ÉVOLUTION — PRONOSTIC
L'évolution de ces ulcérations est en général fort
lente. Elles Aurent des mois entiers et n’ont aucune ten-. ” aance à la cicatrisation spontanée. La rapidité d’évolution est cependant variable: c’est ainsi que Treitel a vu une ulcération rester stationnaire pendant 5 mois chez un de ses malades alors que chez un autre une perte de substance étendue s’est produite en l’espace de quelques semaines (Cf. Obs. 4). \
Le pronostic doit être compris différemment suivant qu’on l’envisage quoad partem ou quoad vitam.
Le pronostic local est favorable. Par un traitement approprié, la guérison de l’ulcération est de règle et, à une période déjà lointaine, quatre guérisons sur quatre
malades ont été obtenues par Nedopil. D’autres exemples de ‘guérison setrouvent dans les observations de Orlow, Vulpian, Verneuil, Delavant, Fournier, Dally, Amorosi, etc. Ils sont relativement nombreux.
Pour ce qui est du pronostic vital, il faut ici nettement séparer les lésions secondaires des primitives.
C'est aux formes secondaires surtout que s'applique la formule de Butlin : « Il est rare qu'un malade atteint d’ulcération tuberculeuse de la langue ne soit pas mort
phtisique au bout de deux ans. » Chez ces malades, en effet, souvent aphones et diarrhéiques, le pronostic est
conditionné beaucoup plus par l’état des lésions pulmonaires que par l’ulcération linguale. Cependant, celle-ci vient souvent précipiter la cachexie; les douleurs qu’elle provoque empêchent le sommeil et rendent l’alimentation difficile au point d'entraîner un véritable état d’inanition dont l'apparition est désastreuse. Il faut, d’autre part, remarquer, avec Morestin, que « la présence dans la bouche d’une ulcération, suppurante, contribue pour une part. considérable à empoisonner l’organisme, les produits sécrétés à la surface de cet ulcère étant entraînés par la salive et en majeure partie absorbés après déglutition. > ‘
Le pronostic des formes primitives est plus br ble: Il est, certes, difficile de se faire une idée précise de la fréquence de leurs guérisons, car les malades sont rarement suivis assez longtemps pour cela et plusieurs fois, on a vue des malades porteurs d’une ulcération linguale d'apparence primitive indemnes de lésions pulmonaires, présenter dans les mois suivants une tuberculose pulmonaire certaine (3 fois sur 45. Auguy). Ce fait
| LR avait déjà frappé l'attention de Trelat qui signale que si la tuberculose de la langue peut être primitive, elle précède souvent de 4 ou 5 mois l’éclosion des accidents pulmonaires. Remarquons toutefois, que de grands progrès ont été réalisés depuis Trelat en matière de diagnostic précoce de tuberculose pulmonaire; l’ancienne période de conglomération des tubercules est considérée actuellement comme une période déjà avancée de la maladie. Aussi bien, sommes-nous porté à penser que ces malades pouvaient présenter des lésions pulmonaires méconnues car commencantes.
Nous devons toutefois considérer la guérison des malades porteurs d’ulcères primitifs comme possible par un traitement convenable et même celle des lésions secondaires avec manifestations pulmonaires discrètes et curables. Nous citerons seulement à l’appui de ceci l'exemple des malades de Provera, de Dally, de Stropeni, de Tourneux. Le malade de ce dernier, atteint de tuberculose linguale primitive, était encore en parfaite santé quatre mois après l’intervention chirurgicale.