LÉSIONS CONCOMITANTES
de phthisie gutturale chronique, on trouve d'ordinaire les poumons farcis de noyaux caséeux et les lobes supérieurs creusés d'excavations parfois très étendues ; dans la forme miliaire aiguë, au contraire, les lésions pulmonaires affectent aussi la forme de la tuberculose aiguë, et on trouve les poumons parsemés de granulations miliaires disséminées. Chez les adultes, il est rare qu'il n'existe pas, dans les sommets des poumons, des traces de tubercuhsation chronique :. noyaux caséeux entourés d'une zone de pneumonie interstitielle fibreuse. Dans un seul cas, oii l'angine tuberculeuse s'était manifestée avec une acuité remarquable, nous avons trouvé (Obs. II) les poumons infiltrés du haut en bas par des granulations embryonnaires, absolument transparentes, sans aucune trace de caséification. Nous aurons l'occasion de revenir sur ce fait, qui a présenté, au point de vue hislologique, des particularités fort remarquables.
Les altérations du larynx méritent une mention spéciale : souvent les cordes vocales, la muqueuse aryténoïdienne et celle des replis ary-épiglottiques sont le siège d'une infiltration tuberculeuse anatomiquement peu différente de celle du pharynx : — dans ce cas, l'affection laryngée débute souvent la première, et c'est plus tard seulement, et d'une manière consécutive, que le pharynx est envahi. Nous avons déjà insisté sur les particularités de cette forme. — Dans d'autres cas, surtout dans les formes aiguës, le pharynx est atteint primitivement, et la muqueuse laryngée ne participe que très légèrement à l'infiltration tuberculeuse : c'est dans les périodes tardives que, de nouvelles poussées granuleuses se faisant incessamment sur la gorge, les portions supérieures du larynx sont envahies à leur tour par une éruption analogue. Enfin, quelquefois l'angine tuberculeuse reste isolée jusqu'à la fin, et le larynx ne présente à l'autopsie aucune altération.
Ajoutons, pour finir, que la tubercuhsation du pharynx se montre surtout dans les formes pathologiques qu'on a dési-
Barth. a
gnées sous le nom de tuberculose généralisée, et que, lorsqu'on trouve ces tubercules dans les parois de la gorge, il est habituel d'en trouver en même temps dans un grand nombre d'organes : dans l'estomac et l'intestin, dans le péritoine, dans le foie, la rate et les reins. Cette pai ticularité a frappé la plupart des observateurs, qui ont insisté, dans leurs descriptions microscopiques, sur la dissémination parfois très étendue des lésions.
§ 3. — Lésions microscopiques.
Lorsqu'on parcourt les descriptions données par les auteurs des altérations histologiques qui se rencontrent dans la tuberculose pharyngée, on est frappé de leur obscurité, de leur défaut de précision: il semble que les observateurs aient douté de la signification des faits qu'ils rapportent, et qu'ils ne soient pas bien sûrs d'avoir eu affaire à de véritables lésions tuberculeuses.
Nous ne partageons pas cette indécision ; les altérations histologiques de la phthisie gutturale nous ont paru très nettes et relativement faciles à étudier: — grâce au nombre considérable de nos pièces, nous avons pu les voir à toutes leurs périodes et en relever tous les détails, comme le prouvent les descriptions minutieuses annexées aux observations que l'on trouvera à la fin de ce travail. Nous décrirons donc les altérations microscopiques de la tuberculose pharyngée d'après nos observations personnelles, eu citant seulement celles de nos prédécesseurs lorsqu'elles se trouveront en contradiction avec les nôtres, ou lorsque nous en aurons besoin pour nous compléter.
Afin de rendre aussi claires que possible des descriptions naturellement assez arides, nous examinerons successivement les lésions des divers organes qui entrent dans la constitution des parois pharyngiennes : celles de la muqueuse, des glandes en grappe, des follicules clos, comprenant les amygdales,