DBS INCONVÉNIENTS DE L INOCULATION , ETC
réplique que si la variole humaine reproduite par inoculation est bien plus bénigne dans son développement que celle qui provient d'une maladie spontanée, le vaccin est dans ce cas d'autant plus faible et manquant de vertu préservative, qu'il trouve un terrain déjà peu homogène par lui-même. Il faut ajouter, selon lui, la différence dans le caractère varioleux entre le pus d'origine vaccinique et le pus d'origine humaine. M. Frua remarque en outre que bien des vaccinés deviennent varioleux, et que certains pays ont dû rendre la revaccination obligatoire pour éviter en quelque manière le ravage que la variole faisait de ceux qui avaient été insuffisamment préservés. Il invoque à Pappui de son assertion le témoignage du Docteur Gaddi de Modène, c'est-à-dire qu'aujourd'hui le vaccin n'^t pas absolument préservatif, mais apte pourtant à modifier la force de la variole chez les vaccinés. Gela posé, si dans les premiers temps la vaccination a paru préférable à l'inoculation, nous devons, dit-il, considérer de nos jours si entre les effets insuffisants qtf'on rencontra avec le temps dans le vaccin et les avantages et les dangers réels de Vinoculation, il conviendrait ou non de retourner à cette dernière avec les modifications indispensables. Il voudrait encore noms ]>ersuader que l'inoculation répétée de la variole, se transmettant d'un individu à Vautre, et se mêlant ainsi dans plusieurs sangs, perd ses propriétés trop expansibles et contagieuses. Il déclare qu'il s'opère après la dixième transmission une modi-
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fication bienfaisante dans le virus arabe, ainsi que dans tout autre virus. Gomme preuve de la probabilité de cette modification, il nous cite la lettre d'un métayer, enregistrée dans les actes de l'Académie de Siène (1). Deux autres de fios paysans, écrit ce métayer, venaient voir mon enfant inoculé, et quand il eut la variole putréfiée (peut-être voulait-il dire en suppuration), ils en piquèrent deux de leurs enfants qui éprouvèrent après quatre jours les fièvres ordinaires. Ils eurent bien moins de pustules varioleuses qu£ mon enfant, et guérirent avant lui. C'est pourquoi le Docteur Frua est porté à conclure que le pus de là variole humaine spontanée reproduite parmi les hommes par des procédés successifs d^inoculation, se modifie de. telle manière, qt^elle devrait être le meilleur pus à généraliser comme préservatif de la variole hum/iine, en substitution de la vaccine.
Les partisans du vaccin ne pouvaient évidemment se taire à l'apparition d'un ouvrage qui tendait à abattre la découverte de Jenner. Lossetti surtout réfuta (2) toutes les considérations du Doct. Frua. Répétons succinctement les arguments dont il s'est servi. 11 démontra avant tout qu'il est notoire que l'homme a une affinité avec le vaccin, semblable peut^tre à celle que montré la vache, ou tout au moins semblable à celle
(1) Tome l«r. page 97.
(2) Ihm/m imtv., 1846, vol. CXX. pag. 510-11.
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qu'il possède à Tégard de la variole, et qu'on croit n*étre propre qu'à lui seuL.Gar le fait que tous ceux qui s'occupent à traire les vaches, bien que déjà infectés (le variole, contractent néanmoins la vaccipe, et que celle-ci attaque précisément ceux qui ayant été déjà exposés à la contagion varioleuse, n'en ont ressenti aucune influence réelle, ce fait, disons-nous, lui parait assez signifiant en théorie et en pratique pour détruire d'un seul coup la prétendue hétérogénité du vaccin avec l'organisme de Tholmme. Aucun n'ignore que Jenner constata de très-nombreux cas de parfaite vaccination après une pleine variole. MuUer, Thièle et d'autres obtinrent un bon vaccin des varioles; Schultz et d'autres médecins qui avaient eu la variole dans leur enfance, firent des expériences sur euxmâmes» et se servirent des pustules régulières qui sortirent sur leur corps pour d'ultérieures vaccinations. D'ailleurs, ceux qui déposent en faveur de cette vérité, assurent que le vaccin n'a eu que rarement du succès après deux difiërentes éruptions régulières et bien conduites, et qu'on n'a presque jamais vu réussir Tmoculation de l'un ou de l'autre virus chez ceux qui avaient eu récemment la variole ou avaient été vaccinés. Mais cela ne pourrait-il pas prouver que la seconde éruption en de semblables circonstances n'est pas l'effet d'un ressentiment local, mais bien d'une prédisposition générale qui, cessant la variole, laisse la voie ouverte au vaccin qui n'a pas moins d'affinité avec l'homme? S'il en était autrement, il n'y aurait
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pas de motif plausible d'admettre que, comme la vaccination peut s'effectuer une première fois après la variole, elle ne puisse point avoir lieu également une seconde et une troisième fois, et ainsi de suite. Steinbrênner remarque avec raison qu't7 doit arriver quelqtce chose dans V économie du vacciné ou du variole, qui permet la reproduction de V éruption vaccinale après un certain nombre d'années, et qui ne peut être que la renaissance d*un certain degré de réceptivité dans beaucoup de cas et surtout après une variole antérieure; que cette réceptivité ne parvient plus à acquérir assez de force pour donner lieu à la simple contagion, contre laquelle Vindividu est par conséquent préservé^ mais qu'elle a cependant assez de force pour développer une nouvelle éruption vaccinale, excitée et réveillée d'une façon aussi immédiate et puissante que doit le faire le virus vaccin déposé dans le lieu même d'élection de la maladie. De là la proportion bien plus considérable de secondes vaccines que de variohïdes, et de vaccines après variole que de secondes varioles; de là encore la production de belles éruptions vaccinales sur des individus qui s'étaient montrés bien préservés contre toute contagion de la variole.
On ne pouvait certainement pas exprimer avec plus de clarté une pensée fondée sur l'expérience de chaque jour. Le Doct. Lossetti croit encore que si Ton parvenait au moyen de l'inoculation à modifier absolument le pus de la variole, au point qu'il ne produisit