‹ De La Tuberculose LingualeChapitre 13 sur 40 · COMPLICATIONS · texte numérisé non relu

COMPLICATIONS

Une seule est à mentionner, c’est l’apparition d’une glossite aiguë ayant pour point de départ l’ulcération. Elle se voit surtout dans les formes à marche rapide, mais peut aussi apparaître au cours de l’évolution d’une ulcération chronique ou comme épisode terminal. En général, elle reste localisée à une portion ou à une moitié de l'organe. C’est une complication relativement fréquente. Nous en retrouvons un exemple dans l’observation de Broca : « Si l’on fait ouvrir la bouche au malade on est frappé du volume démesuré de la moitié de la langue dont la face dorsale touche à la voûte palatine. « Les malades de Charlier, Danlos, Ghédini, Rabé avaient une langue plus ou moins tuméfiée et portant l'empreinte des dents. Rappelons enfin que dans une observation de Julliard, l’inflammation se propagea vers la base de la langue, le larynx et que le'malade fut emporté par un ædème de la glotte. Il est difficile de dire si cette glossite est de nature tuberculeuse ou si elle est la manifestation d'une infection secondaire banale par les microbes de la bouche, auxquels l’ulcération a pu servir de porte d'entrée. L'étude histologique faite sur une pièce de Morestin semble en faveur d’une glossite spécifique et l’auteur incline vers cette opinion, car il donne à cette glossite la qualification de tuberculeuse.

ANATOMIE PATHOLOGIE La nature tuberculeuse des lésions a été démontrée

par les examens microscopiques de Liouville et ‘Vuipian, Laboulbéne en France, par ceux de Nédopil en

Allemagne.

L'étude histologique en a été faite plus récemment

par Auché et Carrière et par Jolly d’une façon très dé-

taillée.

Au niveau d’une coupe intéressant le bord de l’ulcère,

on voit l’épithélium disparaître brusquement pour faire

place à la perte de substance. Cet épithélium présente au voisinage de la lésion une hyperplasie papillaire et un allongement des bourgeons interpapillaires (acanthose). Il est infiltré de cellules jeunes et présente par-

fois des follicules tuberculeux dans son épaisseur.

* Si on étudie les lésions des tissus au niveau du foñd

de l’ulcération et en allänt de la superficie vers la pro-

fondeur, on voit tout d'abord que la surface ulcérée est formée par une mince couche de substance granuleuse’ contenant ROUES éléments cellulaires et débris nv cléaires provenant de la couche sousjacente.

Au-dessous de cette couche granuleuse, on voit une

couche plus épaisse formée de tractus réticulés conte-

nant des leucocytes mono et polynucléaires, des cellules embryonnaires, quelques globules rouges et se continuant insensiblement avec le tissu conjonctif sousja.

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C'est plus profondément encore qu’il faut chercher les lésions caractéristiques et principalement dans le tissu conjonctif qui sépare les faisceaux musculaires de

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l'organe enchevêtrés en tous sens. Dans les cas nets, on y trouve des follicules tuberculeux typiques avec une ou plusieurs cellules géantes. Autour des cellules géantes se trouve la zone des cellules épithéloïdes. Enfn, à la péri- . phérie du follicule, on peut voir un grand nombre de

Ulcération tuberculeuse au début.

petites cellules à noyau arrondi et prenant fortement . les réactifs colorants ; ce sont les cellules lymphoïdes.

| Parfois, le centre du follicule est caséifié et les cellules

géantes sont repoussées à la périphérie.

C'est surtout à quelques MIAGE de la surface ulcérée que l’on rencontre les follicules en voie de caséification et les lésions typiques. À mesure que l’on s’enfonce dans la profondeur, les follicules deviennent moins

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nombreux et peuvent prendre des caractères très anormaux. Ces lésions atypiques peuvent d’ailleurs se rencontrer isolément dans certaines ulcérations à l’exclu- sion de tous follicules tuberculeux typiques, sans qu’on

sache s’il faut les considérer eomme des follicules en

Voie de formation ou comme une. forme tn dif- Férente. "7

Dans certains Cas, les lésions FAURE sont seulement représentées : par des foyers d'infiltration avec, dans ces foyers, en de très rares points, quelques cellules géantes. Aucun ilot caseux, aucun follicule vrai, mais seulement en quelques rares points une cellule géante entourée. de petites cellules à noyaux arrondis RO eye ; Dans d’autres, il existe seulement des amas de cellules épithélioides centrées sur une masse granuleuse peu colorée contenant un grand nombre de débris nucléaires. La masse granuleuse est formée par la destruction des cellules épithélioides. (Auché et Carrière).

La disposition anatomique est encore cornpliquée du

fait de l’envahissement possible de toute la préparation

par des leucocytes mono et polynucléaires et des cellules embryonnaires en rapport avec une poussée inflammatoire aiguë ou avec une surinfection par les microbes vulgaires. D’autre part, les cellules fixes du tissu conjonctif participent au processus de défense et sont par places hyperplasiées et en voie d'active multi-

plication.

Au voisinage des follicules, il y a disparition de la striation transversale des muscles. Ceux-ci peuvent à peu au point de

! même être dissociés et détruits peu à \ ù

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disparaître complètement. Les fibres élastiques subis-

sent le même sort. Les vaisseaux sont aussi fortement altérés. Les artères presque partout atteintes d’endartérite sont parfois même thrombosées.

La coloration des coupes par la méthode de Ziehl permet presque toujours de rencontrer des -bacilles de

Koch (3 fois sur 4, Durante), mais leur abondance varie

considérablement d’un cas à l’autre. Tantôt ils sont peu nombreux;\tantôt au contraire extrêmement abondants. D'une façon générale, on en trouve en grande quantité dans les follicules à centre daseifte peu dans les follicules centrés par une cellule géante. Les bacilles sont alors à l intérieur des cellules géantes. :

La plupart des auteurs insistent sur l’étendue insoupçonnée des lésions spécifiques à l’intérieur du parenchyme lingual. Morton les a retrouvées jusqu’à un demi

pouce au-dessous de l’ulcère et Jolly a rencontré des fol-

licules tuberculeux jusqu’à une profondeur de 2 em.

DIAGNOSTIC

Nous envisagerons le diagnostic clinique et les renseignements fournis par les moyens de laboratoire.

DIAGNOSTIC CLINIQUE Un caractère prime tous les autres : c'est l'existence fréquente, de tuberculose pulmonaire associée, C’est l’auscultation soigneuse du malade pui a permis dans un certain nombre de cas, de suspecter la nature tuberculeuse d’un ulcère de langue. On complètera celle-ci par -le passage du malade à l'écran radioscopique et par la

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recherche du bacille de Koch dans les hat complé-

o \ments actuellement indispensables de tout examen cli-

nique chez un tuberculeux. Quelles sont les différentes

- affections qui peuvent simuler l’ulcère tuberculéux de la

langue? On éliminera tout d’abord l'ulcération trauma- tique : ulcération des coquelucheux, siégeant sur le frein ; ulcération par morsure de la langue (épileptiques) faciles à rapporter à leur cause. \ Le plus souvent, la cause de l’ulcère n'apparaît pas

évidente et une ulcération tuberculeuse au début peut

ressembler à une wlcération dentaire. Celle-ci relève de "la déviation ou de l’altération d’une dent et on trouve souvent en. regard de l’ulcération une dent cariée et brisée. Son siège d'élection est la partie moyenne de l’un

des bords. C’est d’abord une simple fissure qui, peu à

peu s'agrandit ; les bords en sont sineux, non décollés comme ceux de l’ulcère tuberculeux. Le fond est rose, tapissé d'ün enduit pultacé. Les douleurs sont nettement localisées à la lésion, les ganglions souvent indemnes, mais C'est là un signe très inconstant. Un dernier

‘caractère de la plus haute valeur est la guérison rapide

après avulsion de la dent. Les difficultés de diagnostic

viennent surtout de ce que ulcération dentaire et ulcé-

ration tuberculeuse ont le même siège d'élection : les bords et de ce que la tuberculose peut venir se greffer

sur une ulcération dentaire. Seul, dans ces cas difficiles,

Îe laboratoire pourra trancher la question.

L’ulcération dentaire étant écartée, il est, en face d’un

ulcère chronique de la langue une question que se pose

tout médecin : est-ce de la tuberculose, du cancer ou de

la syphilis ?,

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Le cancer a souvent été confondu avec la tuberculase. Nous pourrions en citer un grand nombre d'exemples.

Sur les 5 observations de Nédopil, 3 furent diagnostiquées comme cancer de la langue et la tuberculose reconnue seulement à l'examen microscopique.

Provéra dit que chez un homme opéré pour un ulcère: R présumé cancéreux, le microscope révéla de la tuberculose linguale avec des bacilles. de Koch sur les coupes.

. Des erreurs semblables ont été commises par Kôrte, Feurer, Schliferoviteh, Bull, Capart, Zintsmaster, Albert,. etc., si bre que ce dernier croit, avec quelque raiïson, que beaucoup de cancers, de la langue soit disant : guéris par l'opération étaient des. uleères tuberculeux. ; Ces nombreuses erreurs de diagnostic expliquent que l’on se soit ,de tout temps, préoccupé de reconnaître les signes distinctifs du cancer et de l’uleère tuberculeux. Fereol à très, biem tracé ce diagnostic différentiel. Contrairement à l’uleère tuberculeux, le eancer est une maladie des gens âgés, souvent porteurs de leucoplasie buc- cale et fumeurs impénitents. Le début de l’épithéliomæ papillaire se fait en surface eomme l’uleère tuberculeux;, par contre, l'épithélioma interstitiel. débute par un nodule dur apparu dans l'épaisseur de la langue, sousmuqueux, qui ne s’ulcère que secondairement. C’est, là. un caractère qui a pu ne pas passer inaperçu du malade. Le cancer constitué est unique, alors que dans la tuberculose, il n'est pas exceptionnel de trouver plusieurs ulcérations de la cavité buceale. H est très rare à la pointe et siège surtout. sur les bards et à la base: Les bords en sont épais, durs, saillants, éversés, jamais: décollés. Le moindre contact des bords ou du fond les

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