OISEAUX
1° Chouette, chat-huanl.
2° Corneille.
3° Corbeau.
4° Épervier.
etc.
2° Animaux qui ne se irichinisent que par les mains de
l'homme.
|o Cochon d'Inde.
2" Lapin, etc.
\o Pigeon.
2° Poule, etc.
Tableau des animaux qui ne se irichinisent pas.
lo Bœuf.
2<> "Veau.
3° Cheval.
4" Ane.
5o Mouton etc.
1° Oie.
2° Canard.
3° Dinde, etc.
Dans nos deux tableaux, nous n'avons pas mentionné les poissons. C'est que les expériences manquent encore pour avoir le droit de se prononcer. Nous avons essayé cependant de trichiniser deux poissons appartenant au genre cyprinus, mais sans y parvenir.
Ils avaient mangé plusieurs grammes de chair de rat trichinisée, lorsque nous les avons tués une vingtaine de jours après : leurs muscles n'ont contenu aucune trichine. Faudrait-il inférer delà que toutes les autres espèces sont impropres à l'infection ? Nous n'oserions le faire et nous ne pouvons qu'attendre les expériences qui serout faites plus tard sur eux.
Dans tous les cas, s'il était démontré que les poissons ne se trichinisent pas, nous ne serions pas trop surpris du résultat, et nous serions tenté de le mettre sur le compte, de leur température qui est toujours très-basse. Un interne des hôpitaux de Paris, M. Legros, nous a raconté qu'il était bien parvenu à infecter des sala-
maudres (triions), mais que les trichines finissaient toujours par mourir lorsque la température des salamandres devenait trop basse.
DU MODE PROBABLE SUIVANT LEQUEL LES TRICHINES ARRIVENT CHEZ. LES ANIMAUX QUI s'iNFECTENT A NOTRE INSU.
Nous savons bien parfaitement aujourd'hui que c'est dans le porc que l'homme trouve le germe de sa maladie. Mais nos connaissances sont moins précises lorsqu'il s'agit de dire de quelle manière les trichines pénètrent dans le porc et les autres animaux qui s'infectent naturellement.
1° Porc. — C'est le Dr Leidy qui, eu 1847, a observé le premier la trichine sur le porc dans l'Amérique du Nord. On n'a pas encore pu saisir chez lui le moment où celte infection se fait. M. Zundel (i) serait porté à croire cependant que bon nombre, de ces affections auxquelles les vétérinaires donnent le nom affection typhoïde, de fièvre érysipêlaleuse du porc, ne sont que des états morbides déterminés par les trichines. Cette opinion peut bien être fondée, car en trichinisanl les porcs, on produit chez eux des accidents analogues à ceux qui caractérisent ces deux maladies.
In naturaliste allemand, Schaackt, avait avancé que les porcs s'infectaient en mangeant des betteraves dans lesquelles, disait -il, se rencontraient fréquemment des trichines; mais il a été démontré depuis que les petits vers des betteraves ne sont pas de véritables trichines.
D'après nos connaissances actuelles, nous croirions plutôt que celle infection se fait suivant l'une des trois manières suivantes :
1° Par l'usage des viandes avec lesquelles on les élève dans quelques pays (en Allemagne, par exemple);
gr Kl) Zundel. loco oitato.
2" Par les petits animaux auxquels ils font la chasse et qu'ils mangent volontiers, tels que rats, taupes, etc. ;
3° Par les excréments dans lesquels ils ont l'habitude d'aller fouiller.
Cette viande qui sert à leur nourriture, ces rats, ces taupes qu'ils mangent quelquefois, peuvent renfermer des. trichines et les transmettre aux porcs. Mais nous sommes certainement plus près de la vérité en disant que c'est surtout dans les excréments, dans les fumiers, dans l'eau croupissante des basses-cours qu'ils trouvent les germes de leur maladie. Le Dr Leuckart. s'est, assuré, en effet, que les matières fécales des porcs qui venaient de manger de la chair îrichinisée renfermaient presque toujours, pendant quelque temps, des trichines vivantes et pleines d'embryons qui s'étaient spontanément détachés des parois intestinales. Ce fait ne doit certainement pas être exclusif aux porcs et doit se rencontrer sur beaucoup d'autres animaux qui s'infectent, et l'on peut alors pressentir tout le dangers qu'ils courent en venant fouiller dans les matières fécales, d'autant plus que les trichines vivent encore très- longtemps même hors de l'organisme.
2° Taupe. - Nous avons classé la taup.e parmi les animaux qui s'infectent naturellement. Cependant il n'est pas bien démontré que le ver qu'elle renferme soit bien réellement une trichine, car on le trouve non-seulement dans les muscles, mais dans le système nerveux, le système cellulaire, dans quelques organes, comme le foie, la rate, etc.
(1 serait peut-être plus raisonnable de penser que cet helminthe est le même que celui qui se trouve (et qui d'après Virchow et Gerlâeker n'est pas une trichine) dans le ver de terre, l'escargot, la limace, les chenilles, les larves de hanneton, etc., dont la taupe se nourrit exclusivement. La taupe, disons-le en passant, ne se nourrit pas de végétaux, comme le croient encore presque tous les agriculteurs, mais c'est au contraire un petit animal qui fait une
chasse active, à tous les destructeurs de la jeune plante. Elle peut bien quelquefois renverser, déraciner cette petite plante daus les longues galeries qu'elle se creuse pour atteindre sa proie. Mais n'est-ce pas là un bien petit dommage à côté des grands services qu'elle rend à l'agriculture ?
3° Rats, souris. — Ces petits animaux ont été trouvés souvent porteurs de trichines. IL est probable qu'ils gagnent leur infection en fréquentant les écuries, les basses- cours des habitations autour desquelles ils vivent, soit eu cherchant leur nourriture dans le fumier, ou bien même en mangeant de la chair de porc malade.
4° Chat . — L'infection du chat s'explique par celle des rais dont il se nourrit surtout. Et puis n'a-t-il pas plus que tout autre la facilité de se trichiniser en mangeant de la viande de porc ?
5° Chien. — Les expériences de Virchow et celles que nous avons faites nous-même, prouvent que les embryons ne pénètrent pas dans les muscles du chien. Les trichines qui ont été ingérées se développera parfaitement bien daus l'intestin, elles produisent même de petites trichines; mais les trichines mères, comme celles qui viennent de naître, sont expulsées de l'intestin.
Cependant Herbst, Leuckart, etc., ont pu retrouver des embryons dans le tissu musculaire des chiens qui avaient servi à leurs expériences, mais ils ont toujours été en très-petit nombre.
Oiseaux.
Tous les oiseaux dont nous avons parlé, ehat-huant, corneilles, chouettes, etc., s'infectent de la même manière en mangeant soit les petits animaux qu'ils chassent, tels que rats, mulots, campagnols, etc., ou bien même la chair des grands animaux qu'ils trouvent dans les charniers et qui peut renfermer des trichines.
Animaux qui se trichinisent artificiellement. Nous avons cité le lapin, le cochon d'Inde, les poules, les pi-
geons, etc. Bien que la maladie n'ait pas encore été observée chez eux en dehors des cas où elle a été produite par l'homme, il ne serait pas impossible cependant que, dans une épidémie de trichinose, ils devinssent à leur tour autant de foyers de l'infection. Nous savons eu effet que le lapin peut facilement contracter des cyslicerques en mangeant des plantes sur lesquelles des œufs de taenia auraient été déposés avec les matières fécales, et nous nous rappelons en avoir observé une quantité incroyable dan s une autopsie de ces animaux, dans le foie, les poumons, le péritoine et surtout sur le mésentère. Il n'y aurait donc rien d'impossible à ce que le lapin et le cochon d'Inde vinssent un jour à gagner la trichinose par une façon semblable.
Et puis les poules, les pigeons qui vivent constamment clans notre contact, ne pourraient-ils pas, eux aussi, la contracter pareillement?
Animaux rêfractaires à la maladie.
Virchow, Leuckart, Mosler, etc., n'ont jamais pu transmettre des trichines aux bœufs, moutous, veaux, etc., sur lesquels ils ont expérimenté. D'un autre côté, à l'école vétérinaire de Dresde, on n'est jamais parvenu non plus à. infecter le cheval et l'àne.
Cependant dans une épidémie qui éclata en 1862 à Galbe, plusieurs personnes qui furent malades assurèreut n'avoir jamais mangé que de la viande de bœuf. Mais Virchow fait remarquer avec beaucoup de justesse que rien ne prouve que ces personnes ont eu réellement la trichinose, puisque l'examen microscopique de leurs muscles, qui est le seul valable pour lever les doutes, ne fut pas fait par les médecins. Dans le cas même où l'infection aurait été réelle, il aurait fallu savoir, avant de mettre la maladie sur le compte du bœuf, si la chair de cet animal n'avait pas été, chez le boucher, en contact avec celle du porc.
M. Kestner (1) rapporte en effet qu'à Leipzig six ouvriers furent atteints de trichinose pour avoir mangé de la viande de bœuf crue qui s'était trichinisée par son contact avec de la viande de porc farcie de ces petits vers, soit par l'intermédiaire du tranchet, soit sur l'étalage du boucher.
Bien plus, d'après le professeur Haubner, on aurait vu, aux écoles vétérinaires de Dresde et de Munich, les liichines de chairs infeclées se communiquer à des larves de mouches qui avaient été déposées sur elles.
Quant aux oiseaux, les expériences, d'après M. Zundel (2), auraient démontré que ce sont les palmipèdes qui sont impropres à se trichiniser.