‹ De la Trépanation Préventive Systématique dans les Fractures de la Base du CrâneChapitre 9 sur 18 · MÉTHODE PROPOSÉE POUR LE TRAITEMENT DES FRACTURES DE LA BASE DU CRANE · texte numérisé non relu

MÉTHODE PROPOSÉE POUR LE TRAITEMENT DES FRACTURES DE LA BASE DU CRANE

CusnixG (de Baltimore), le premier, est intervenu préventivement dans les fractures de la base du crâne par la trépanation sous-temporale et, durant ces trois dernières années 1l est intervenu systématiquement dans toutes ces fractures. Il n'a eu que deux morts sur quinze opérés alors que la mortalité observée par lui auparavant était de 15 °/,. Et même il pense qu'il est possible que les deux morts soient dus à ce que là trépanation n'avait été faite dans ces cas que d’un seul côté, alors qu'un épanchement sanguin considérable extra-dural dans un cas. sous-dural dans l’autre, exislait du côté non trépané.

Les avantages de son procédé sont les suivants :

1° L'ouverture est faite dans une partie accessible et la plus mince du crâne:

2° La trépanation a lieu sous le muscle temporal dont les fibres sont écartées et non divisées, de sorte qu'en se rapprochant elles servent à empêcher la hernie du cerveau de même qu'elles préviennent une

dépression excessive de la cicatrice:

LT es

3° Dans le cas de rupture de la méningée ou d'une de ses branches, on tombe sur le caillot extra-dural el le vaisseau peut être lié facilement;

4° Dans les fractures par éclatement, c’est la pointe du lobe temporal et la base du frontal qui sont le plus souvent lésées; aussi lépanchement sous-dural qui en est la conséquence peut être facilement drainé:

5° Dans les cas si fréquents de fracture par éclatement dont les traits convergent vers la fosse movenne, le sang se collecte dans cette fosse d'où 1l peut être facilement évacué à travers l'ouverture temporale par les drains placés sous les Iobes temporaux:

6° L’œdème cérébral consécutif à la contusion du cerveau est efficacement combattu par la trépanation sous-temporale ;

7° Enfin, cette intervention diminue beaucoup la fréquence des séquelles, comme les névroses traumatiques, qui se rencontrent dans les cas de fractures guéries sans opération.

Cushing, par son intervention, vise surtout la décompression.

Après lui d’autres chirurgiens sont intervenus de la même facon; M. Maclaren et M. Morton, et tout récemment M. le docteur Luxembourg, de Cologne, citait cinq observations: mais sur ces cinq cas, une fois seulement on opéra le jour même de l'accident, lesautres fois au bout de plusieurs jours devant la persislance des accidents de compression et pour lutter contre celle-cr.

C'est contre l'infection, d'autre part, que la trépanation préventive a 66 pratiquée par M. MaAcLaREN el

par M. VixcexT, au moyen d'un drainage prolongé de l’espace sous dure-mérien. M. Maclaren fit dans un cas une trépanation ostéo-plastique du frontal et un drain fut laissé à ce niveau.

M. le professeur VINGENT à posé récemment les indications du drainage intra-dure-mérien, et cela dans toutes les fractures. Pour lui la trépanation a pour but principal de combattre Pinfection. « Ne semble-t-il pas logique, écritl, pour prévenir le développement des complications infectieuses, d'appliquer au eràne la règle qui s'impose contre l'infection de toutes les séreuses, c'est-à-dire leur drainage? » La trépanation, pour lui, doit être pratiquée dans un point de la voûte rapproché de la fracture de la base, et, s'il existe une irradiation, sur son trajet même. On fait suivre de l'ouverture de la dure-mère et on laisse un drain au contact de la substance cérébrale.

Enfin, dernièrement M. le docteur Lericue, chef de chnique de M. le professeur Poncet, est intervenu dans un cas de fracture de la base en s'inspirant des idées de Cushing et de Vincent, visant à la fois la compression et l'infection. Il a pratiqué dans ce but une double trépanation sous-temporale suivant le procédé de Cushing et Pa fait suivre d'uu drainage; 1l a obtenu un plein succès.

Telle est la méthode; nous avons vu que les différents chirurgiens qui en ont fait l'application n'avaient eu qu'à se louer de leur initiative. Elle à toujours, ou à peu près, rempli le but que l'on s'était proposé en l'utilisant. Lorsque lintervention n'a pas réussi, c’est qu'un défaut de soins a déterminé Papparition de com-

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