LÉSIONS CONCOMITANTES
Tallure aiguë ou chronique paraît déterminer une forme correspondante des lésions pharyngées.
Les ganglions lymphatiques rétro-pharyngiens, et surtout les ganglions sous-maxillaires, aboutissants de la circulation lymphatique des amygdales et des parties voisines, sont presque toujours atteints à un degré variable. Cependant, lorsque l'angine tuberculeuse, affectant une mârche chronique, n'a pas dépassé le stade d'infiltration, ou lorsque l'ulcération est très localisée et se développe avec lenteur, on peut voir manquer l'engorgement ganghonnaire. Il n'en existait aucune trace chez la malade qui fait le sujet de notre observation IV, et dans l'observation VI, avec des ulcérations chroniques sur les deux amygdales, nous n'avons pu découvrir aucune tuméfaction ganglionnaire. Il est vrai que ce dernier fait n'a pas subi le contrôle de l'autopsie.
Dans les cas ordinaires, les ganglions sous-maxillaires sont engorgés, volumineux; leurs dimensions très variables peuvent atteindre celles d'une noix ; ils sont blanchâtres, très fermes, se laissent facilement énucléer. A la coupe leur tissu paraît lardacé; il est comme infiltré de petits nodules grisâtres^ demitransparents, enchâssés dans son épaisseur; on y trouve parfois des points caséeux, mais il est très rare d'observer la caséifîcation en masse : lorsque celle-ci existe, elle est en général étendue à une grande partie du système ganglionnaire, et n'est pas sous la dépendance de la tubercuhsation locale.
Lorsque l'angine tuberculeuse est aiguë, intense, et accompagnée d'ulcérations à marche rapide, l'engorgement ganghonnaire envahit non seulement les glandes rétro-pharyngiennes et sous-maxillaires, mais encore toute la chaîne sterno-mastoidienne. Des phénomènes inflammatoires peuvent alors se développer, et une véritable adénite, à marche subaiguë, amener la fonte purulente des ganglions. C'est ainsi que les choses se passèrent chez un de nos malades (Obs. T") : — un énorme abcès ganglionn^iire se forma sur un côté du cou et
DE LA TUBERCULOSE DU PIfÂRYNX.
dut être ouvert par le bistouri. — A l'autopsie, on trouva tous les ganglions cervicaux, sans exception, transformés en une coque pleine de pus.
Nous avons déjà dit que des manifestations tuberculeuses sur le tube digestif accompagnaient fréquemment la phthisie gutturale. Ici il faut faire une remarque : contrairement à ce qu'on pourrait supposer, les ulcérations tuberculeuses de la bouche et de la langue accompagnent rarement celles du pharynx ; sur un total de 46 observations que nous avons pu rassembler, nous n'avons trouvé que 7 fois des ulcérations buccales mentionnées : ces ulcérations, qui se sont montrées d'une manière accessoire, avaient leur siège dans 4 cas aux gencives, dans 1 cas aux gencives et aux lèvres, dans 1 cas à la voûte palatine, dans 1 cas enfin sur les parties latérales de la langue.
En revanche, rien n'est plus fréquent dans la tuberculose pharyngée que la coïncidence des ulcérations intestinales : sur 19 autopsies, dans lesquelles le tube intestinal a été examiné, les ulcérations tuberculeuses n'ont manqué que 4 fois. — Chez un de nos malades (Obs. III) nous avons trouvé, avec des ulcérations intestinales nombreuses, des granulations tuberculeuses dans l'estomac. — Enfin M. Martineau a rapporté (1) un cas de tubercuhsation pharyngée dans lequel il existait en même temps une ulcération de même nature au niveau de l'anus. .
Les organes respiratoires sont constamment atteints parla tuberculose en même temps que le pharynx, et si quelquefois les manifestations gutturales ont pu paraître isolées à leur début, du moins toutes les autopsies ont justifié la célèbre loi pathologique de Louis, et montré en même temps des tubercules dans les poumons.
La forme des lésions pulmonaires est variable, et paraît être en corrélation avec celle des lésions pharyngées ; dans les cas
(1) Martineau, Soc. méd^ des hôpitaux, 1874.