LE OR
Le 28 octobre, revient de nouveau dans le service, cette fois pour des accidents abdominaux: ascite assez considérable, sans circulation collatérale, ventre peu douloureux.
Foie, cœur, poumons normaux.
Cette ascite, bien que favorablement influencée par des injections intra-péritonéales de solution iodo-iodurée persiste et se reproduit lentement, nécessitant plusieurs ponctions qui donnent un liquide citrin dont la quantité ne dépasse jamais cinq litres.
On trouve en même temps de la submatité et de la diminution de la respiration à la base droite.
Le 22 janvier, le malade qui avait déjà eu vers le 15 décembre et le 3 janvier, des crises d’oligurie, meurt dans l’anurie cinq jours après un lavage du péritoine à l’eau boriquée naphtolée.
À l’autopsie : on trouve le péritoine et la plèvre droite épaissis, blanchâtres, lisses, sans aucune trace de granulation. En outre les reins sont petits, contractés, avec des artérioles béantes à la coupe, et présentent de petits kystes à leur surface. Tous les autres viscères sont sains.
Le diagnostic était resté hésitant jusqu’à l’autopsie, la cause de cette lésion pleurale et péritonéale échappait. En effet si d’un côté l'absence de troubles de la santé générale, l’absence de fièvre (sauf cependant lors de la première pleurésie) devaient éloigner du diagnostic de tubereulose, les symptômes du mal dé Bright étaient si effacés qu’on ne leur accorda pas l'attention qu'ils méritaient. Recherchés cependant dans l’histoire de la maladie après que le diagnostic fut fait par l’autopsie, on retrouvait : le début lent et consécutif à une maladie infectieuse, l’œdème des jambes, l’abuminurie légère constatée pendant
Tps
quelque temps, la poussée de bronchite et les accidents cardiaques passagers du mois de juillet el enfin les deux crises oliguriques. Aucun de ces symptômes n’élait bien accusé, mais ils formaient par leur rapprochement un ensemble qui pouvait permeltre le diagnostic. Enfin, pour ajouter aux difficultés, une inoculation faite avec le liquide chez un cobaye tuberculeux donna la réaction de la tuberculine ! On voit donc que dans quelques cas très difficiles ce n’est que par la minutie de l'examen clinique que l’on pourra arriver à différencier la tuberculose péritonéo-pleurale des péritonites et pleurésies chroniques simples.
Mais le diagnostic qui peut être de beaucoup le plus difficile est celui qui se pose entre la tuberculose et la carcinose péritonéo-pleurale aiguë. Le cancer peut en effel dans une de ses formes à évolution rapide, envahir le péritoine et les plèvres suivant un processus pathogénique en tous points semblable à celui de la tuberculose. Respectant les viscères et les ganglions, il donne lieu à un syndrôme péritonéo-pleural parallèle à celui de la tuberculose et-dans ces cas le diagnostic est des plus épineux.
M. Gaucher (1) a observé une périlonite sarcomateuse primitive subaiguë exactement limilée au péritoine qu'elle envahissait totalement et ayant évolué en l’espace de deux mois. Il insiste sur la difficulté du diagnostic avec la tuberculose, diagnostic qu’il dit presque impossible avant la ponction abdominale et la constatation d'une ascite sanguinolente. Mais ce signe n’a cependant pas une valeur absolue ; car s’il est vrai que les épanche-
(1) Gaucner, France médicale, mars 1883.