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ments cancéreux sont plus nettement hémorrhagiques en général, il y à cependant des cas où la tuberculose donne une ascite très hémorrhagique. Notre observation IX en est un exemple.
MM. Raymond et Brodeur (1) qui ont observé un cas de carcinose miliaire envahissant le péritoine, les plèvres et aussi Le péricarde et limitée strictement à ces séreuses, insistent sur ce fait que cette affection se montre très souvent dans l’extrême vieillesse. Leur malade avait 76 ans et deux observations antérieures de M. Charcot avaient trait à des sujets âgés de 76 et 84 ans. Ils remarquaient également que cette forme de cancer n’est pas héréditaire. Nouvelle analogie avec la forme de tuberculose que nous étudions, également peu héréditaire et qui se développe, sinon dans un âge aussi avancé, du moins relativement - tard, étant donné la fréquence habituelle des manifestations tuberculeuses dans le jeune âge.
M. Fernet, a souvent insisté devant nous sur les difficultés de ce diagnostic et il nous a cité à ce propos un cas des plus typiques. Il s’agit d’une malade entrée dans son service avec des signes de péritonite et de pleurésie double. Arrivée à la période ultime de la cachexie, elle ne pouvait fournir aucun renseignement ; on savait seulement qu’elle était malade depuis assez longtemps. L'examen de tous les viscères était négatif. Le diagnostic de maladie péritonéo-pleurale fut posé ; mais on ne pouvait que faire des suppositions sur la nature de cette affection. Cependant vu la plus grande fréquence des manifestations tu-
(4) Ravmonp et Broneur, Études sur la carcinose miliaire aiguë primitive généralisée. France médicale, 1883.
Una.
berculeuses, vu la marche subaiguë de l'affection, on s’arrêta à l’idée d’une tuberculose péritonéo-pleurale. La malade mourut au bout de 2 ou 3 jours. A l’autopsie on trouva tous les organes sains sauf le péritoine et les deux plèvres qui étaient envahis par de petites granulations ressemblant en tout point aux granulations tuberculeuses. Le diagnostic paraissait ainsi confirmé. En poursuivant l'examen on trouva cependant certaines de ces granulations plus volumineuses qui firent songer à la possibilité de la carcinose. La découverte sur la face interne des côtes de deux ou trois grosses granulations, ressemblant à des gouttes de cire, et nettement ombiliquées au centre montrèrent que c'était là en effet le diagnostic vrai, l'examen histologique vint d’ailleurs le confirmer ultérieurement.
On voit combien il peut être difficile de différencier ces deux affections puisque l’embarras peut continuer même pendant l’aulopsie ! C’est dans ces cas surtout que lon doit regretter que lexamen bactériologique du liquide ne donne pas de résultats certains. Il y aurait en effet un intérêt capital à pouvoir faire un diagnostic précoce, afin de formuler un pronostic qui sera si différent suivant la cause de la maladie. Aussi ne doit-on négliger aucune source de lumière et, puisque dans un cas Franckel (1) a pu faire le diagnostic de la nature cancéreuse d’une pleurésie hémorrbagique par l'examen microscopique du sédiment (où il a trouvé des cellules épithéliales polymorphes renfermant un gros noyau et des vacuoles), il faudra toujours procéder à cel examen.
(1) FranokeL, cité par Nerrer. Traité de médecine, t. IV, p. 1021.