‹ De la tuberculose, ou, De la phthisie pulmonaire et des autres maladies dites scrofuleuses et tuberculeusesChapitre 19 sur 30 · RESPIRATOIRES · texte numérisé non relu

RESPIRATOIRES

SOMMAIRE. — 109. Importance de la respiration. — 110. Division du sujet. — -H i à 116. Alimentation respiratoire. — -IH. Dangers des atmosphères confinées. — 112. Moyens prophylactiques. — U3. De l'aliment respiratoire au point de vue delà quantité. — H4. Médication oxygénée. — 115. Bain d'air comprimé. — HO. Atmosphère animalisée. — \\1 à 121. Fonctions de l'appareil respiratoire pulmonaire. — -117. Division du sujet. — \\%. Obtenir une bonne conformation de laçage thoracique. — -M 9. Gymnastique spéciale des muscles respirateurs. —

(1) Germain de Cbàleau-Thierry : Traitement de la dyspepsie par l'acide arsénieux ( Gazette hebdomadaire -1860, page 407.

(2) Bourguignon : Société de médecine dit, département de la Seine, séance du h mars 1859.

-1 20. — De l'usage méthodique des respirations. — \î\. Des exercices gymnastique.? en général. — 122 à 129. Fonctions de l'appareil respiratoire cutané. — 122. Importance des fonctions cutanées. — 123. Soins de propreté et excitants mécaniques. — Wt. Excitants climalériques. — 125. Lumière. — 12C. Humidité.

— 127. Température. — 128. Climat variable et climat uniforme,

— 129. Vêtements.

109. — La respiration complète l'œuvre de la digestion, c'est elle qui rend aptes à être assimilés les matériaux déjà élaborés dans les premières voies; comme telle, c'est une fonction assimilatrice : si, d'un autre côté, l'on remarque que les corps excrétés (eau, urée, acide carbonique) sont tous des corps trèsoxygénés, on ne méconnaîtra pas non plus quelle est en même temps une fonction éminemment éliminatrice. Favoriser les actes respiratoires, c'est donc agir en faveur de la genèse d'une heureuse constitution, puisque, par ce moyen, on imprime un nouvel élan aux deux actes qui composent la réparation organique, à savoir : l'élimination des molécules impropres à la vie et la création, avec les matériaux fournis par l'alimentation, de molécules nouvelles propres à l'assimilation.

Du reste, la physiologie comparée prouve assez que l'activité respiratoire est en rapport avec la grandeur de la puissance vitale. Les animaux qui respirent le moins (zoophytes, mollusques) sont aussi ceux chez lesquels la vie est le plus obscure, et si M. Milne Edwards (1) a cru pouvoir dire que l'ac-

(1) Milne Edwards : Physiologie comparée, tome 2, page

tivité vitale règle l'activité respiratoire, ne pourrait-on pas retourner les termes et soutenir que c'est l'activité respiratoire qui règle l'activité vitale.

110. — Ces quelques considérations suffisent pour montrer tout le profit que l'on peut tirer d'une bonne gymnastique des voies respiratoires,' et de même que , dans l'étude de l'alimentation par le tube digestif, nous avons groupé sous deux chefs principaux les divers moyens dont la prophylaxie de la diathèse tuberculeuse pouvait s'emparer; de même, dans l'étude que nous allons entreprendre de l'alimentation par le poumon et par la peau, nous croyons devoir examiner successivement :

1° Les propriétés que l'on recherchera dans le fluide à respirer;

2° Le jeu des organes respiratoires dont on s'efforcera de maintenir l'activité.

De V aliment respiratoire.

111 • — On sait que l'oxygène est le principal et l'indispensable aliment respiratoire : veiller à ce que l'atmosphère que l'on respire soit suffisamment oxygénée, empêcher qu'elle soit viciée par tout gaz capable de s'opposer à l'absorption de l'oxygène , voila le problème que l'on doit d'abord se poser et chercher à résoudre.

A cette indication se rattache évidemment la question des atmosphères confinées. Rien n'est plus pernicieux que cet entassement de plusieurs per-

sonnes dans des réduits bas où l'air n'est tju "imparfaitement renouvelé. Combien ne voit-on pas, surtout clans les grandes villes, de ces familles que la misère oblige à habiter une seule chambre mal aérée et rétrécie encore par une soupente infecte ! une toute petite croisée alimente ce réduit, et au milieu, se trouve une nouvelle source de viciation, un poêle ou souvent un simple réchaud qui sert a la fois et pour le ménage et pour les travaux de repassage, principal gagne-pain de ces misérables familles : ailleurs c'est un atelier où sont réunis dans les mêmes conditions défavorables un nombre plus ou moins considérable d'ouvriers.

Combien de causes viennent ici se réunir pour rendre insuffisante l'alimentation respiratoire ! Sans parler des effluves animales ou de certains gaz qui, comme l'acide sulfhydrique, peuvent être considérés comme de véritables poisons et engendrent plutôt les affections typhoïdes que la diathèse tuberculeuse, les résultats d'un séjour prolongé dans une atmosphère confinée se résument en une diminution de l'oxygène absorbé.

La moindre proportion d'oxygène contenu dans l'air confiné , la présence d'une plus grande quantité d'acide carbonique, obstacle si considérable à l'échange des gaz contenus dans le sang (1), et souvent une petite proportion d'oxyde de carbone

(-1) Cl. Bernard : Substances toxiques et médicamenteuses >

dont les effets sont, comme Fa démontre' M. Cl. Bernard, cFenleveraux globules sanguins le pouvoir de s'assimiler l'air, voilà trois circonstances pathogéniques qui tendent au même résultat, à l'asphyxie : cette asphyxie sera rapide, et la mort plus ou moins prompte si les causes morbifiques sont portées à leurs dernières limites, mais elle sera lente et continuelle si le renouvellement de l'air se fait encore assez pour entretenir la vie. Dans ce cas les actes organiques languissent comme languit la respiration , l'individu ne tarde pas à se rapprocher de l'animal à sang froid , ainsi que Font démontré les belles expériences du professeur du collège de France , et de la sorte s'explique la genèse de cette diathèse qui reconnaît pour caractère principal une diminution incontestable dans la puissance vitale.

Les faits cliniques se presseraient en foule pour prouver la malheureuse influence des atmosphères confinées sous le point de vue des tubercules généraux ; la statistique a démontré (l) que les scrofules et les tubercules attaquent surtout les ouvriers entassés dans des espaces trop restreints ; et si le travail sédentaire, la mauvaise nourriture et les soucis divers qu'enfante une existence souvent voisine de la misère, doivent concourir à diminuer l'énergie des différents actes vitaux, on ne saurait refuser non plus dans d'aussi tristes résultats, une

(I) Berne : Thèse inaugurale, î'aris, 1853.

large part à la respiration habituelle d'un air incomplètement renouvelé.

112. — On habitera donc des appartements vastes et éleve's, ou bien on suppléera par une ventilation bien entendue à l'exiguïté cle l'espace dans lequel on séjourne : on proscrira les réchauds ou les braisiers qui par l'exhalation d'acide carbonique ou d'oxyde de carbone sont une cause si puissante de l'altération des atmosphères confinées : le chauffage par les cheminées, agent si puissant de ventilation, leur sera avantageusement substitué. De la chaux vive placée dans les appartements et suffisamment renouvelée pourrait atténuer aussi la viciation de l'air, en le débarrassant d'une partie de son acide carbonique ou de ses vapeurs d'eau. On comprend enfin que les personnes placées dans ces conditions hygiéniques défectueuses devront plus que tout autres insister sur les divers moyens, que nous allons étudier, d'activer les fonctions respiratoires, afin de suppléer par l'intégrité de la respiration au peu de richesse de l'aliment pulmonaire.

115. — Ce n'est pas assez que l'aliment respiratoire ne soit pas altéré dans sa composition, il faut encore, de même que nous l'avons précédemment établi pour le nutriment digestif, il faut encore avoir égard à son abondance et à sa richesse, afin d'utiliser le plus possible son pouvoir hématosique, de même que nous avons cherché, par l'alimentation

par les voies digestives , surtout les propriétés plastiques des matières ingérées.

114. — L'importance d'une pareille indication explique l'engouement que l'on eut un temps pour la médication oxygénée.

Aussitôt que Ton eut découvert ce gaz et surtout que l'on eut apprécié le rôle immense qu'il joue dans les combinaisons chimiques, aussi bien dans celles qui se passent en dehors que dans celles qui ont lieu en dedans de notre organisme, on le regarda comme une sorte de panacée universelle, et l'on vit en lui l'agent le plus propre h maintenir l'intégrité des fonctions vitales. Toutes les propriétés des substances minérales ne furent bientôt attribuées qu'à l'oxygène (1). Les maladies ellesmêmes ne tardèrent pas à être (2) divisées et classées suivant ces vues pneumatiques, et l'on chercha à administrer cette prétendue recette de longue vie dans un grand nombre de maladies et sous toutes les formes. Malheureusement les résultats ne répondirent pas aux espérances des médecins ; les essais de Nysten, du comte de Morozzo, du docteur Broughton, de Macquer (5) celles plus récentes de

(1) Fourcroy, Rollo, Alyou, Guyton de Morveau ( voir le Dictionnaire de matière médicale de Mêrat et Luens ( article oxygène ).

(2) Baumds : Fondement de la science des maladies, 4 vol. in-8.

(3) Dict. Mérat et Luens, tome h, page 141.

M. Cl. Bernard (1) prouvent que respiré pur l'oxygène finit par être mortel et que, même mélangé en médiocre proportion avec de l'azote et de la vapeur d'eau, il finit par irriter la muqueuse pulmonaire et par ne plus être supporté. Cet effet irritant est encore plus sensible pour l'oxygène ozonisé qu'on avait cru dans ces dernières années pouvoir substituer en inhalation à l'oxygène simple (2).

L'eau oxygénée ou bioxyde d'hydrogène eut le même sort; après avoir été accueillie comme un des remèdes les plus puissants , comme une véritable et importante découverte , selon les paroles de Fourcroy (5), ce nouveau corps tomba bientôt dans l'oubli que lui valut son peu d'importance thérapeutique ; il en fut de même pour le protoxyde d'azote qui, après avoir été préconisé comme oxydant énergique et succédané de l'oxygène, fut trèsvite abandonné à cause de son peu d'efficacité et des dangers que présente son administration.

Il résulte de ces considérations que le meilleur aliment des voies respiratoires, c'est l'air atmosphérique. Le problème consiste seulement à favoriser ou à augmenter l'absorption de cet air atmosphérique, résultat auquel on peut arriver en augmentant la pression de l'air respiré , ou en stimulant l'activité des actes respiratoires.

(1) Bernard : Substances toxiques et médicamenteuses, 1857.

(2) Bernard : Substances toxiques et médicamenteuses, 1857.

(3) Dictionnaire de matière médicale de Mérat et Luens.

115. — C'est à MM. Tabarié et Pravaz, de Lyon, que Ton doit l'heureuse idée d'augmenter la pression atmosphérique pour en faciliter la pénétration dans le sang-. L'aspect chétif de la végétation des hautes montagnes comparé au luxe de la végétation des parties basses, le sentiment de malaise que Ton ressent à mesure que l'air se raréfie comparé au sentiment de bien-être que l'on éprouve, au contraire, sous la cloche à plongeur ou dans les mines, alors, en un mot, que la pression atmosphérique augmente, les ont conduits à l'idée du bain d'air comprimé comme moyen d'activer les actes nutritifs, et ces heureuses prévisions se sont réalisées.

Sous l'influence d'un pareil agent, les actes chimiques de la respiration ne tardent pas à s'effectuer plus complètement; les actes mécaniques sont euxmêmes facilités ; la digestion stomacho-intestinale, en vertu de sa solidarité avec l'élaboration pulmonaire, s'accomplit aussi d'une manière plus parfaite, en même temps qu'augmente la richesse de l'hématose ; les mouvements d'assimilation et de désassimilation sont donc accélérés. Cette atonie générale, qui est la conséquence obligée d'une nutrition languissante, disparaît peu à peu : le lymphatisme fait place au tempérament sanguin, et la constitution se relève et se fortifie de plus en plus.

On comprend ainsi tout l'avantage que l'on peut retirer du bain d'air comprimé contre la genèse de la tuberculose diathésique. Du reste, les obser-

valions que rapporte Pravaz à l'appui de ce qu'il avance (1), celles que M. Tabarié a communiquées à rAcade'mic des sciences, viennent confirmer cliniquement ce que Ton était en droit d'espérer théoriquement.

11G. — Les bienfaits que Ton retire d'un séjour prolongé dans une atmosphère animalisée, l'embonpoint et la presque immunité contre la diathèse tuberculeuse dont jouissent les bouchers qui vivent au milieu de ces conditions, autorisent peut-être à tenir compte, dans l'air inspiré, non-seulement de la quantité d'oxygène, mais encore des effluves animales qu'il peut contenir. Nous ne pouvons que rappeler ici ce que nous avons déjà dit à propos de la contagion.

Des moyens d'activer les fondions de Vappareil

pulmonaire.

117, — Nous abordons actuellement le second ordre de moyens que nous avons reconnus propres à augmenter l'absorption de l'air atmosphérique, nous voulons parler de ceux qui s'adressent directement aux fonctions des appareils respirateurs, et dans ce travail , nous aurons à étudier successive-

(1) Pravaz : Emploi des bains d'air, etc. ( Expérience , 1840). — J. Travaz fils: Des effets physiologiques et des applications thérapeutiques de l'air comprimé, 1859.

ment les moyens d'activer la respiration par le poumon et ceux d'activer la respiration par la peau.

118. — Une cage thoracique vaste et régulière, des puissances musculaires suffisantes pour une ampliaiion complète de cette cage osseuse, voilà ce que l'hygiéniste doit se proposer afin que, le poumon pouvant se développer librement , l'absorption de l'air atmosphérique soit augmentée avec rétendue des surfaces absorbantes.

L'influence héréditaire sera une précieuse ressource pour les familles, lorsqu'il s'agira de doter les enfants d'un appareil respiratoire convenablement développé : on recherchera, à ce point de vue, dans les conjoints, une amplitude suffisante de la cage thoracique, et si l'un des deux époux pouvait, sous ce rapport, donner quelques craintes au médecin pour le futur enfant, on devrait alors surtout chercher à corriger cette conformation vicieuse par une disposition inverse de l'autre époux.

L'enfant une fois doté d'un appareil pulmonaire suffisant, il faudra le préserver de toute déformation capable d'en détruire une si heureuse conformalion : on proscrira à cet effet, avec soin l'usage des vêtements mal faits ; on a conseillé avec raison de remplacer chez les jeunes enfants les bretelles par un gilet auquel on fixe le pantalon et qui, appuyant sur les épaules par une plus large surface , gêne moins les mouvements thoraciques pendant

la respiration. Chez les jeunes Cilles on se gardera de l'emploi vieieux du corset.

Beaucoup de choses ont été dites et écrite* sur l'emploi de ce vêtement, que tous les hygiénistes s'accordent à regarder en général comme dangereux ; on peut répéter à propos du corset ce qui est vrai de tout agent hygiénique ou thérapeutique : les dangers ne naissent que d'un usage mal entendu ; sagement utilisé, le corset peut rendre des services; comme instrument de compression, il est excessivement funeste, il diminue la capacité des cavités abdominale et thoracique ; il nuit à l'élaboration digestive aussi bien qu'à l'élaboration pulmonaire ; aussi nous ne saurions trop nous élever contre les abus engendrés par une mode qui pense flatter les yeux en dénaturant les justes proportions du corps humain, et qui semble confondre aussi complaisamment le beau avec le monstrueux. Mais Ton ne saurait refuser de voir dans le corset un moyen utile d'empêcher la déviation de la colonne vertébrale chez ces jeunes filles grandes et minces, véritables plantes étiolées par l'hygiène vicieuse à laquelle les condamne le genre de vie que la mode impose dans les grandes villes à la classe riche de la société.

Renfermés le plus souvent dans l'atmosphère confinée des appartements, loin de l'influence vivifiante du grand air et du plein soleil des champs : énervés par une vie oisive, par le manque d'exercices musculaires, par ces nombreuses nuits qu'ils arrachent au sommeil pour les dépenser dans l'agi-

lation et la surexcitation funeste qu'occasionnent }es bals, ces êtres fragiles ne tardent pas à voir leur nutrition languir, leur développement s'affaiblir, et le système musculaire participer à l'atonie générale. C'est ainsi que deviennent incomplets les mouvements du thorax, et c'est ainsi encore que, par un mécanisme si bien étudié par Pravaz, finit par se déformer la colonne vertébrale et, partant, la cage thoracique. La station prolongée assise que nécessitent les longues heures de piano ou la broderie imposées par la mode à ces malheureuses victimes de notre régime social , celte station ne peut se maintenir sans le concours longtemps soutenu des muscles des gouttières vertébrales ; mais leur faiblesse ne leur permettant pas de soutenir longtemps l'effort qui leur est imposé , le rachis est volontairement incurvé afin que les ligaments vertébraux puissent venir en aide aux puissances musculaires qui font défaut , et ainsi finit par s'établir une déformation permanente de la cage thoracique.

On comprend que dans ces cas le corset puisse , comme moyen de sustentation, rendre quelques services ; mais des considérations précédentes il ressort aussi que ce vêtement ne peut être qu'une sorte de palliatif, et que le véritable remède de ces sortes de déformation du thorax, doit consister dans une gymnastique bien ordonnée du système musculaire en général et des muscles respiratoires en particulier.

119. — Comme les muscles qui servent à la respiration ont un ou plusieurs joints d'attache sur le membre supérieur et concourent aux mouvements cle ce membre de même qu'au mouvement du thorax, il est évident que tous les exercices qui mettront en jeu surtout les membres thoraciques, favoriseront par cela même les puissances musculaires respira triées.

On retirera donc de très-bons effets de l'escrime et de tous les jeux qui nécessitent des mouvements analogues : le jeu de billard, les jeux de paume , du mail, des quilles, des boules, du volant, etc., seront très-heureusement employés; Faction de ramer sera aussi avantageusement conseillée ; la natation pourra rendre d'incontestables services, tant par l'action stimulante que peut avoir l'eau froide sur les fonctions cutanées, que par les nombreuses actions musculaires que Ton est obligé de faire concourir pour conserver l'équilibre à la surface de l'eau : la natation sur le ventre sera donc . sous ce dernier point de vue , préférable à la natation sur le dos , et l'on obtiendra encore un plus grand développement de la poitrine par la natation dite à brassées , dans laquelle les bras sortent tour à tour hors de l'eau , et les muscles pectoraux , grand dorsal et deltoïde, sont spécialement en action.

Cette gymnastique particulière des muscles respirateurs a , du reste , été préconisée dans ces derniers temps par de nombreux médecins étran-

gers (1), spécialement contre la phthisie pulmonaire, et dernièrement encore M. le docteur Davis de New- York (2) a proposé de suspendre par les bras les enfants à un trapèze, et de les amener progressivement, à mesure que leurs muscles se fortifieront, aux exercices si variés de cet instrument de gymnase. Pour l'auteur que nous citons, un pareil moyen serait, non-seulement préventif, mais même curatif de la phthisie pulmonaire. On a recommandé aussi, dans le but de développer la poitrine chez les enfants, de porter fortement leurs épaules en arrière et de les maintenir un temps plus ou moins long dans cette position.

120. — A tous ces exercices dont il serait injuste de méconnaître l'importance, on joindra avec avantage l'usage des respirations forcées , soit qu'on les exécute spontanément d'après la méthode que M. Piorry a dernièrement conseillée, dans le but de débarrasser les bronches des sécrétions qui pourraient les encombrer (5), soit qu'on les sollicite au moyen d'appareils particuliers.

(1) Slendel : TVurlemb. med. corresp., 4855, n" 45, 46. — Berend : Zeitschr. d. deulschen chir. vereîns, tome ix, page 2-16. — Ideler : Med. vereins zeitung, -1856, n" 44, 42. — Edw. Smith : Lancet, \'T nov. 1853, et British med. journal, 4857. — Voyez Gazette hebdomadaire, -1858.

(2) Davis : The american médical monthly, mars 4858.

(3) Piorry : Académie des sciences , séance du 2 novembre

M. Steinbrenner (1) se servait d'un vase de fer blanc à moitié rempli d'eau, dont le couvercle était percé de deux ouvertures : Tune communiquait avec la bouche du malade, et l'autre, bien plus étroite , communiquant avec l'air extérieur , l'obstacle que l'étroitesse de cette dernière ouverture apportait à l'entrée ou à la sortie de l'air, nécessitait des efforts respirateurs assez énergiques pour exercer utilement les forces musculaires pendant l'inspiration, et pour amener pendant l'expiration une plus complète dilatation des poumons et de la cage thoracique.

L'usage des différents spiromètres, dont on se sert pour mesurer la capacité de la poitrine, pourrait présenter des avantages analogues comme favorisant l'amplitude des respirations. C'est par la même raison que l'on conseillera le chant, l'habitude de lire ou déparier àhaute voix: c'est en effet, au professorat que Cuvier attribuait le bonheur d'avoir été préservé de la phthisie pulmonaire dont il était menacé pendant sa jeunesse : rappelons aussi qu'un des effets du bain d'air comprimé est cette dilatation excentrique, ou de dedans en dehors du poumon, que les manœuvres que nous venons d'indiquer produisent par l'expiration forcée.

121. — Nous ne voudrions pas en insistant sur les heureux résultats des exercices du système

(1) Steinbrenner : V Expérience, avril -1840.

musculaire respirateur, faire méconnaître les bons effets que Ton est en droit d'attendre des autres moyens empruntés à la gymnastique ; quoique leur action sur l'appareil pulmonaire soit moins direct, on ne peut douter qu'ils activent les mouvements de la respiration, favorisent la circulation et les actes d'excrétion, et que par cela même l'absorption interstitielle soit augmentée et le mouvement de la nutrition accéléré, comme Je démontre si bien l'heureux accroissement de la température animale.

Tous les exercices gymnastiques seront donc avantageusement mis en usage ; on les proportionnera toutefois aux forces des individus d'une part, et d'une autre part à la richesse de l'alimentation, sous peine d'arriver à l'épuisement, alors que Ton recherchait seulement un stimulant.

Les exercices passifs, les promenades en voiture, en bateau seront donc utiles aux personnes par trop affaiblies, et l'on arrivera progressivement ainsi aux exercices mixtes, tels que l'équitation, la balançoire, etc., pour passer ensuite aux exercices actifs dont on pourra régler méthodiquement la durée et l'intensité. En même temps on ordonnera une nourriture abondante et substantielle, pour réparer la perte qu'occasionnera l'énergie des actes de désassimilation et pour fournir des aliments aux actes d'assimilation.

Quoi de plus vrai, en effet, que cette corrélation qui existe entre l'élaboration digestive et l'élaboration respiratoire, et qui fait de ces deux fonctions

deux fonctions solidaires? La saule peut être altérée aussi bien par la langueur de ces deux actes nutritifs, que par la rupture de l'harmonie qui doit exister entre eux. Dans la classe riche, la nourriture est trop abondante et trop succulente pour la pauvreté de la respiration, c'est le contraire que l'on remarque chez le manœuvrier. Voilà la raison de l'apparition des affections goutteuses chez les premiers, et des affections scrofulo-tuberculeuses chez les seconds.

Des moyens cïactiver les fonctions de Vappareil respiratoire cutané.

122. — Les expériences physiologiques modernes rendent incontestable la large part qui est accordée à la peau, aussi bien dans l'absorption de l'oxygène que dans l'excrétion des matières vieillies et brûlées dans l'organisme. Cette membrane sert donc à la nutrition, puisqu'elle sert à la fois à l'assimilation et à la désassimilalion ; le puissant foyer de chaleur dont elle est le siège (1) prouve d'une manière certaine l'importance des actes chimiques qui se passent en elle. Le ralentissement de ces fonctions doit donc avoir un fâcheux retentissement sur la santé générale : tous les pathologistes

( I ) Berne : Du système cutané au point de vue de ses fonctions ; de la mort aiguë par la peau, et de la pathogénie chez Vhomme. — Thèse inaugurale, Paris, -1854.

s'accordent, en effet, pour y voir une des causes les plus fréquentes de la diathèse tuberculeuse.

De ces faits découle l'immense importance que le physiologiste doit reconnaître à la respiration cutanée, et les efforts que l'hygiéniste doit tenter afin de l'activer ou d'en empêcher la diminution, résultat auquel il pourra arriver, d'une part, en enlevant les obstacles mécaniques qui pourraient s'opposer au libre échange des gaz à travers la peau, et, d'un autre côté, en excitant directement la vitalité de cet appareil respirateur.

123. — Nous abordons ainsi un nouvel ordre de moyens prophylactiques dont les soins de propreté forment la base. — En effet, le renouvellement et la desquamation continuelle de l'épiderme, ainsi que les différentes poussières tenues en suspension dans l'atmosphère, sont bientôt reliées par les sé-r crétions que fournit l'enveloppe cutanée, et. forment de la sorte une espèce d'enduit qui gêne mécaniquement la respiration de la peau, et amène à la longue des accidents comparables à ceux que M. Bernard obtient en huilant ou en vernissant des animaux. — Les grands bains suffisamment répétés seront donc d'une nécessité absolue, et l'on retirera aussi de grands avantages des frictions pratiquées avec des linges humides, ou mieux encore avec des linges secs, ou des brosses plus ou moins rudes. — Non-seulement la peau sera, par ce moyen, débarrassée de l'enduit épidermique qui mécaniquement

gênait ses fondions, mais encore la légère excitation qu'elle en recevra augmentera sa vitalité et sa tonicité, tout en favorisant la circulation capillaire. Le massage, les diverses manœuvres hydrothérapiques, les bains d'eau froide ou d'eau minéralisée, l'excitation électrique, forment autant d'excitants artificiels que l'on emploiera avec avantage et dont, bien entendu, le médecin devra proportionner les doses aux besoins physiologiques des individus.

124. — A côté de ces stimulants du tégument pulmono-cutané, nous devons mentionner certains agents climatériques, tels que la pression, l'hygrométricité, la température, la lumière, l'électricité atmosphériques, que l'on peut, à juste titre, considérer comme des stimulants naturels et dont l'action, quoique générale sur l'organisme, se fait sentir primitivement et principalement sur la peau.

125. — Tous les physiologistes sont unanimes pour reconnaître l'importance que la lumière a sur les êtres vivants ; on sait que les plantes s'étiolent et se décolorent à l'obscurité, et M. Alph. de Decandolle (1) a démontré que des végétaux semés le même jour et à des expositions différentes n'arrivaient pas à la même époque à floraison et à maturation. Les pieds qui végétaient à l'ombre étaient

•1) Alph. de Candollc : Géographie botanique, p. 25, -1855.

inoins précoces que eclix qui étaient exposés au soleil.

Les animaux présentent des phénomènes analogues. M. Coster a fait mourir des chiens de la phthio

sie pulmonaire en les emprisonnant dans des caves, loin de la lumière, quoiqu'il leur laissât la faculté de se promener en liberté dans leur prison. Ces faits sont en parfait accord avec le résultat des expériences de MM. Moleschott (1), Biclder et Schmidt (2) qui ont mis hors de doute l'influence dépressive que l'obscurité avait sur les actes chimiques de la respiration. — Dernièrement encore, MM. Niepce de Saint-Victor et L, Corvisart (5) sont venus apporter de nouvelles preuves en faveur de l'importance que l'on doit reconnaître à la lumière dans les divers phénomènes de la chimie vivante. Dans une note communiquée à l'Académie des sciences, le 5 septembre 1859, ces deux physiologistes ont démontré que la lumière a la propriété de hâter la transformation en sucre, aussi bien de l'amidon animal que de l'amidon végétal. Si, en effet, on place des grenouilles dans l'obscurité, le foie de ces animaux cesse de produire du sucre ; l'abondante quantité de glycogène des tissus cutanés du

(-1) Molescholt : Annales des sciences zoologiques , série 4, lome 4, page 207.

(2) Bidder et Schmidt : Die verdauicngseaefte und der stoffrvechsel, page 317.

(3) Archives générales de médecine, H! 850.

fœtus disparaît à la naissance par l'action de la lumière ; si bien qu'au moyen de l'obscurité on peut immobiliser la matière glycogène dans le foie ou dans les autres tissus des animaux, comme l'amidon végétal dans les graines ou les tubercules des plantes.

L'action de la lumière sur l'organisme humain n'est pas moins évidente ; on sait que cet agent atmosphérique fait prédominer les caractères du tempérament bilieux chez ceux qui sont soumis à son heureuse influence ; nul doute que telle est l'origine de la complexion bilieuse si commune dans les pays méridionaux. Si à son action bienfaisante se joint une nourriture riche et abondante et un exercice corporel habituel, on ne tarde pas à voir apparaître les attributs du tempérament sanguin ou bilioso-sanguin si défavorable à la genèse de la diathèse scrofulo-luberculeuse. — N'est-ce pas par son travail pénible exercé habituellement en plein air et au soleil, que le manœuvrier a acquis cette forte complexion qui le caractérise en général? Que l'on compare à son habitus la décoloration du sang, la pâleur des tissus et la flaccidité des chairs que l'on observe chez les individus habituellement soustraits aux rayons du soleil, et l'on ne tardera pas à reconnaître que l'obscurité est une des causes les plus puissantes du tempérament lymphatique et de ses dégénérescences.

Rien de plus funeste, par conséquent, que cette vie sédentaire imposée à un très-grand nombre d'habitants de nos villes, que les exigences de leurs

professions obligent à séjourner dans des bureaux, des magasins ou des ateliers mal éclairés et le plus souvent humides.

12G. — L'humidité est l'agent atmosphérique qui accompagne le plus souvent le manque de lumière, et celte cause n'est pas moins funeste à la santé que l'obscurité.

Quoique les expériences de Lehmann (1) aient démontré que la quantité d'acide carbonique rendue par les poumons augmente avec l'humidité de l'air, la diminution de l'exhalation cutanée, incontestable dans une atmosphère humide (2), ainsi que la langueur générale de toutes les fonctions, sont une preuve irréfragable de la funeste influence de cet agent climatérique : « de toutes les qualités de l'atmosphère, la plus débilitante, la plus relâchante est celle dont nous parlons, dit M. Rostan (3); les organes dépourvus d'énergie exécutent avec peine, avec lenteur les fonctions qui leur sont confiées, tous les tissus sont frappés d'une mollesse remarquable, et leur action est languissante » Et plus

loin : « Si cet état de l'atmosphère persiste pendant un certain temps, les individus prennent les attri-

(1) Lehmann : Lehrbuch (1er Physiologischen chemie, 4853.

(2) Edwards : Influence des agents physiques sur la vie, p. 245, 594, 64 I.

(3) Rostan : Dictionnaire de médecine, en 30 volumes, tom.4, page 252, 253.

buts du tempérament lymphatique; les chairs sont molles et comme boursoufflécs, la peau décolorée; une débilité générale s'empare d'eux. »

On veillera donc avec le plus grand soin à ce que l'habitation soit non-seulement exposée à la lumière, mais encore à ce qu'elle soit exemple de toute humidité. — Que de tubercules nés dans ces bas fonds froids et humides, dont les murs tapissés de moisissure attestent suffisamment les dangers !

127. — La température de l'atmosphère peut offrir de précieuses ressources comme excitant des fonctions cutanées, et comme tel, un froid intense, de même qu'une intense chaleur, offriront de précieux avantages pour ces constitutions affaiblies auxquelles les stimulants sont une nécessité. On conseillera donc avec raison, dans ces cas, des voyages dans des climats à température opposée. Un habitant du Midi se trouvera bien d'un léger séjour dans une province septentrionale, de même qu'un individu languissant dans le Nord verra ses fonctions surexcitées par une excursion dans les pays méridionaux. — On s'entourera, du reste, dans de pareilles circonstances, de toutes les précautions qu'exigent les brusques changements de température et les lois de l'acclimatation, afin de ne pas dépasser le but et pousser la simple surexcitation des actes organiques jusqu'à la perversion.

Mais si la chaleur et le froid, appliqués ainsi, pour ainsi dire, d'une manière momentanée, peu-

vent être d'une grande utilité, en serait-il de même de l'action prolongée de ces mêmes agents ? Doit-on, en un mot, dans la prophylaxie de la dialhèse tuberculeuse, recommander ou proscrire le séjour habituel dans les pays chauds ou dans les pays froids?

Telle est la question que se sont posée la plupart des auteurs qui ont écrit sur la phthisie pulmonaire : .ainsi posée elle ne devait conduire qu'à des résultats contradictoires ; c'est, en effet, moins la moyenne de la température atmosphérique que l'uniformité de celte température que l'on doit avoir en vue dans la prophylaxie de la diathèse tuberculeuse. Quel que soit le climat d'un lieu, l'organisme finit par se plier à ses exigences, pourvu qu'il soit uniforme ; le tempérament peut être modifié par son caractère thermométrique, mais la constitution n'en éprouve que peu d'altération ; en effet, à côté de nombreuses causes de débilitation, les climats chauds comme les climats froids en présentent de non moins puissantes d'excitation et de tonicité.

La chaleur, il est vrai, tend à amener une sorte de langueur dans les actes vitaux , les mouvements semblent paresseux, on est invité malgré soi au sommeil et à l'oisiveté; les actes digestifs sont pénibles, et la respiration est elle-même très-affaiblie (1); mais à côté de cette influence débilitante

(1) Si les recherches de M. Edwards , Marchand , Spallanzanî, Tréviranus, etc. , ont montré chez les animaux à sang froid uno augmentation dans l'oxygène absorhé et l'acide carbonique exhaéU

on ne saurait refuser à une température élevée une certaine action tonique stimulante sur les actes organiques : elle accélère, en effetj la circulation (1) et augmente l'exhalation pulmonaire et cutanée en même temps qu'elle active l'absorption intestinale ; si Ton joint à cela l'heureuse action tic la lumière solaire sur l'organisme, on comprend que dans les régions tropicales la constitution puisse rester intacte, les causes reconstituantes contrebalançant les effets des causes d'épuisement. — La même observation peut s'appliquer aux régions dans lesquelles règne un froid intense : si,en effet le froid est une cause de débilitation, par la langueur dans laquelle il jette l'appareil circulatoire, et surtout la circulation capillaire cutanée, dont l'importance est si grande au point de vue respiratoire, on ne peut mettre en doute qu'il augmente l'absorption de l'oxygène, et augmentant la densité de l'air, qu'il ne favorise l'hématose et n'imprime à l'appétit et à la digestion une heuseusc influence.

128. — Un climat uniforme est donc peu dangereux, quel que soit le degré de la température moyenne ; la vitalité pourra seulement changer de

sous l'influence d'une température élevée , les expériences de Crawfort, Delaroche, Leleiller, Regnault et Reisel, Vierordt, etc. , ont prouvé que chez les animaux supérieurs des phénomènes inverses se passaient dans les mêmes circonstances. (1) Milne Edwards ; Physiologie comparée, tome 4, -page 77.

caractère, sons telle ou telle influence atmosphérique; le tempérament bilieux prédominera dans le midi, tandis que le tempérament sanguin se manifestera plus particulièrement dans le nord, mais la constitution pourra rester inébranlée, surtout si l'on favorise l'acclimatement par une nourriture bien entendue et une heureuse hygiène de l'appareil cutané.

Au contraire rien n'est plus funeste que les brusques et fréquentes variations de température; c'est à elles que l'on doit rapporter la fréquence des tubercules pulmonaires dans les régions tropicales (1), tandis que la diathèse tuberculeuse est presque inconnue dans les régions polaires dont la température est très-uniforme. Nous ne nions pas que ces alternatives répétées de chaud et de froid, ne puissent débiliter l'organisme par la perversion plus ou moins prolongée qu'elles entraînent dans les actes organiques, et ne deviennent par cela même à la longue une cause déterminante de la tuberculose diathésique ; mais elles ne nous paraissent être le plus souvent que des causes occasionnelles de jetées tuberculeuses, par les mouvements fluxionnaires qu'elles entraînent surtout du côté des poumons, et par cette raison l'étude des moyens à employer pour se soustraire à leur funeste influence, appartient moins à la prophylaxie de la diathèse tuberculeuse, qu'à celle de son produit pathologique.

(1) Boudin : Traité de géographie et de statistique médicales lome 2, page C9G

129. — Les détails dans lesquels nous sommes entré, dans les lignes précédentes, sont suffisants pour régler l'emploi que Ton doit faire des v<A;(< ments comme adjuvants des fonctions cutanées Protéger la peau contre les brusques variations de température sans nuire à ses actes d'absorption et d'exhalation, et sans la soustraire trop complète ment aux agents atmosphériques ses excitants naturels, telle est l'indication qu'ils doivent cire appelés à remplir.

Nous condamnons donc cette habitude vicieuse que l'on a de multiplier les vêtements pour combattre l'intolérance du tégument cutané, au Heu de chercher à la vaincre par une gymnastique appropriée, ou par une nourriture riche et abondante, véritables agents capables d'augmenter la calorificalion organique. Cet empressement que Ion apporte à se couvrir rendra, il est vrai, quelques services chez les personnes faibles et délicates si facilement impressionnables par les modificateurs climatériques ; mais même dans ces circonstances, on ne doit considérer les vêtements que comme de simples palliatifs. — Ce n'est qu'en insistant sur les moyens hygiéniques que nous avons précédemment énoncés, que l'on calmera cet éréthisme cutané.

Quant aux tissus de laine appliqués immédiatement sur la peau, le douce excitation qu'ils occasionneront pourra heureusement être mise à profit. On évitera toutefois qu'un usage prolongé d'une

manière Irop continue, ne vienne éinousser leur propriété stimulante et ne transforme une mesure utile en un besoin dangereux. On suspendra donc de temps à autre l'emploi des vêtements de flanelle, surtout pendant les saisons chaudes et tempérées; il sera bon aussi de s'en priver pendant la nuit, afin de ne pas ajouter inutilement à la douce température du lit.

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