Première partie du programme
Exposer V histoire des principales épidémies de la variole, ainsi que celle de la vaccination, en indiquant les mesures sanitaires les plus importantes à prendre dans les différentes institutions relatives à cette question.
Nous avons voulu faire précéder un résumé historique pour démontrer l'ancienneté de la variole et son origine commune avec un grand nombre d'autres
maladies contagieuses de l'Inde. Nous en avons suivi l'extension progressive à mesure que le commerce se développait parmi les peuples, et jusqu'à ce qu'elle s'est introduite dans nos pays. Pour démontrer l'efficacité prophylactique du vaccin, nous avons parlé des principales épidémies de variole dans un chapitre spécial , intitulé De V influence protectrice du vaccin , qui présente pour chaque région un tableau sommaire des désolantes épidémies qui ont précédé la découverte de Jenner. Nous ne nous sommes pas contentés de noter qu'à mesure que le vaccin se propageait au milieu des populations, les épidémies devenaient toujours plus rares et moins intenses, jusqu'au point de disparaître presque dans quelques pays; mais nous avons encore voulu voir pourquoi dans certaines régions la variole est plus fréquente et fait plus de ravages, en n'y respectant pas même ceux qui sont déjà prémunis par la vaccine. Nous en avons trouvé la cause dans le climat et dans les constitutions atmosphériques qui ont une telle influence sur l'ensemble de l'organisme, qu'ils le rendent incapable de résister aux contagions. Nous avons aussi remarqué que toujours et partout où l'on a pratiqué généralement la vaccination et la revacci nation, les épidémies ont bientôt été domptées; d'où ressort la puissance antivarioleuse du vaccin. La statistique à la main, nous avons recherché l'époque où les cas de variole commencent à se manifester chez les vaccinés, et les âges de la vie qui y sont le plus exposés, et nous avons démontré
qu'au pis aller la variole a ordinairement sur les vaccinés des formes bénignes et un caractère modifié, si bien qu' on lui a donné le nom de varioloïde. Nous avons attribué aux diverses constitutions individuelles la majeure ou mineure résistance à la variole après le vaccin. Nous avons fait aussi un tableau des épizooties de variole sur les animaux , pour en démontrer l'analogie avec celle de notre espèce. Nous avons ensuite cité des faits qui attestent l'antiquité du vaccin, sans cependant rien ôter au mérite incontestable de Jenner qui sut, le premier, en comprendre l'importance hygiénique. Nous avons suivi pas à pas les progrès de la nouvelle découverte qui est un des titres les plus glorieux de notre époque. Après avoir fait suivre l'examen critique des lois et des règlements vacciniques en vigueur dans chaque état, nous avons proposé comme fruit de notre expérience et de nos longues études, les mesures nécessaires, à notre avis, pour rendre générale et fructueuse la pratique de la vaccination, en insistant particulièrement sur la nécessité des vaccinations obligatoires, base fondamentale de toute bonne loi vaccinique (1). Nous avons encore vu que pour faci-
(1) Pour mieux confirmer ce que nous disons et dans le but d'en faire connaître le résultat pratique, nous ajoutons deux statistiques qui nous sont tombées sous les yeux, après que le chapitre des règlements vacciniques était déjà sous presse. Du Bulletin hebdomadaire des décès de la ville de Londres où la vaccination est obbligatoire et de Paris ou elle n'est que facultative, il ressort que du 20 juin au 10 novembre 1869, on constata en dehors de toute influence épidémique 172 décès de variole h Paris
liter Faction du gouvernement, il faudrait rétablir les juntes vaccinatrices. C'est sur ces deux principes que nous avons formé notre projet de règlement, qui est néanmoins susceptible de modifications selon les habitudes et les configurations topographiques des divers pays.