DU SYSTÈME ÉTRANGE DE M. YERDE-DELISLE
< tence des médecins isolés, car il est facile que chacun
< les interprète dans un sens favorable à quelque idée
< préconçue. S'élever à des maximes générales et à
< des principes, fonder une doctrine sur les faits, la
< modifier et la détruire même pour en reconstruire
< une meilleure, ne peut être que l'œuvre de la coopé-
< ration et de l'opinion conforme d'un grand nombre
< de savants. Et cette œuvre ne s'accomplira jamais
< si l'on ne procède avec cette tranquillité et ce dé-
< sintéressement qui peuvent seuls nous conduire à la € découverte de la vérité ». Le père de la médecine avait déjà reconnu de son temps, et d'autres constatèrent plus tard que le style trop affirmatif ne peut qu'en imposer aux ignorants. Fallaco enimy dit-il, et ad errorem proclivis asseveratio, quœ est cum garrulitate conjuncta (Prœcepta, sect. 1K). •
Malgré ces maximes fondamentales de la véritable observation, Verdé prétend que désormais l'on ne peut plus considérer la variole comme un accident pathologique et un mal épouvantable, ainsi qu'on l'a fait jusqu'ici ; mais plutôt comme un grand travail presque physiologique. À cet effet il recourt aux idées humoristiques des anciens et surtout à celles de Rhazes, d'Ambroise Paré et de Sydenham, d'après lesquels la variole est un émonctoire ou une maladie qui élimine nécessairement les maladies des enfants. Il s'incline devant le premier de ces auteurs qui a fait connaître au IX siècle que la fermentation du sang provoquée par la variole remplit les mêmes fonctions que le
moût qui, avant de se changer en vin9 fermente et cuit
Toute la théorie an ti-vaccinique de Verdé n'étant qu'une paraphrase de celle de Rhazés, nous trouvons convenable de la reproduire ici : « Le sang des enfants « du premier âge ressemble à des sucs nouveaux, tel « que le moût du raisin, qui n'ont pas encore éprouvé
< le mouvement de fermentation propre à leur donner « une parfaite maturité ; ils n'ont pas encore été tra-
< vailles. Mais le sang des jeunes gens est semblable à « des sucs qui ont déjà fermenté et qui se sont dé- « pouillés de tout ce qu'ils avaient d'étranger, de toutes « les humeurs surabondantes et superflues, comme un
< vin qui ayant déjà fermenté, s'apaise et reste tran- « quille, parce qu'il est fait. Le sang des vieillards au
< contraire ressemble à un vin vieux qui a perdu toute « sa force et qui est sur le point de se glacer et de de- « venir aigre. La petite vérole survient lorsque le sang « fermente et qu'il se délivre de toutes les humeur*
< superflues, ce qui arrive dans le temps qu'il change « de nature, qu'il passe d'un état à l'autre, c'est-à-dire
< lorsque le sang des enfants qui ressemble au moût
< du raisin se convertit en sang de jeunes gens qui
< ressemble à un vin en maturité. Ainsi on doit com- « parer la fermentation de la petite vérole à celle du « moût qui fermente et bouillonne pour se convertir « en vin >.
Avec cette opinion qui vaut, selon lui, autant q«e^a vérité la plus manifeste, il nous pose des Y>ases qui