‹ De la Tuberculose Inoculée par la Muqueuse Buccale: De l'Efficacité des Phosphates de Chaux dans son TraitementChapitre 7 sur 18 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

Mic X..., âgée de vingt ans, a toujours eu une santé excellente ; son père et sa mère sont vivants et ont une robuste constitution ; pas d’antécédents tuberculeux connus dans sa famille. |

La denture est très mauvaise; la malade s’est plaint depuis longtemps de douleurs vives provenant de plusieurs molaires des côtés gauche et droit sans qu’elle ait voulu soit les faire plomber, soit les faire extraire.

Des abcès multiples se sont produits dans l’intérieur de la bouche, avec adénopathies sous-maxillaires gauche et droite.

A l'examen, on constate, quand elle se rend à la clinique, une hypérostose assez forte du maxillaire inférieur.

Les ganglions sous-maxillaires sont douloureux, durs et engorgés, ainsi que les ganglions des parties latérales du Cou.

Deux mois après, des abcès volumineux se sont produits et la colléction purulente fuse sous la clavicule et longe la paroi thoracique jusque vers la 5° cote.

La malade a, jusqu'alors, peu toussé et l’auscultation du poumon ne laisse percevoir aucun signe certain de tuberculose.

On fait une ponction de la poche à l'hôpital, d’où on retire à la suite du curetage, près d’un litre de granulations grises tuberculeuses tenues en suspension dans un pus trés abondant.

L’amaigrissement est progressif, mais lent; deux mois

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après l'opération surviennent des sueurs nocturnes, de l'expectoration muco-purulente, une fièvre vespérale ; on constate de la matité sous les deux clavicules, quelques râles sous-crépitants se produisent et finalement deux cavernes considérables se produisirent au sommet de chaque poumon et entrainèrent la mort au sixième mois après l'opération.

OBSERVATION V (Personnelle)

M S...,38 ans, lingére et repasseuse, mariée, sans enfant, s’est toujours bien portée depuis son enfance ; est d’une constitution robuste.

Son père, très âgé, vit encore, et sa mère est décédée à 72 ans d’un catarrhe des bronches.

Néanmoins, la dentition est défectueuse chez la malade qui a de nombreuses dents cariées; elle souffre parfois de l'estomac sans se plaindre et sans suivre de traitement médical.

A l’âge de 34 ans, elle souffre de violentes douleurs de dents, à la suite desquelles trois abcès consécutifs du côté gauche de la bouche se forment de deux ans en deux ans d'intervalle sans être soignés et déterminent une grande faiblesse. :

Six mois après le dernier abcès, la toux se déclare, le côté gauche du cou devient très douloureux, les digestions sont très pénibles et mettent la malade dans l’obligation de retirer son corset.

Peu à peu une bronchite se déclare avec toux persistante, adénite cervicale à gauche, expectoration abondante, fièvre et amaigrissement.

Divers confrères sont appelés et n'hésitent pas à porter le diagnostic de tuberculose à la seconde période.

Appelé moi-même peu de jours après, je n’hésitai pas, tout en reconnaissant que l'affection est d’une gravité exceptionnelle, à instituer un traitement actif avec créosote à hau-

te dose, pointes de feu, liqueur de Fowler, toniques sous toutes les formes, potions calmantes, etc.

Quinze jours plus tard, l’état général ne s’est pas modifié et la malade est dans une prostration extrême, avec Syncopes inquiétantes.

Tout en ordonvant la continuation du même traitement, je fais prendre du chlorhydro-phosphate de chaux à haute dose.

Huit jours après, à ma grande surprise, je constate un mieux sensible ; les râles sous-claviculaires diminuent sensiblement; le souffle et la matité sont moins prononcés ; l’'expectoration moins abondante, les sueurs nocturnes et la fièvre vespérale diminuent considérablement, la force et l'appétit reviennent peu à peu et l’état de mieux s’accentue progressivement,

Actuellement, la malade a repris ses occupations de ménage, tousse fréquemment, crache quelquefois, est très sensible aux variations atmosphériques, mais mange avec grand appétit, dort parfaitement et malgré les lésions que l’on peut constater dans le poumon, se considère comme guérie.

OBSERVATION VI (Personnelle).

Antoine F..., âgé de 30 ans, a toujours eu une excellente santé et une robuste constitution jusqu’à l’âge de 18 ans.

Son pèreest vigoureux et sa mère, âgé de 56 ans, quoique maigre et sujette aux bronchites, travaille ESS sans paraître indisposée outre mesure.

En 1884, Antoine F.., dont la dentition laisse beaucoup a désirer, est atteint d’un abcès de la bouche au maxillaire inférieur gauche, suite de carie dentaire.

Trois mois après l’ouverture de son abcès, le malade se plaint de douleurs de l'épaule gauche avec fièvre, soif ardente, toux pénible, engorgement douloureux des ganglions cérvicaux.

Huit jours après le développement complet, se produit une pneumonie dont la durée est de sept jours.

Au bout de 2 mois, le malade débilité, sans appétit, vomit une grande quantité de sang, est considérablement amaigri, a des sueurs nocturnes profuses et des accès dé fièvre vespérale.

On constate en même temps que le chapelet ganglionnaire du côté malade et les ganglions sous-maxillaires du même côté, une éruption furonculeuse très vive.

A l’auscultation, on entend un souffle rude, des râles muqueux abondants sous-claviculaires ; on constate une grande matité à la percussion.

Sous l'influence du traitement consistant en vésicatoires, vin créosoté, reconstituants, l’affection paraît subir un temps d'arrêt pour reprendre bientôt son intensité,

Le même traitement est institué, mais j’y adjoins des phosphates à haute dose.

Le malade qui, en 1886, a été pendant son affection libéré du service militaire, par visite à domicile pour tuberculose, est resté pendant 2 ans très malade, toussant, crachant, et sujet à des récidives de bronchites tenaces.

Depuis cette époque et pendant 8 ans, le malade avait paru recouvrer la santé — au moins en apparence — car il avait engraissé et toussait beaucoup moins, quoiqu’on constatät à l’auscultation tous les symptômes d’une caverne à la partie supérieure du poumon gauche.

Au mois d'août 1896, le malade est repris d’hémoptisies abondantes qui laissent craindre à chaque instant une issue fatale avec sueurs abondantes, fièvre vespérale, émaciation extrême et grande débilité.

La caverne paraît tenir le quart supérieur du poumon, l’expectoration abondante est extrêmement fétide et fait bientôt place à des crachats muco-purulents.

Le malade est soumis à nouveau à la créosote à haute dose et sous toutes ses formes, vésicatoires, liqueur de

Fowler, etc., mais un mieux très sensible ne se produit que lorsque le malade prend à haute dose du glycéro-phosphate de chaux.

Aujourd’hui, c’est-à-dire onze ans après le début de l’affection, le malade est sur pied, à la surprise de toute sa famille et quoique très faible, a repris son appétit, un léger travail, tousse beaucoup moins, n’a plus de fièvre et parait engraisser.

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