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de 30 à 40 p. 100, nous indique aussi que plusieurs résistent même à l'introduction forcée du vaccin. Si la moyenne des succès s'est élevée en Prusse jusqu'à 71 p. 100, on le doit aux influences particulières du climat II faut d'ailleurs calculer ces succès par le nombre des pustules que Ton obtient d'un grand nombre de piqûres.
Dans le but de mettre en harmonie la cause et les effets, nous dirons que la plus probable explication que Ton puisse donner à ce sujet, consiste dans la différence de réceptivité individuelle; c'est-à-dire en ce que chaque personne ne reçoit pas en naissant une ^ale quantité de réceptivité varioleuse. Il arrive ainsi souvent qu'en vertu de cette cause et peut-être aussi de la qualité de la lymphe et de l'influence de certaines maladies ou de certaines conditions atmosphériques, la réceptivité individuelle n'est pas entièrement détruite. La revaccination répétée inutilement jusqu'à six fois et suivie de la variole ou par contagion ou par inoculation, prouve qu'il y a des cas où la réceptivité presque anéantie peut encore se reproduire après un certain temps en entier ou partiellement. S'il en était autrement, comment pourrait-on expliquer le fait qu'une variole très-intense, plus grave même que la précédente, attaque des individus déjà marqués de la petite vérole confluente, tel qu' il est arrivé durant l'épidémie de Marseille et de Milan à des sujets qui présentant les plus profondes cicatrices de la variole n'en furent pas moins nouvellement infectés, à tel
point que l'un d'eux en mourut tellement marqué au visage qu'on l'appelait le Beuc (troué)? Gomment peuton sans admettre une différence dans la prédisposition individuelle expliquer le cas cité par De-Haen, d'un individu qui contracta sept fois la variole à laquelle il succomba finalement, ainsi qu'un grand nombre d'autres cas analogues rapportés par Dipmerbroek, Sarcone, Tozzetti, Borsieri et Frank? Et comment expliquer les cas contraires d'individus qui se sont toujours montrés réfractaires tant à la variole qu'à la vaccine? Dans notre chapitre sur la réceptivité nous avons développé cette question en citant divers exemples à l'appui de notre manière de voir. Nous ajoutons maintenant qu'il nous est encore arrivé en 1860 et en 1870 de rencontrer des individus réfractaires à 2 ou 3 vaccinations successives. Mais nous sommes heureux de noter que presque tous les auteurs qui ont admis ou contesté l'efficacité permanente du vaccin, conviennent qu'elle est en quelque sorte absolue jusqu'à 10 ou 15 ans, et qu'après cette époque on ne peut encore contester au vaccin une notable influence, au moyen de laquelle il modifie et paralyse tellement l'organisme, que lorsque la contagion survient, la fibre n'en ressent la triste impression que d'une manière superficielle et fugace. Il n'y a pas en effet de comparaison possible entre les phases d'une variole grave chez les non-prémunis, et celles d'une variole bénigne et rapide chez les vaccinés. Ainsi , même dans sa faiblesse, le vaccin est encore un préservatif.
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De ce que nous avons dit dans ce chapitre et dans celui de la réceptivité, nous croyons pouvoir conclure:
i° Que dans le plus grand nombre des cas le vaccin exerce une action préservative absolue pour 10 ou 15 ans.
2° Que dans un certain nombre d'individus cette
faculté dure toute la vie.
3» Que chez un grand nombre d'individus il se fait lieu Je 10 à 30 et jusqu'à 35 ans à un certain développement graduel de ce germe latent, en vertu duquel on peut contracter la variole ; mais que, même dans ces derniers, si le vaccin ne conserve pas toute son influence, il exerce néanmoins le plus souvent un certain degré de préservation qui modifie la variole. 4° Qu'il faut excepter les individus sur lesquels le vaccin n'a pu détruire qu'une partie de la réceptivité varioleuse, et qui peuvent ainsi après peu de temps contracter la variole ou un nouveau vaccin.
Ces conclusions découlent, à notre avis, de l'expérience de tous les pays. Si l'on ne peut établir d'une manière absolue que l'influence de la vaccine sur la réceptivité varioleuse dure toute la vie pour chaque personne, on ne peut non plus dire d'une manière absolue que cette influence ne dure qu'un temps plus ou moins long dans chaque individu. Nos conclusions nous semblent donc fondées.
Nous avons déjà répondu plus haut à la 2me partie delà question : — « Quelles sont les causes de la diffé-
renée du degré de préservation de la variole? > — Nous nous sommes longuement étendus sur l'idiosyncrasie ou la disposition différente des individus à contracter une maladie plutôt qu'une autre, et à la contracter d'une manière plus ou moins grave. Cette vérité saute aux yeux si Ton considère : i° Le divers degré de gravité que la variole assume dans ceux qu'elle frappe naturellement; 2° Les effets différents que la variole produit sur ceux qui la contractent ; 3° La vaccination elle-même ; car le vaccin qui réussit à merveille sur quelques-uns en développant sur eux les plus belles pustules avec les effets généraux les plus marqués, ne prend presque pas sur d'autres ou ne fait sortir sur eux que de chétives pustules avec peu ou point de ressentiment général. Il n' y a rien d'invariable dans les lois de la pathologie, même pour ce qui concerne les influences morbides contagieuses. Devant agir sur l' organisme vivant doué d'une résistance particulière, elles réussissent parfois à le vaincre; parfois elles sont repoussées et abattues en partie par le même.
Qu'arrive-t-il donc dans le cas pratique dont nous nous occupons? Il arrive que l'efficacité du vaccin est et doit être en soi-même toujours égale ; mais qu'étant appliqué à des organismes différents qui manifestent plus ou moins de prédisposition à la variole, il produit divers degrés d'influence et d'action. Telle est, d'après nous, la cause première de la différence du degré de préservation dans l'infection de la vaccine. Nous di-