V. DIAGNOSTIC OPÉRATOIRE
A l’ouverture du péritoine, bien souvent la lésion utérine ayant déjà subi une période d'évolution assez longue, le chirurgien peut rencontrer un semis de granulations péritonéales plus ou moins abondant, mais si cette reconnaissance de la tuberculose est évidente dans certains cas, dans beaucoup d’autres, rien ne révèle au chirurgien la nature tuberculeuse de la lésion utérine, l'utérus est bien un peu gros, un peu mou, quelquefois une bosselure même apparente fait confirmer un diagnostic de fibrome déjà porté à l'examen clinique. Moulonguet insiste sur cette absence possible de tout phénomène tuberculeux ou même sur la présence, dans de rares cas il est vrai, de vésicules de péritonite réactionnelle pouvant créer une erreur, grave en conséquence au point de vue ligne de conduite de l’opération. L'observation de Salomons et Pollock, celle du P' Bégouin, d’Alessandri, de Nemrow nous montrent la confusion possible avec le fibrome, celle de Polosson avec Îe cancer, et ce n’est que la pièce enlevée et étudiée que Ja rectification du diagnostic a pu se faire. En effet, la section de la pièce montre alors bien souvent dans l’utérus les masses caséeuses qui avaient pris extéricurement l’aspeet de fibromes, l’enduit endométrial est également le plus souvent typique ; cependant, dans quelques cas, l'aspect à l’œil nu ne suffit pas et une recherche histologique doit être faite par exemple dans le cas où les lésions de l’endomètre sont très peu accentuées, où quand les lésions tuberculeuses sont bien disséminées dans le myomètre. Dans ces cas, l'examen histologique est le plus souvent positif, l'aspect microscopique de la tuberculose étant net dans la plupart des cas. Comme nous l’avons vu au chapitre d'anatomie pathologique, le doute a pu quelquefois subsister entre la syphilis et la tuberculose.