LÉSIONS DES FOLLICULES CLOS
spéciale. Mais par analogie nous pouvons penser que ces ulcérations continuent à s'étendre et à progresser comme le font celles de l'intestin, et que de véritables granulations tuberculeuses viennent se former sur leurs bords et dans leur voisinage.
A côté de cette lésion aiguë, qui se rattache à la tuberculose plutôt par sa marche et son évolution clinique que par sa forme élémentaire, signalons maintenant l'altération chronique des follicules lymphatiques dans la tuberculose, altération qui consiste essentiellement dans le développement de granulations tuberculeuses au sein du tissu adénoïde.
C'est dans les amygdales que cette altération se laisse étudier le plus facilement; c'est là que nous avons surtout pu la voir, et que nous la décrirons.
On sait combien le tissu adénoïde normal ressemble à celui des granulations tuberculeuses : il ne s'en écarte à vrai dire que par les caractères un peu différents des éléments lymphoïdes (ou embryonnaires) qu'il renferme, et par l'existence du stroma réticulé. Encore certains anatomistes allemands (1) ont-ils cru voir un réticulum dans une variété du tubercule, qu'ils ont nommée à cause de cela tubercule cytogène ou réticulé (E. Wagner).
Il n'est donc pas surprenant que par les moyens ordinaires d'investigation on ne puisse pas distinguer la phase initiale, la phase embryonnaire des granulations dans le tissu adénoïde. Mais il en est autrement de la seconde phase^ qui se montre très évidente, surtout en raison de l'action élective du picrocarmin sur les éléments doués d'une vitalité active, et de sa faible affinité pour les parties en état de déchéance organique.
Lorsque la tuberculose a atteint l'amygdale, si on examine à un faible grossissement une coupe mince de l'organe malade, on y distingue de distance en distance plusieurs petites
(I) E. Wagner, Arc/i. fur Heilk., 1870.
taches irrégulières, blanchâtres ou jaunâtres, qui tranchent visiblement sur la coloration rouge vif du tissu adénoïde normal.
— A un grossissement plus fort on voit qu'au niveau de ces taches la nature intime est à peu près la môme que celle du tissu sain, mais que les éléments cellulaires sont plus serrés, moins bien séparés les uns des autres, qu'ils sont granuleux, ou munis de plusieurs noyaux, que le réliculum a disparu, enfin que dans un point plus ou moins étendu les éléments détruits forment une masse indistincte, sans limites précises.
— Au voisinage de cette zone caséiforme, on trouve presque constamment, au nombre de deux ou trois, quelquefois en plus grande abondance, des cellules géantes remarquables par leurs dimensions considérables, par leur forme et leurs prolongements bizarres ; elles sont tantôt complètement entourées par un espace clair, qui les isole des parties environnantes; d'autres fois leurs bords, confondus avec la substance granuleuse qui les entoure, sont difficiles à distinguer.
Les mêmes lésions peuvent exister disséminées dans toute l'épaisseur de l'amygdale, sans que celle-ci soit ulcérée. — Elles affectent la même forme dans les folhcules isolés^ et parmi ceux-ci les plus petits arrivent à être entièrement envahis par la dégénérescence tuberculeuse, de telle sorte qu'ils sont tranformés en une grosse granulation, et deviennent très difficiles à reconnaître. Toutefois, la circonscription assez exacte de leurs bords, souvent entourés d'un espace lymphatique clair, et leur situation dans la couche superficielle de la muqueuse, suffit en général pour les faire distinguer des granulations développées dans le tissu conjonctif.
Quand les follicules tuberculeux sont envahis par l'ulcération, ils s'éhminent de la même manière que les tubercules ordinaires, et laissent des pertes de substance qui n'offrent rien de particuher.
D. Lésions des muscles. — Le tissu musculaire, et surtout le tissu musculaire strié, est, comme on le sait, rarement at-