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culeux cavitaire, de leur richesse en bacilles de Koch, on comprendra que la plus légère érosion de la muqueuse linguale puisse favoriser le développement d’un ulcère tuberculeux. Il s’agit donc, comme on le voit, d’une autoinoculation. C’est, d’ailleurs, cette même pathogénie qui est invoquée, pour expliquer les lésions laryngées/ intestinales ou anales dont on connaît la fréquence au cours des bacilloses ouvertes. ;
Très exceptionnellement, le foyer initial est extrapulmonaire : tuberculose épididymaire (Weber, Verneuil), anale (Bucquoy), ganglionnaire (Reclus), et l'on doit alors penser à la possibilité de l’apport du bacille par voie sanguine ‘ou lymphatique, à moins d'admettre une tubereulose pulmonaire initiale et méconnue.
Tuberculose primitive. — Est-ce à dire que la tuberculose linguale est toujours secondaire ? Certainement non, mais la forme primitive est encore plus rare que la forme secondaire. Elle offre cependant un intérêt pratique de tout premier ordre, car, d'une part, elle oblige à envisager le diagnostic de toutes les ulcérations linguales et, d'autre part, c’est une des rares variétés de tuberculose linguale dans laquelle l'intervention du médecin puisse être efficace.
Sur 65 observations de tuberculose linguale relevées par Orlow, l'affection semble avoir été primitive 9 fois.
Auguy remarque dans sa thèse que sur 45 ulcères tuberculeux de la langue, 35 furent secondaires et 10 seulement primitifs. ,
Des exemples de tuberculose ulcéreuse primitive ont été rapportées par Fazierlie, Schliferovitch, Frank, Provera, Tourneux, Marotta, Gershun, Trimble, Amo-
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rosi, Stropeni, Walter Chappell. Les deux malades de Fazierlie et de Schliferovitch, opérés d’ulcères tubercu- Jeux de la langue et venus à mourir pour une autre
cause, ne présentaient à l’autopsie aucune trace de
tuberculose pulmonaire ou autre.
La- voie d'apport, dans ces cas d’ulcères primitifs
semble difficile à établir sur des bases solides; on en
est surtout réduit à des hypothèses. Tout d’abord, le
bacille de Koch a pu être retrouvé. dans des cas rares, il :
est vrai, dans la cavité buccale de gens sains et ne pré-
- sentant aucune tuberculose viscérale. Dieulafoy a sou-
vent noté sa présence dans les organes lymphoïdes du pharynx en état d’hypertrophie. Les poussières, par l’in-
termédiaire de l’air inspiré, peuvent aussi lui servir de’
véhicule. Le bacille peut encore être apporté par les ali-
. ments contaminés (lait), par les corps étrangers.
I1 n’est pas impossible enfin, que l’ulcère tuberculeux
de la langue n’ait dans certains cas une origine conta-
gieuse. Les: doigts, les verres, les baisers peuvent servir
d’intermédiaires au bacille. Le fait a été en tout cas noté pour la peau, et Darier a vu un ulcère tuberculeux se développer sur le front d’une femme saine mais mariée à un phtisique.
Que la tuberculose linquale ulcéreuse soit’ primitive où secondaire, un certain nombre de causes adjuvantes favorisent sa localisation. Au premier rang de celles-ci
interviennent toutes les causes capables d’altérer la mu-
queuse : les excès de tabac ou d’alcool et particulièrement l’usage de la pipe: la mauvaise dentition surtout. Très souvent une dent cariée, un chicot pointu a servi de point d'appel. Les morsures de la langue, les piqûres
SAONE 0 par fourchette se retrouvent dans plusieurs observations. Finder a vu se former un ulcère tuberculeux à la suite d’une intervention chirurgicale sur l’amygdale linguale. Les traumatismes de toute sorte, en un mot, favorisent la greffe du bacille, et Charlier fait intervenir chez son malade lé rôle mécanique de la toux, projetant la langue sur les arcades dentaires.
Parmi les causes adjuvantes, il faut sans doute aussi faire jouer un rôle au terrain, les lésions étant d’autant plus communes que le sujet est plus ASS et à la virulence du microbe.
Les hommes sont atteints bien plus souvent que les femmes (17 hommes et 4 femmes sur 21 malades. Spillmann. Th. Ag.). Il est logique de penser que cette plus grande fréquence chez l’homme tient à une hygiène buccale plus défectueuse (tabac, alcool, moindre souci de la dentition). Enfin, l’ulcère tuberculeux de la langue est une maladie de l'adulte, elle est rare chez l’enfant et le vieillard. On l’a cependant vue quelquefois chez des gens âgés : 61 ans (Mouisset, Gaté et Laffait), 61 ans (Gaucher et Gougerot), 80 ans (Zintsmaster). La confusion. a été alors souvent faite avec l'épithélioma. On n’a jamais vu d’ulcère tuberculeux de la langue chez le tout
jeune enfant.