DE LA VARICELLE 00 VARIOLE VOLANTE
Sur ce sujet si épineux, dont on peut dire avec raison adhuc subjudice lis est, nous nous bornerons à mettre sous les yeux des lecteurs les résultats de nos observations personnelles. La varicelle a déjà régné plusieurs fois dans la province oh nous exerçons notre profession, parfois épidémiquement et en coïncidence avec la petite vérole, et parfois toute seule. Elle a eu plus spécialement ce dernier caractère en 1835. Elle se développa aux mois de mars, avril et mai, sans qu'aucun cas de petite vérole eût jamais été constaté avant ou après. L'exanthème avait sans doute un caractère et une nature éminemment contagieuse. Il attaquait l'enfance sans distinction de vaccinés et de varioles. Ayant été requis en cette circonstance de vacciner l'enfant d'un de nos amis, nous le trouvâmes atteint de la variole volante. Nous dûmes donc suspendre l'inoculation jusqu'à ce
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que l'exanthème eût commencé à décroître. Le pus ayant été ensuite appliqué à cet enfant et à d'autres qui, comme loi, avaient souffert la varicelle, nous obtînmes une bonne vaccine. Peu de temps après, nous visitâmes le fils d'un certain S., qui était affecté d'une varicelle plus grave que les précédentes. Les vessies étaient bien plus nombreuses, plus rapprochées les unes des autres et interséquées par des papules de forme ovoïde. Nous manifestâmes aux parents le désir de remettre à quelques jours l'opération qui en ce moment nous paraissait être difficile. Les parents, malheureusement, ne suivirent pas notre conseil, persuadés qu'ils étaient, sur la déclaration d'un autre médecin, que l'exanthème qui s'était manifesté était certainement la variole. Quelques mois après, la petite vérole ayant éclaté dans la ville, cet enfant en fut atteint et y succomba (1).
Ayant été requis de vacciner un autre enfant, nous constatâmes qu'il avait des signes évidents d'un exanthème encore caché et qui se manifesta ensuite par la varicelle. Le malade fut confié à nos soins, et une prompte vaccination eut un résultat très-heureux. La varicelle se répandit de nouveau sans coïncidence de variole au printemps de 1841. Elle avait
(1) Bousquet cite des cas semblables (1. c-, pag. 431). Le docL Poilrom rapporte que plusieurs petits enfante ayant été atteinte de la varicelle, leurs parente croyant qu'ils avaient contracté la petite vérole, réfutèrent de les faire vacciner. Mais il arriva que la plupart de ces enfante contractèrent quelques mois plos tard la variole à laquelle ils ne purent survivre.