PRONOSTIC
On peui déjà a priori penser que le danger est en raison directe du nombre des trichines qui ont été ingérées et de la quantité d'embryons qui auront pénétré dans l'organisme. C'est en effet ce que démontrent les expériences faites sur les animaux et les faits observés sur les malades.
Chez tous les lapins auxquels nous avons donné une petite quantité de viande, nous n'avons vu survenir que peu de changement dans leur état, tandis que ceux qui, au contraire, en avaient pris des doses plus considérables maigrissaient considérablement, et quelques-uns même finissaient par succomber.
Virchow d'ailleurs cite le fait suivant arrivé pendant l'épidémie de trichinose à Burgk (près de Magdebourg) : « Une femme qui avait mangé de la viande de porc étendue sur un morceau de pain, mourut de l'infection, tandis que sou petit enfant qui n'avait fait que lécher la cuiller dont elle s'était servie, ne fut que légèrement malade » (2).
De plus il faut tenir compte du sexe et de la constitution des
(1) Deutsche klinique, n°2l, 1863, par Langenbek de Berlin. Kestner, p. 71.
(-2) Virchow, loc. cit., p. 32.
sujets, car on a presque toujours remarqué qu eies femmes étaient plus gravement atieiutes que les hommes, et que la maladie était surtout grave chez les personnes débilitées.
Voici les chiffres de mortalité de quelques épidémies :
A Plauen,
morts
sur
A Calbe,
A Hettstœdt,
A Bourg,
etc..
etc.
etc.
D'après ce que nous avons vu, la trichinose revêt donc deux formes :
1° Une forme bénigne.
2° » maligne.
1° Trichinose bénigne.
Dan.-, ces cas, les symptômes sont assez modérés ou du moins ne fout craindre aucun danger immédiat pour la vie du malade. La guérison arrive presque toujours, mais la convalescence, même clans les cas les plus légers, est longue et ce n'est quelquefois qu'au bout de 4 ou 5 mois que les sujets sont complètement remis.
2" Trichinose maligne.
Dans cette forme, les malades succombent assez souvent soit aux accidents lyphiques ou rhumatismaux, peut-être plus souvent à une pneumonie qui éclate ordinairement dès le début de la seconde période. Celte phlegmasie pulmonaire siège plus souvent à gauche qu'à droile, et à l'autopsie on constate souvent des infarclus au milieu du parenchyme des poumons.
M. Résiner pense que ces infarctus sont dus à des délrilus de
fibres musculaires qui se seraient engagés dans les capillaires veineux ei auraient été entraînés aux poumons. Mais ne pourrait-on pas penser au contraire qu'ils sont constitués par des amas d'embryons qui se seraient accidentellement logés dans le parenchyme pendant leur course dans le, système circulatoire?
Dans les cas où la guérison survient, la convalescence sera toujours très-pénible. L'anasarque qui se montre à ce moment aura de la tendeuce à se généraliser. Elle gagnera les membres abdominaux, la cavité péritonéale, quelquefois même la plèvre et le péricarde. Mais au bout d'un temps plus ou moins long, ces différents épanchements finiront par se résorber, les forces reviendront peu à peu et la guérison ne sera définitive que longtemps après le début de la maladie; quelquefois même les sujets finissent par succomber dans le marasme plusieurs années après.