‹ De la vaccination; (volume 2)Chapitre 63 sur 73 · DOCTRINE HUMORISTIQUE DE 8YDKNHAM ETC · texte numérisé non relu

DOCTRINE HUMORISTIQUE DE 8YDKNHAM ETC

bien étranges. À leur idée, les affections avaient leur siège dans la dégénérescence des humeurs, dans leur acidité, leur fermentation, leur ébullition, etc., d'où l'opinion que les états morbides devaient tous être rapportés à certaines fermentations qui se vérifiaient dans le sang ou dans d'autres fluides, et que chaque organe du corps avait sa fermentation particulière de laquelle dérivaient les désordres de l'organisme. Ils ne croyaient pouvoir y remédier qu'en provoquant des crises et par l'expulsion des humeurs nnisibles moyennant la transpiration ou quelque exanthème cutané. Ils attribuaient une grande importance à la fièvre et à ces changements qui surviennent dans les maladies et qui ^annoncent par des phénomènes particuliers, comme une excrétion abondante, une hémorragie considérable, les sueurs, etc. Il y eut des écoles, par exemple celle de Stahl, qui allèrent jusqu'à proscrire la quinine dans les fièvres périodiques, sous le prétexte qu'elles constituaient un effort salutaire de la nature.

D'après ces principes, l'action morbide consistait essentiellement non dans l'altération organique des viscères, mais plutôt dans les efforts que faisait la nature pour chasser la cause nuisible. Il en dérivait que les médecins devaient surtout provoquer la crise opportune en réglant les actions ou les mouvements organiques.

Il n'y a pas à s'étonner si cette théorie si simple, d'une apparence attrayante et à la portée de Fin tel-

ligence commune, se conserva durant tant de siècles, d'autant plus qu'elle était professée par des médecins célèbres. Mais nous devons déplorer qu'aujourd'hui encore elle soit enracinée dans les populations, et qu'on ose retourner à ces mêmes anciens que Verdé appelle, par mépris pour les yaccinateurs, les maîtres qui se tenaient éloignés des divagations, des théories, des abstractions, des paradoxes, sans hésiter en même

temps à proclamer pour la plus ingénieuse et la plus juste la théorie de Rhazès, qui considérait la variole comme une fermentation indispensable, une crise inévitable, une purification naturelle de l'organisme et du sang, etc.

L'esprit d'opposition à la doctrine vaccinique poussa M. Verdé à recourir aux idées de Sydenham, qui, vrai luminaire de son temps, malgré les étroites connaissances chimiques d'alors, avait déjà, obéissant à un pressentiment, condamné en maxime la théorie des fermentations morbides (1), comme cause principale des maladies, pour en attribuer en très-grande partie Y origine à l' action des circonstances externes et en particulier aux constitutions atmosphériques.

Supposant même pour un moment que Sydenham, ainsi que ses prédécesseurs et ses contemporains,

(1) Observ. md. eirea morbos acut. histor. et curât. Sert. I, cap. III. Il trouve plus à propos de substituer aux expressions de fermentation et û'ébullition celle de commotion du iang, parce qu'en réalité il ne se vérifie dans le sang ni la fermentation de nature vineuse, ni l'ébullilion proprement dite; tandis que souvent, pour ne pat dire plus souvint, ajoute-t-il, il se produit dans le sang fébrile des changements et des modifications de diathèse.

Page 1