OBSERVATION I (DU DOCTEUR BOULLAND, LIMOGES
G..., 40 ans, limonadier, de tempérament arthritique, a toujours été relativement bien portant sans être cependant bien robuste.
Pas d’antécédents tuberculeux ; son père serait mort, diton, d’une pneumonie aiguë.
Sa mère, sa femme, ses deux enfants, ont une bonne santé.
Je suis appelé auprès de lui pour la première fois en 1887 pour un abcès siégeant sur le rebord du maxillaire inférieur à droite.
La cause de cette colléction purulente est due à une carie alvéolaire survenue à la suite de l’ablation de la première molaire inférieure droite ; cette ablation avait été accompagnée d’une fracture de l’alvéole.
Le traitement consista dans l’application de compresses d'huile phéniquée sous lesquelles l’abcès s’ouvrit au bout de 36 heures et de gargarismes à l’hydrate de chloral.
L'ouverture de l’abcès resta fistuleux pendant trois semai-
nes environ, donna issue à quelques petites esquilles, puis se referma.
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L'état général était bon, le malade ne toussait pas, n’expectorait point.
Un mois après, je fus appelé auprès de lui; je constatai alors la réouverture de la fistule et la présence de quelques ganglions hypertrophiés dans la région sous-maxillaire droite.
Les bourgeons qui garnissaient l’alvéole saignaient facilement lorsque le malade enlevait au moyen d’un cure-dents les aliments qui y avaient pénétré.
Un stylet introduit dant la fistule aboutissait à une surface osseuse dépourvue de périoste.
Des injections d'huile iodoformée furent faites dans le trajet fistuleux qui s’ouvrit et se referma plusieurs fois.
Le malade était un peu amaigri, avait peu d’appétit et se fatiguait pour le moindre travail; du côté du poumon, on n’observait encore aucune lésion.
Mais en octobre la toux survint, puis l’expectoration, la fièvre vespérale et les sueurs nocturnes,
A l’auscultation on constatait la respiration soufflante au sommet droit, du même côté l’adénopathie sous-maxillaire.
La résonance claviculaire était plus rude à droite qu’à gauche ; le même côté était douloureux ; le malade fut traité par la créosote et les pointes de feu.
Peu à peu, l’évolution tuberculeuse suivit sa marche normale ; le poumon du côté opposése prit deux mois après, la fistule dentaire persistait toujours.
Un an après le début de la tuberculose pulmonaire, le malade succomba.