DOCTRINE HUMORISTIQUE DE SYDENBAM ETC
eussent reconnu que la source de la petite vérole était dans l'altération des humeurs, il est évident que ce n'était pas seulement à la variole, mais à toutes les affections morbides et particulièrement à celles qu'on nomme exanthématiques, y compris la peste orientale elle-même, qu'ils croyaient inhérente la faculté d'expulser de l'organisme les matières hétérogènes. C'est pourquoi Sydenham dit que la maladie est un effort de la nature pour éliminer ou expulser du corps la matière morbide (1). Voici ses paroles: Ipsa pestis, quia, obsecro, aliud est, quant symptomatum complication quïbus ulitur nattera, ad inspiratas non cum aère par ticulas per emunctoria, apostematum specie, velaliarum eruptionum opéra, excutiendas? Quidarthritis nisi naturae providentia ad depurandum senum sanguinem, atqxie expurgandum corporisprofundum, ut cum Hippocrate loquamurf Potest et idem affirmari de plerisque aliis morbis perfecte sanatis.
Or, de cette idée générale sur la nature et les fonctions de toutes les maladies, il en dérivait que les mêmes propriétés, les mômes fonctions devaient être attribués à la même nature de choses. Bien plus, Sydenham arriva jusqu'à établir l'analogie étroite de la variole et de la peste. Il les regardait toutes deux comme dérivant de l'inflammation du sang, avec la seule différence que la peste était, à son avis, une
(1) Ouvrage cité, sect. I, chap. 1.
phlogose des parties les plus subtiles du sang, et la variole une phlogose des parties les plus grasses. Prqpe est, dit-il, ut credampesternpeculiarem ac suigeneris febrern esse quae a particularum sanguinis spirituosiorum inflammatione originemducit(l). Et, reparlant plus loin (2) des fonctions critiques et dépuratives, des abcès, des bubons et des charbons pestilentiels, il ajoute : Eodem etiam modo procedit natura in expellenda variolarum matériel, licet ea species sit inflammationis pinguioris ac magis crassae quae per pustulas ubique sparsas eiieitur, carbuncolorum loco ac bubonum etc., atque in hoc etiam casu indicationes curativae eo sunt dirigendae, ut naturalis per pustulas evacuatio rite administretur.
Il en dérivait une méthode unique de traitement, qui consistait en des émissions sanguines et évacuantes, afin d'expulser les matières morbides. « Hino que, c'est-à-dire dans la petite vérole, per abscessus, hic ac in peste per [carbones et bubones eiieitur materies >.
Combien s'est trompé M. Verdé en citant Sydenham ! La peste, de même que la petite vérole, consistait, d'après ce dernier, en une phlogose du sang et des humeurs. Hâtons-nous maintenant de dire qu'il plaçait l'essence et la cause première de l'infection arabique ailleurs que dans le sang et dans un germe inné. Fondant sa doctrine sur ce que les altérations du sang
(1) L c, sect. 2, chap. II.
(2) Sect. 3, chap. III.