CHAPITRE II
DEFINITION. FREQUENCE
1° Définition.
Si l’atteinte tuberculeuse du corps de l'utérus est fréquente, nous la voyons le plus souvent coexister avec d’autres lésions génitales dont elle n’est, bien souvent, qu'une lésion d'extension résultant de l’évolution du processus tuberculeux gagnant peu à peu le tractus génital entier. Le point de départ de l'infection première est habituellement dans ces cas le système annexiel où l’ulcération cervicale.
Tous ces cas de tuberculose nettement secondaire sont remarquablement étudiés depuis l'avènement de la chirurgie gynécologique, et nous ne saurions en reprendre l’étude.
Mais nous allons essayer d'étudier une lésion spéciale au segment corporéal de l'utérus qui, ici, est le premier atteint et le point de départ possible d’une extension tubaire ou cervicale.
Aussi devons-nous, dès maintenant, distinguer avec Moulonguet, qui propose cette classification, nous paraissant actuellement devoir être adoptée.
a) À d’autres lésions tuberculeuses génitales constituant la tuberculose utéro-annexielle dont la localisation utérine ne présente, cliniquement, aucune importance spéciale. Nous ne retiendrons de ce chapitre que la possibilité
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d'atteinte génitale consécutive à l’atteinte corporéale.
b) La tuberculose corporéale associée à d’autres manifestations tuberculeuses évolutives de l’organisme, tant médicales que chirurgicales.
c) Enfin, la tuberculose du corps utérin associée à d’autres lésions non bacillaires de l’organe, cancer, adénomyome, fibrome.. Cette question intéressante nous permettra de voir l’action réciproque des deux affections.
Chapitre appelé jusqu'alors tuberculose utérine primitive par les différents auteurs, et que Daniel définissait : « Cas où à l’autopsie les autres organes sont indemnes de tuberculose ou présentent des traces de tuberculose plus récente que sur l’utérus ». Cette proposition de Daniel, comme nous le verrons plus loin, nous paraît mériter la critique suivante : le terme primitif est inexact et, s’il est employé souvent, « c’est dans un sens relâché et purement clinique pour donner à entendre qu’elle est la première et la seule manifestation clinique de tuberculose évolutive ». (Moulonguet.)
Cependant, de prime abord, nous devons différencier dans ce chapitre :
La tuberculose du corps utérin isolée secondaire, cas le plus admis, le plus fréquent, où la lésion utérine se développe sur un sujet non tubereuleux évolutif dans un autre organe, mais tuberculisé.
Et la tuberculose isolée primitive dont nous verrons ce qu'il faut en penser et où la porte d’entrée, l'atteinte première de la tuberculose ont été les voies génitales.
C’est ce deuxième chapitre que nous aurons particulièrement en vue, reportant, en ce qui concerne la tuberculose utérine consécutive à l'infection tubaire et cervicale, aux nombreux travaux parus à ce sujet et parmi les plus récents, ceux de Lenormant, Ricard et Comte (Gy., obst. 1925). Delore et Chalier. Daniel (Tuberculose génitale, 1932).