‹ De la vaccination; (volume 2)Chapitre 56 sur 73 · OU SYSTÈME ÉTRANGE DE M. VERDE-DEL1SLE · texte numérisé non relu

OU SYSTÈME ÉTRANGE DE M. VERDE-DEL1SLE

ques, telles que- la puberté, la virilité, la décrépitude, dans lesquelles l'économie subit des modifications profondes et critiques, ils n'ont cependant pas ignoré que ces changements et ces crises communes à tous les êtres vivants sont comme le développement et le produit des lois générales et physiologiques de l'humanité. G' est ainsi que les anciens n' ont jamais confondu les mouvements purement organiques et physiologiques avec les conditions pathologiques extraordinaires de l'économie, telles que les conditions morbides en général et surtout la variole. Une seule observation suffit pour confirmer ce principe, et c'est que la maladie qui nous occupe prend aussi le foetus de quatre ou cinq mois en n'attaquant que rarement la mère. Or, comment expliquer ce fait avec la théorie humoriste du doct. Verdé ? Quelle sorte de crise sublime nécessaire d'un travail presque physiologique », que celle qui est presque toujours funeste à l'embryon, aux enfants et aux adultes dans la proportion de 70 p. 100 et qui a surpassé dans l'étendue et le nombre des victimes toutes les pestes réunies ? Arrive-t-il dans la vie du fœtus de ces phases, de ces luttes et de ces changements radicaux dans l'économie, qu'ils aient besoin de la fermentation et de la crise varioleuse? Qui a jamais pu reconnaître dans le fœtus ces transitions, ces crises et ces luttes dont la plus indispensable est, selon lui, la variole? Qui nous sait dire quelle surabondance ou quelle espèce d'altération ou de fermentation contient la lymphe d'un fœtus

de 4 mois qui, d'après Verdé, serait la cause de la variole? Mais, outre que cette triste propriété de se transmettre de la mère au fœtus est commune aux autres contagions, telles que la rougeole, le mal vénérien et le choléra-morbus, toute la doctrine de M. Verdé tombe conséquemment d'elle-même. On n'a qu'à consulter relativement à la transmission delà rougeole les ouvrages de Joseph Frank et de V. Willam. Le premier assure qu'il constata souvent cette communication « saepeque ipse vidi » ; et Willam le confirme dans son ouvrage sur les maladies cutanées (1). Il n'est pas besoin de prouver la transmission de la syphilis ; chaque médecin en constate trop fréquemment de tristes exemples. On ne peut contester que la gestation est une des plus terribles complications du choléra-morbus. Dans les cas graves le fœtus prédécède à la mère, et la mort de la mère est toujours inévitable, lorsqu'il n'y a pas eu avortement ou couches prématurées. Nous lisons dans le rapport du chev. Bonino sur le choléra de Turin (2) que sur 15 femmes enceintes, atteintes du choléra et recouvrées dans les lazarets, 13 succombèrent, une affectée d'un choléra léger guérit sans que le cours ordinaire de la gestation eût été troublé, et la dernière fut sauvée par l'avortement qui suivit aussitôt.

Les points les plus importants du système de M. Verdé-Delisle sont les suivants :

(1) De$cription and treatment of enfanta* dùtam. London, 1797.

(2) Pag. 140.

DU SYSTÈME ÉTRANGE DE M* VERDÉ-DEUSLE 517

i° La constitution de l'enfant renferme une surabondance d'humeurs, de matières hétérogènes ou de lymphe, laquelle offrant tous les caractères physiques et chimiques des serophules, du cancer et des tubercules, doit être, à une époque donnée, expulsée de l'économie.

2° La variole est le germe inné, la crise inévitable, voulue par le Créateur même, pour dépurer l'organisme de l'enfant de cette surabondance de lymphe. À cet effet, tous les organes deviennent durant la crise varioleuse le centre d'un grand travail d'élimination ou d'une puissante fermentation générale, en vertu de laquelle la lymphe hétérogène en vient expulsée et transportée à la surface de la peau.

3° En conséquence, la variole est bien loin d'être une maladie dangereuse ; elle est au contraire un travail presque physiologique, et la seule voie de salut que la nature nous a fournie pour dépurer l'organisme des matières caustiques désignées sous le nom de cancéreuses, scrophuleuses et tuberculeuses, et qui ont la même origine et le même mode d'élimination.

4° Gomme la vaccine est privée de toute action clinique ut thérapeutique sur la variole , et est par contre douée d'une action limitée au tissu cutané, elle le frappe dans son ensemble, en ferme les pores et en obstrue les conduits de la sécrétion et de l'excrétion. D'où il arrive que la vaccine retient et perpétuellement dans l'organisme cette

lymphe abondante et qui n'est nécessaire qu'à une époque donnée de l'enfance ; d'où la dégénérescence de l'espèce humaine, une affreuse mortalité dans l'âge le plus vigoureux et le plus florissant, la multiplication des plus terribles infirmités, du typhus, du croup ou de l'angine couenneuse, de la phthisie tuberculeuse, des scrophules, du cancer, des affections du cerveau, du suicide des altérations de la moelle épinière, de la paralysie des extrémités inférieures, de l'asthme, du catharre, des pleurésies, de la péripneumonie , des anévrismes du cœur et des artères. 5° Pour rendre plus douce cette grande crise nous devons retourner à l'inoculation dont l'efficacité et l'innocuité ont été consacrées par 2000 ans d'expérience.

Mais, sans répéter ce que nous avons déjà dit à ce sujet, il est évident que le système de M. Verdé est dénué de fondement, si nous considérons :

i° La nature mortifère, contagieuse et spécifique de la petite vérole ; les traces qu'elle laisse, l'époque de son importation en Europe, et les inconvénients que peut avoir l'inoculation de la même ;

2° L'innocuité de la vaccine sur l'économie, et les avantages qu'elle apporte parfois à certains désordres constitutionnels et organiques ;

3° L' inexactitude et la nulle valeur des statistiques invoquées.

On agite depuis longtemps la question si la variole était ou non connue par les anciens. À notre avis,

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