‹ De la vaccination; (volume 2)Chapitre 47 sur 73 · DE LA VARICELLE OU VARIOLE VOLANTE · texte numérisé non relu

DE LA VARICELLE OU VARIOLE VOLANTE

un caractère bénin, semblable à celle de 1835. Quatre enfants (1) contractèrent la maladie; et le dernier, qui était encore à la mamelle, la communiqua à sa mère qui F allaitait. Dans toutes les familles qui en furent atteintes, Finfection fit son cours de la manière qui a été décrite par Ingrassia comme suit: Il y a, écrit-il , un troisième genre de pustules familières aux enfants et semblables à la variole par la grandeur et la forme ; mais ejles se distinguent de la variole en ce que celle-ci entraîne avec elle Vinfiammation, tandis que les pustules dont nous parlons^ sont blanches comme de petites vessies pleines d*une humeur séreuse. Elles crèvent en trois jours, elles n'apportent ordinairement aucun danger, et se dessèchent sans fièvre. À ce genre de pustules nos femmelettes donnent ordinairement le nom de vérolette.

Trois enfants (2) avaient déjà été vaccinés avec un succès complet, et le dernier âgé de trois mois et non •encore vacciné, fut aussi inoculé avec succès peu de jours après la varicelle. Ce qui démontrerait que cette maladie ne préserve ni de la variole ni de la vaccine, et qu'au moins sous ce rapport spécial on ne doit pas la classer parmi les affections varioleuses.

Quelques cas de varicelle ayant continué à se manifester la même année dans la ville et dans la campagne sans aucune coïncidence de variole , nous eûmes occasion de vacciner deux enfants. Deux ou

(1) Mon père parle ici de sa propre famille.

[i] C'est toujours de notre famille que parle mon père.

trois jours après ils eurent sur tout le corps de petites vessies varicelleuses qui firent leur cours dans une semaine. Durant cet exanthème l'inoculation ne donna aucun résultat. Nous avouons que nous avions presque perdu tout espoir, lorsqu'au onzième jour et mieux encore au douzième, se manifestèrent quelques signes de l'exanthème vaccinal avec toutes les formes caractéristiques qui l'accompagnent ordinairement. L'année dernière (1876) une épidémie de varicelle éclata dans notre ville, et attaqua sans distinction les vaccinés et les non vaccinés. Dans la famille d'un de nos amis trois enfants déjà vaccinés gagnèrent la maladie dominante; le quatrième encore à la mamelle et que nous avions vacpiné dans cette occasion, eut d'abord une vaccine régulière, puis la varicelle, comme ses frères.

Il résulte ainsi que la variole volante ou varicelle est un exanthème sut generis, dont les lois diffèrent de celles de la petite vérole. Il est opportun de remarquer que de nombreuses observations analogues aux précédentes sont enregistrées dans les annales de la médecine. Rhazès, le premier, dit en parlant de cette éruption qu'elle était douce et bâtarde, qu'elle régnait parfois sous forme épidémique, et qu'elle ne préservait jamais de la petite vérole. Ingrassia, Vidio Vido, Rivera, Morton, Aberden, Frank, Sacco, Heim, Grégory, et surtout les dermathologues Willam et Batteman furent unanimes à affirmer la nature spéciale de cette maladie. Nous ne croyons pas nécessaire de

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