‹ De la vaccination; (volume 2)Chapitre 66 sur 73 · DOCTRINE HUMORISTIQUE DE SYDENHAM ETC · texte numérisé non relu

DOCTRINE HUMORISTIQUE DE SYDENHAM ETC

qu'il en plaçât l'essence dans une discrase sanguine, il croyait que celle-ci était l'effet d'une crase atmosphérique ou cosmotellurique spéciale, qui pénétrant dans le sang avec ses mauvaises qualités spéciales, produisait une maladie épidémique plutôt qu'une autre.

Si nous passons à la thérapeutique de la maladie en question, il est encore à déplorer qu'après avoir admis que les succès et la sage méthode de Sydenham avaient fait époque dans l'histoire de la médecine, et avoir dit que « son livre est encore aujourd'hui le meilleur qui ait été fait sur la variole », M. Verdé se soit tant éloigné de la théorie et de la clinique du même, soit en cherchant d'en condamner la méthode antiphlogistique déprimante adoptée par Boerhaave et par les médecins les plus distingués du siècle passé et du nôtre, soit encore en s'efforcant de la faire considérer comme une pratique moderne ; tandis que le principal mérite de Sydenham est d'avoir fait la critique de la méthode curative suivie avant lui, et d'avoir introduit dans le traitement de la variole la méthode refraîchissante, comme les saignées modérées, les boissons acidulées, l'air frais, l'abstinence du vin et des médicaments cordiaux et diaphoniques.

Il résultait au contraire de la théorie humoristique que la méthode échauffante alexipharmaque devait être adoptée dans toutes les maladies malignes et pestilentielles, y compris la scarlatine et la variole.

En hiver, le malade était tenu dans une chambre chaude et couvert avec un grand soin. On craignait

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que les pores de la peau venant à se fermer, les humeurs ne fussent retenues dans l'organisme (i).

Mais, bien que cette pratique fût généralement suivie par les médecins, Sydenham eut le courage de s'y opposer. Il croyait bien que la cause première des maladies épidémiques provenait de mystérieuses conditions atmosphériques aptes à imprimer à la masse du sang des qualités acres et irritantes qui ne pouvaient être mieux éliminées que par les émissions sanguines; mais ne permettant jamais que les idées spéculatives s'opposassent à la méthode curative, au lieu de suivre la routine habituelle en adaptant les faits à la théorie, il cherchait au contraire à soumettre celle-ci aux faits.

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