‹ De la trichine et de la trichinoseChapitre 5 sur 12 · TRICHINES MUSCULAIRES · texte numérisé non relu

TRICHINES MUSCULAIRES

Les embryons arrivent donc, par le système sanguin, de l'intestin dans les muscles à fibre striée et plus spécialement dans quelques-uns que dans d'autres, telles que : masséters, muscles du larynx, du diaphragme, etc. On sait qu'un muscle se compose d'une multitude de faisceaux appelés faisceaux primitifs, séparés les uus des autres par du tissu cellulaire.

Ces faisceaux ont de 0mm,05 à Omm,l de diamètre et sont entourés d'une enveloppe particulière appelée myolemme ou sarcolemme. Puisque chaque faisceau primitif se décompose lui-même eu un nombre assez considérables de fibres, dites fébrilles musculaires, et qui sont les éléments fondamentaux du muscle. Elles sont toutes striées dans les muscles de la vie de relation et sont au contraire lisses dans ceux de la vie végétative (hormis le cœur).

C'est sur le myolemme que les petites trichines sont déposées par le torrent circulatoire. Les unes restent là, au point où elles ont été apportées, les autres au contraire suivent les faisceaux primitifs et ne s'arrêtent dans leur marche que vers les insertions fibreuses du muscle où on les trouve toujours en plus grand nombre. Exécutent-elles celte course pour rechercher le lieu qui

conviendra le mieux à leur développement, ou bien, comme le pense M. Zundel (1), pour se mettre à l'abri des contractions fébrillaires ? Nous ne le savons. Toutefois est-il qu'une fois parvenues aux muscles, elles grossissent rapidement et ont atteint au bout de cinq ou six semaines tout le développement qu'elles doivent avoir dans ce tissu, Ellds ont alors de lmra à l,nm,20 environ de longueur et ont le corps en tout semblable à celui des trichines intestinales, seulement ici, les organes sexuels ne sont pas visibles et restent rudimeuiaires. Puis elles s'entourent d'un kyste au bout d'un mois à un mois et demi, et uous avons vu ce kyste apparaître même dès le vingt-deuxième jour.

Comment se forme le kyste? Le ver n'a grandi évidemment qu'aux dépens des fébrilles musculaires. Celles-ci attaquées par cet ennemi se sont enflammées, puis désorganisées au puiut de contact avec le ver ; de là, des granulations qui se forment. L'inflammation s'est propagée au myolemme qui s'est épaissi, delà lymphe plastique a été sécrétée et la trichine se trouve bieutût isolée. La lymphe se condense, les granulations qui proviennent de l'atrophie des fibres musculaires grossissent, puis le myolemme s'épaissit de plus en plus, le kyste se dessine et a son plus grand diamètre dans le sens de la fébrille musculaire avec de nombreuses cellules adipeuses à ses deux extrémités. Ces cellules sont dues à la dégénérescence graisseuse du muscle. Puis les parois du kyste prennent chaque jour plus de consistance, tandis que le ver qui est à son centre s'enroule déplus en plus sur lui-même et semble comme plongé au milieu d'un liquide granuleux.

Jusqu'ici cependant le kyste a gardé assez de transparence pour laisser voir au travers le petit ver qu'il contient; mais plus tard les parois vont subir une modification importante. Çà et là de petits noyaux calcaires se montrent, se multiplient et finissent par

(I) Zundel, Journal de mèd, rit. de Lyon, uos de juillet et août 1861.

cacher le ver île plus en plus; si bien que lorsque la Crélification sera complète, l'œil ne pourra plus apercevoir le contenu du kyste. Peut-être serait-il possible alors de voir à l'œil nu ces kystes ciétiliés sous forme de points blanchâtres dans les différents muscles qui les coulieiidraieut.

Celte crélification est toujours lente à se faire. Virchow (1) dit n'avoir rencoulré aucun dépôt calcaire chez un lapin infecté depuis sept mois, et le Dr Keslner (2) dit aussi avoir eu l'occasion d'examiner des kystes pris sur une jeune fille infectée depuis vingt et un mois, lesquels kystes ne contenaient que quelques rares traces de crélification.

Quant à la durée de la vie des trichines dans leur kyste, il est difficile de la préciser. Dans le cas que nous venons de rapporter de M. Kestner et qui datait de vingt et un mois, les trichines furent trouvées bien vivantes et servirent à infecter plusieurs lapins.

Dernièrement le DrGroth (3) rapportait le cas d'un individu chez lequel les trichines vivaient eucore au bout de huit ans d'infection.

Cependant la vitalité finit par s'éteindre chez elles lorsqu'elles demeurent trop longtemps dans les muscles, et déjà Bristow et Rainey (4) les avaient trouvées non-seulement mortes dans leur kyste, mais encore envahies elles-mêmes par les sels calcaires. Elles étaient divisées en fragments sur plusieurs points, réduites en poussière sur d'autres. Mais disons que ce n'est probablement que fort tard qu'arrive ce dernier degré de destruction, témoin le fait suivant de Laugenbeck de Berlin (5). Il s'agit d'un homme qui s'était infecté dix-huit ans auparavant, et chez lequel les trichines furent bieu trouvées mories, mais nullement altérées dans leur structure.

(1) Loco citato. En note, page 20.

(2) Étude sur le trichina spiralis., p. 1C.

(3) Gazette hebdom., n° do décembre 1864.

(4) Loco citato.

,:>, Deutsche klinik, 1863, n» 24.

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