‹ De La Trichophytie Interdigitale Des PiedsChapitre 21 sur 26 · SENS NES · texte numérisé non relu

SENS NES

présence d’un trichophyton différent? 1l est permis de le croire, mais on ne peut rien affirmer. Les cultures pratiquées restèrent

. négatives.

On sait que les ensemencements effectués avec des parcelles de squames provenant de lésions interdigitales sont très difficiles à réussir. Les tubes sont rapidement envahis par un déve-

Jloppement abondant de bactéries qui gènent l'évolution du

trichophyton (Obs. XP). Nous avons essayé, mais en vain, de faire séjourner les squames dissociées dans de l'alcool absolu. Dernièrement nous avons fait de nouveaux ensemencements. Il y a quelques points d’infectés. 11 faudrait encore plusieurs jours pour connaître les résultats.

En résumé, la trichophytie interdigitale des pieds, suivant les travaux de Sabouraud, serait le plus souvent due à l’épidermophyton inguinale. Cependant les faits signalés par Bang et Whitlield nous permettent de croire à la pluralité des agents trichophytiques, capables de produire des lésions interdigitales des orteils.

Aperçu étiologique. — Connaissant la nature parasitaire du soi-disant eczéma des espaces interdigitaux, il serait intéressant d'être renseigné sur l’origine du parasite et son mode de transmission. Cette notion aurait une grande importance au point de vue prophylactique.

. Pour ce qui est de l'épidermophylie inguinale, on a observé de véritables cas de contagion : contagion familiale, contagion sexuelle, et même des épidémies. |

Fox, en 1878, observa la première épidémie inguinale, épidémie de sept cas, comprenant le père, trois fils, une fille, un ami et un serviteur. La contagion sexuelle est logique et semble démontrée par les observations de Perrin, rapportées au IIIe congrès international de dermatologie. De véritables épidémies ont été observées dans de grandes écoles, à Bordeaux par M. le professeur Dubreuilh et Foutrein; à Paris, par Sabouraud et Renon. Dernièrement, dans le Procedings of the royal society of medicine London, 1911, le D' J.-J. Prangel cite plusieurs épidémies

survenues dans les sanatorium de tuberculeux,

ne —

Malgré tout on ignore totalement le mode de transmission de cette affection. Certains auteurs pensent que les spores mycéliennes, capables de résister aux influences de l'air pendant quelques jours ou semaines, sont transportées par les linges ou objets de toilette. On a voulu expliquer les épidémies se montrant dans les collèges ou les sanatorium par une contamination s’effectuant dans les cabinets d'aisances dits « anglaises »,

Ce sont des hypothèses, vraisemblables sans doute, mais on ne peut rien affirmer. Lorsqu'il s’agit de trichophytie interdigitale des pieds, on ne saurait employer le même raisonnement et, à plus forle raison, quand l'affection débute entre les orteils sans avoir été précédée d'aucune autre manifestation parasitaire antérieure. Le cas, signalé par Sabouraud, de contagion familiale que nous avons cité dans ce chapitre, pourrait s'expliquer par une inoculation survenue à la suite du grattage de l'affection de laine. Quant à la petite épidémie familiale décrite par Whitfield, portant sur quatre personnes, il est difficile d'établir le mode de contamination.

Dans l’état actuel de nos connaissances sur les trichophytons, on ne saurait parler de contagion. Les trichophytons sont probablement « des champignons du monde extérieur, des saprophytes qui s'implantent sur l’homme, s'y adaptent à la vie parasitaire et y prennent une forme végétative spéciale et inférieure qui persiste dans les cultures artificielles ». Certaines causes physiologiques comme le milieu alcalin, la sueur, la macération et la chaleur de l’épiderme favoriseraient le développement du parasite. Peut-être ces raisons suffiraient-elles pour expliquer la fréquence de la trichophytie en Chine et aux Indes. À ce point de vue là, les espaces interdigitaux des pieds réaliseraient le milieu le plus propice pour l'apparition et le développement du parasite.

En nn.

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