‹ De la vaccination; (volume 2)Chapitre 27 sur 73 · SI LA VERTU PRBSERVATIVE DU VACCIN *TC · texte numérisé non relu

SI LA VERTU PRBSERVATIVE DU VACCIN *TC

Venons-en à l'objection que si la variole préserve pour toujours d'une rechute, le vaccin doit aussi préserver de la variole. Sans vouloir sonder comment ces maladies agissent sur l'organisme et quelles sont les modifications intimes qu'elles créent dans le procédé plastique, ni même rechercher si ces deux viras exercent ou non leur influence sur les mêmes éléments, nous dirons seulement que les phénomènes extérieurs ne nous permettent pas d'établir une parfaite analogie entre ces deux virus. Quelque étroite que soit la parenté de la variole et de la vaccine, nous avons déjà démontré qu'elles ne sont pas tout à fait identiques. Les effets qu'elles produisent ne peuvent donc être identiques. La variole est naturelle à l'homme, la vaccine est prise sur des êtres d'une autre espèce, et est forcément appliquée à l'homme; Tune produit une abondante éruption cutanée et une grave réaction générale, l'autre une simple éruption locale et un très-léger ressentiment général. Il ne faut donc pas s'étonner si la variole, maladie propre à l'espèce humaine, modifie plus profondément l'organisme, et le rend en conséquence moins apte que le vaccin à contracter une nouvelle fois la même maladie. Si même on voulait considérer le vaccin comme une fièvre éruptive,* on pourrait observer que cette fièvre peut revenir, étant notoire, par exemple, que les rechutes de la rougeole à de longs intervalles sont assez fréquentes. Mais il y a d'autres arguments plus graves contre la doctrine de l'efficacité absolue etper-

manente du vaccin. L'histoire des épidémies vario leuses nous démontre en effet que les succès des re vaccinations sont d'autant plus fréquents que l'âge des individus est plus avancé (jusqu'à 50 ans et au-delà); et que les cas de variole sont d'autant plus nombreux que le temps de la première inoculation est plus éloigné, et cela jusqu'à 35 ou 40 ans, époque où s'éteint ordinairement tant dans les prémunis que dans les non prémunis la réceptivité varioleuse.

Admettre la reproduction parfaite de la réceptivité ou un degré de la même, c'est expliquer le fait que la variole, lorsqu' elle assaille les personnes prémunies, revêt une sorte de modification en mieux, c'est-à-dire d'apparence varioleuse, et en des degrés si différents que l'on a quelquefois peine à reconnaître les traits caractéristiques du virus arabe.

Les revaccinés offrent dans les phénomènes qu'ils présentent la confirmation de cette théorie. Malgré leur variété, on peut diviser ces revaccinés en deux catégories. La première comprend les individus sur lesquels la revaccination ne produit aucun effet notable, ou tout au plus un développement plus ou moins apparent et durable, c'est-à-dire une légère réaction à r endroit des piqûres ou des incisions, qui cesse presque dès sa naissance. Ces phénomènes sont précieux parce qu'ils sont l'indice de la bonté de la lymphe et de la résistance de l'économie qui manque de prédisposition varioleuse. Citons M. Bousquet: La semence tombant sur un sol épuisé, fait quelque tentative de développement et s'arrête en chemin.

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