INTRODUCTION
Le titre même de notre thèse peut au premier abord paraïitre vraiment bien prétentieux, et il importe au début de ce travail d'expliquer le choix du sujet.
Au cours de nos études médicales, nous avons, après tant. d’autres, observé la désolante fréquence des manifestations tuberculeuses. L'histoire de plusieurs familles entièrement décimées par le fléau, nous a tellement frappé que, dès longtemps, nous avons cherché à savoir quelle était dans la tuberculose la part de l’hérédité et celle de la contagion. L'enfant de parents tuberculeux apporte-t-1l en naissant une simple prédisposition à l'infection tuberculeuse et le bacille de Koch ne pénètre-t-il jamais dans un organisme fœtal ? S'agit-il en pratique, dans la tuberculose, d’une hérédité de terrain ou d’une hérédité de bacille ? C’est dans la médecine infantile que ces divers problèmes se posent avec quelques chances d’être résolus.
Notre maître, M. le professeur Baumel, dans une série de travaux auxquels nous ferons à plusieurs reprises, dans cette
étude, des emprunts importants, a parfaitement présenté la question, et dans son enseignement quotidien de clinique pédiatrique à l'hôpital, il insiste sur le rôle prépondérant de la contagion en matière de bacillose. Nous avons pourtant, sur son conseil, tenu à serrer de plus près la question, et c'est pourquoi nous faisons de la tuberculose congénitale le sujet même de notre thèse inaugurale.
Cette question de la tuberculose congénitale comporte, a priori plusieurs solutions. Aussi, après avoir présenté dans uñe vue d'ensemble tous les documents sérieux relatifs à la question, nous nous efforcerons de dégager l'existence, puis la fréquence, enfin le mécanisme de la tuberculose congénitale et ses divers modes,
Le plan que nous avons suivi dans notre étude est à peu près celui-ci : S
Dans le premier chapitre, nous rappelons les quelques faits importants de l'historique du sujet.
Comme toute enquête sérieuse sur une question aussi: contestée que la nôtre, ne saurait être basée que sur l'observation clinique, nous nous sommes efforcé de rassembler en un second chapitre toutes les observations classiques de tuberculose congénitale ; nous les avons groupées sous deux chapitres : 1° observations négatives ou douteuses d'une part ; 2° observations positives de l’autre. Au cours de ces observations nous en faisons la critique, une conclusion s'impose alors. La preuve de la tuberculose congénitale humaine est faite, mais les observations qui la démontrent sont d'une rareté si grande que l’hérédo-prédisposition simple et la contagion tuberculeuse après la naissance restent en fait les gros facteurs étiologiques de cette affection.
Dans un dernier paragraphe, nous montrons quelles sont à l'heure actuelle les théories pathogéniques possibles pour
LAN TS Se expliquer les quelques faits rapportés et réels de tuberculose congénitale. \
Mais avant tout, définissons bien ce que nous entendons par tuberculose congénitale.
Certains auteurs, et non des moindres, déclarent congénitale toute maladie constatée à la naissance et, par exemple, déclareront volontiers congénitale une ophtalmie purulente gonococcique du nouveau-né.
Il nous semble que cette définition appliquée à la tuberculose congénitale en généralise trop la portée et c'est pourquoi nous limiterons la tuberculose congénitale aux faits d'infection tuberculeuse apportée en naissant par le fœtus indépendamment de tout facteur contagieux consécutif.
Mais, ce n’est pas tout. Dans le cadre de la tuberculose congénitale ainsi définie se mêlent encore deux questions qu'ilest pourtant aujourd’hui difficile de dissocier d'une façon complète. Un nouveau-né porteur de manifestations tuberculeuses doit-il l'infection primitive au spermatozoïde ou à l’ovule des ascendants ou bien au contraire, l'apport du germe infectieux à l'organisme fœtal s’est:il fait {x ulero c'est-à-dire par voie placentaire ?
Nous reconnaissons que cette distinction est théorique. Qu'en fait, la séparation des deux problèmes est impossible à réaliser. On ne saurait nier que pratiquement le seul point important est de savoir si l’enfant à sa naissance est ou n’est pas porteur du bacille pathogène.
Nous nous contentons donc d’avoir signalé la difficulté et d’avoir bien précisé l'objet de notre étude.
RE LR