STADE D'ULCÉRATION
gienne (Rachentonsille) ; elle y produit à peu près les mêmes ^ lésions, que sur les amygdales proprement dites.
Mais c'est surtout à l'étage inférieur du pharynx, dans les parties qui confinent à l'orifice laryngé, que les ulcérations se montrent de préférence. — Dans les cas très fréquents où l'angine tuberculeuse chronique succède à la phthisie laryngée, on trouve l'épiglotte déformée et tuméfiée, parfois transformée en un gros bourrelet arrondi ; sa portion hbre est occupée par une ou plusieurs ulcérations qui ont creusé son tissu et profondément érodé son cartilage; quelquefois même elle est complètement détruite, et n'est plus représentée que par un tronçon informe et ratatiné. De l'épiglotte partent des ulcérations serpigineuses, ordinairement peu profondes, mais trèséteudues en surface, qui sillonnent la base de la langue et la portion adjacente des piliers; plus loin, sur les parois latérales et postérieures du pharynx, l'altération est moins avancée : la muqueuse, épaisse et rugueuse, offre seulement quelques petites pertes de substance qui semblent faites à l'emporte- pièce, et dont les bords plats ne présentent ni tuméfaction ni bourgeonnement (voy. Pl. I).
Il est à observer que l'aspect général des ulcérations varie beaucoup selon que la tubercuhsation pharyngée chronique est primitive ou consécutive à celle du larynx. — Lorsqu'elle est primitive, les ulcérations sont peu nombreuses,, deux ou trois au plus, très locahsées, et rappellent par leur aspect les ulcérations tuberculeuses de la langue et des gencives : leur surface est inégale, anfractueuse, profondément sillonnée, ou végétante, leur coloration est rouge terne ; leurs bords sont saillants, irréguliers, quelquefois renversés et bourgeonneants ; enfin leur base est entourée d'une zone d'induration, ou plutôt d'infiltration très prononcée des tissus profonds. Au contraire, quand la lésion est consécutive, et qu'elle est survenue par propagation de la phthisie laryngée, les ulcérations sont multiples, assez étendues, mais peu profondes;
elles intéressent exclusivement la muqueuse au-dessous de laquelle on trouve les tissus à peu près sains : elles sont en un mot plutôt extensives qu'intensives. Leur surface est en général uniforme, grisâtre, et n'offre aucune trace d'hyperémie ; leur fond est plat, nullement végétant; leurs bords sont également plats, taillés à pic, et ne présentent aucune tendance au bourgeonnement. — Pour donner au lecteur une idée nette de ce contraste entre les deux formes, nous ne pouvons mieux faire que de le renvoyer à nos observations V et VI qui sont des types très évidents de l'une et de l'autre.
La marche des lésions, dans la forme primitive comme dans la forme consécutive, est ordinairement arrêtée parla mort du malade, qui succombe à la phthisie pulmonaire, ou à des accidents d'œdème glottique. Disons toutefois qu'on peut voir exceptionnellement une poussée d'angine tuberculeuse aiguë venir se faire autour des ulcérations de l'angine chronique : on Yoit alors, sur les parties de la muqueuse restées saines, et de préférence surle voile du palais, se développer de petils points blancs acuminés, offrant tous les caractères des granulations décrites plus haut et qui bientôt se détruisent pour donner naissance à des ulcérations lenticulaires. — En même temps la marche des premières ulcérations prend une allure plus rapide, elles se creusent et s'étendent davantage, leurs bords présentent une inflammation plus ou moins vive et se recouvrent d'une exsudation plus abondante. — L'état du pharynx se rapproche alors beaucoup de ce qu'il est dans les phases avancées delà tubercuhsation aiguë.
C. Lésions concomitantes, — La tuberculose gutturale n'est pour ainsi dire jamais isolée : — d'abord elle donne lieu presque constamment à des altérations ganglionnaires qui en sont la conséquence directe; de plus elle est souvent accompagnée d'autres manifestations tuberculeuses dans le tube digestif, enfin elle est dominée par la tuberculose pulmonaire qui la précède la plupart du temps, l'accompagne toujours, et dont