas.

Nous avons cependant pris comme type: le charbon bactéridien (charbon vrai), le charbon symptomatique (bactérien), et le choléra des poules, maladies expérimentales par excellence. Pour les autres affections virulentes, nous avons suivi un ordre quelconque, et nous ne voyons à cela aucun inconvénient réel. Nous aurions pu traiter tout d’abord, soit des recherches purement expérimentales, soit, au contraire, placer celles-ci en seconde partie, etcommencer par les questions de pathologie humaine ; ais nous nous exposions par là à des redites. Enfin, l'ordre chronologique pouvait à lui seul nous servir de guide ; nous ne l'avons pas suivi et nous ne pouvions le suivro, étant donné la concomitance fréquente de bon nombre des ouvrages à analyser. Le point esseutiel était d’être, dans la mesure de nos forces, aussi complet qu'on peut

le souhaiter dans un travail aussi étendu et aussi important. Si nous avons pu réellement nous rapprocher de ce but, nous nous jugeons satisfaite.

Nous tenons, en commençant ce travail, à placer en tête les noms des maîtres qui nous ont guidée jusqu'ici.

Que M. le professeur Straus nôus permette de lui témoigner spécialement nos sentiments reconnaissants : il a mis à notre disposition les ressources précieuses de sa vaste érudition, et les richesses de sa bibliothèque. Ce savant maître, avec une bienveillance sans égale, nous a lui-même beaucoup aidé dans nos travaux; il nous fait encore l'extrême honneur de présider notre thèse, ce sont autant de titres à une reconnaissance que nous le prions de croire aussi durable que sincère. |

M. le D' Bar, professeur agrégé et accoucheur de l’hôpital Saint-Louis, nous à accueillie dans son beau service d'accouchements de l'hôpital Saint-Louis; nous avons pu, grâce à lui, recueillir de nombreuses et valables observations ; que ce maître accepte ici tous nos remerciements et l'expression de toute notre gratitude.

Nous remercions bien vivement tous nos maîtres dans les hôpitaux, et, plus particulièrement, notre excellent maître, M. le Dr Lancereaux, professeur agrégé, médecin des hôpitaux, qui nous a fait faire si sûrement les premiers pas dans la carrière médicale, en nous exposant les principes de la plus saine clinique.

Enfin, nous tenons à assurer de notre bon souvenir, les amis et les collègues qui ont mis leur travail et leurs conseils à notre disposition, et nous prions M. Aviragnet, interne des hôpitaux, d'agréer tout spécialement nos

meilleurs remerciements.

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