OU SYSTÈME ÉTRANGE DE M. VERDÉ-DELISLE
que la variole est salutaire et qu'elle peut prévenir et guérir les tubercules, le cancer, les scrophules etc., et que le tubercule en particulier peut même être guéri lorsqu'il est dans ses dernières phases et qu'il n'y a plus d'espérance de guérison. « Lorsque, dit M. Verdé,
< les organes respiratoires sont envahis, lorsque de « guerre lasse le médecin se retire et rend le malade
< à un ennemi qui ne fait jamais grâce ; enfin, lorsque
< tout est désespéré, il est encore une ressource, en
< ce moment-là même. Telle est la puissance de cette « généreuse fermentation, que la variole peut encore
< présenter une chance de salut ».
Que si malgré tant d'insistance, quelqu'un doutait encore des miracles de la variole, le doct. Verdé ne se décourage pas, et, continuant ses hyperboles, il ajoute:
< Nous avons vu les tubercules se dissoudre sous Fin-
< fluence de la fermentation variolique ; nous avons € vu le sang chargé de cette matière à l'état liquide
< l'emporter jusqu'à la peau, oh elle se concrétait de
< nouveau ; nous avons vu la matière tuberculeuse «blanchir, se dessécher et disparaître, après avoir.
< laissé sur la peau, tout comme elle eût fait aux
< poumons, des traces de son action corrosive ». Tout homme de bon sens comprendra facilement que
ces ca§, incomplets par leur nombre et par leurs circonstances, ne peuvent tout au plus être admis que comme des exceptions, et non comme fondement de vérités cliniques et thérapeutiques ; car ils ne présentent pas les caractères essentiels de la vraie observa-
tion. On pourra en définitive leur attribuer cette explication rationnelle pathologique qui a été admise ailleurs et a été vérifiée par Hippocrate: Duobus làborïbus simulabortis non in eodem loco, vehementior obscurat alterum. En effet Ton voit des cas de maladies rebelles qui cèdent comme par enchantement à quelque agent extraordinaire et à un profond dérangement de l'économie. C'est pourquoi si nous reconnaissons volontiers avec M. Verdé que les faits constituent sans doute le premier et unique fondement de toute déduction pathologique, nous ne pouvons omettre d'autre part que d'autres conditions plus essentielles sont requises, si Ton veut que les faits puissent servir à jeter de nouvelles bases pathologiques et thérapeutiques. D'après Tommasini (i)il faut que le fait soit entier, conforme, observé dans les malades et sur les cadavres; il faut qu'il se répète dans un grand nombre de cas et qu'il se vérifie en plusieurs circonstances diverses. Il arrive même que plusieurs de ces faits médicaux ne suffisent pas pour se jeter, comme le voudrait M. Verdé, à la traverse des dogmes officiels et bouleverser toutes les idées reçues, à moins qu'ils ne renferment les conditions établies par M. Tommasini. < Même les faits recueillis en grande nombre, dit ce dernier, , ont sou-
< vent besoin d'être interprétés selon les principes de « la meilleure philosophie, pour que l'on puisse en dé-
< duire les bases d'une doctrine. Ici cesse la compé-
(1) Actes de la session médicale du deuxième congrès scientifique italien, pag. 299 et 300.