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Après une dissection laborieuse, à l’autopsie, de la peau du cou, adhérente aux plans profonds tout autour de la fistule, il fut impossible de reconnaitre d’abord aucun des organes cervicaux. Tous semblaient avoir été coulés dans un bloc fibreux blanc nacré.
La suppuration torpide de cette strumite, Ia constatation de lésions bacillaires, cicatricielles et crétacées aux deux sommets des poumons, avaient fait songer à la tuberculose de la thyroïde. Cette hypothèse ne fut confirmée ni par l'inoculation du pus, ni par l'examen des lésions, qui ne révélèrent ni bacilles de Koch, ni formations cellulaires caractéristiques.
Cette observation nous montre donc que seuls, les examens de laboratoire peuvent dans certains cas, trancher le diagnostic entre une thyroïdite ou une strumite ligneuse dues à des infections banales, et une thyroïdite ligneuse tuberculeuse.
Comment donc poser un diagnostic avant l'intervention et par suite avant toute recherche de laboratoire, quand on ne peut déceler cliniquement des lésions tuberculeuses certaines, localisées en un point de l'organisme différent de la thyroïde.
L'absence des ganglions et des douleurs irradiées dans la thyroïdite ligneuse banale, peut-elle être un signe différentiel suffisant ? Il faudrait que cette ab- .sence soit certaine, à côté de la présence constante de ces phénomènes dans la thyroïdite tuberculeuse.
Le trop petit nombre d'observations connues encore, nous empêche d’affirmer une pareille opinion.
d) Avec l'actinomycose. — L'actinomycose en effet,
au début de son évolution tout au moins, peut dans certains cas simuler la thyroïdite ligneuse tuberculeuse. Voyons une observation de BÉéraro. Il s’agit d’un jeune officier de cavalerie qui, deux mois après desmas nœuvres au cours desquelles il avait mâché des épis de blé frais, présenta un plastron cutané induré avec une grosse augmentation de volume de la thyroïde, de ia gène de la déglutition, un peu de dyspnée, des douleurs péritrachéales profondes avec des irradiations à distance. On discuta le diagnostic de thyroïdite ligneuse. Mais l'évolution devait l'écarter bientôt:
des collections en effet se formèrent, furent ouvertes, et par de nombreuses fistules des grains jaunes caractéristiques furent évacués.
2° De l'abcès froid thyroïdien.— a) Avec les kystes thyroïdiens. — L'étude des observations que nous avons publiées nous montre que labcès thyroïdien peut emprunter son allure clinique à deux affections thyroïdiennes absolument dissemblables.
Schwartz (obs. VIIT), nous décrit une tumeur non fluctuante, ayant provoqué des accidents de compres-
sion, et dont la nature liquide ne put être affirmée que par la ponction. Il est évident que la ponction seule peut trancher le diagnostic entre une tumeur
solide et une tumeur liquide, quand la masse est pseudo-fluctuante ou n’est pas fluctuante. Avant la ponc-
tion, le diagnostic à discuter est celui d’une tumeur solide tel qne nous l'avons envisagé au début de ce