‹ De la tyrannieChapitre 59 sur 79 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Je terminerai mon ouvrage par cette réflexion, c'est que la rigueur des peines doit être relative à l'état actuel de la nation. Chez un peuple à peine sorti de l'état sauvage, les e.^prits endurcis ne seront frappés que par les plus fortes et les plus sensibles impressions. C'est à la foudre à terrasser le lion furieux que les coups de fusil ne font qu'irriter sans lui nuire; mais àmesui-e que les âmes s'amollissent dans l'état social, elles deviennent plus sensibles, et si l'on veut alors conserver les mêmes rapports entre l'objet et la sensation, il faut rendre les supplices moins rigoureux.

De toutes mes réflexions il résulte un théorème général aussi utile qu'il est peu conforme à l'usage, ce législateur ordinaire des nations.

Pour que tout châtiment ne soit pas un acte de violence exercé par un seul ou par plusieurs contre un citoyen , ii doit essentiellement être public , prompt j nécessaire f proportionné au délit , dicté par les lois, et le moins rigoureux possible dans les circonstances données,

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