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désormais qu'un effet local comme le vaccin, peutêtre ne causerait-il plus en définitive des phénomènes constitutionnels plus perceptibles et plus tutélaires que ceux du vaccin même. Le Docteur Diday analysa l'opinion de Frua et fit les considérations suivantes (l): Si de telles idées doivent un jour avoir ou chercher leur réalisation, comment pourront-^lles la trouver impunément? Puisque il faut que le pus varioleux traverse Vun après V autre plusieurs organismes avant d'être suffisamment atténué, quels individus choisirort-on j et de quel droite pour servir ainsi de modificateurs à la maladie ? En vérité cette objection ne consiste que dans un embarras de pure exécution ; mais elle n'en est pas moins grave, si Ton réfléchit qu'on expose à un grand danger la santé et la vie môme des hommes. Les expériences qui ne sont pas nuisibles peuvent toujours être permises. Elles sont légitimées par la perspective d'un bien possible, et ne laissent après elles la trace d'aucun mal. Mais les expériences dangereuses et nuisibles ne sont pas admises par les médecins consciencieux et de cœur, quand même ils en espèrent un avantage pour l'avenir ; car l'homme nô doit pas être impunément nu jouet ou un amusement de la science. L* inoculotion de la variole n'est pas dangereuse, répond M. Frua. — À la bonne heure? Mais si elle est innocente, pourquoi travaillez-vous à l'adoucir? Et si elle
[1) Gta, Méd., Paris. 1851, page 55i.
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doit effectivement devenir^ à force de propagation, une maladie locale sans rien perdre de son efficacité préservative, ne voyez-vous pas qu'il y aura beaucoup plus d'empressement dans les pères de famille à faire profiter leurs enfants de cette heureuse propriété, qu'à les sacrifier pour en faire profiter les autres î Après tout cela, si nous devons en croire Bousquet, la préservation absolue de la variole par la méthode de l'inoculatipn varioleuse ne serait même pas prouvée. ' Non, dit cet auteur, il n'est pas bien certain si totis les inoculés (de variole) ont été également préservés, ou si cette préservation n'a pas eu de limites avec le temps. Il y a quelques années, le même auteur après avoir démontré (1) que pas même l'inoculation varioleuse avec le lait n'est à l'abri de dangers (le lait ne modifie aucunement la variole), insista sur le fait que l'inoculation de la même répand partout des germes de contagion. Ces expériences j dit-il^ avec le mélange du lait et de la matière varioleuse, prouvent d'ailleurs une fois de plus que rinoculation n'était pas à beaucoup près aicssi dangereuse qu'on l'a dit pour relever la supériorité de la vacdfie. Mais en sou-tenant cette bénignité, on ne peut oublier cependant qt^il y avait des cas malheuretuv^ si rares qu'ils fus-sent. Elle avait de plus l'inconvénient de répandre partout les germes de la contagion. Enfin finocu* lation ne préservait pas plus longuement que la vac^
(1) Rapport sur NUU des wuinatiom en Pramee pcmr Fminée 1853. la dans la séanoe da 5 juillet 1855.
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cme; aussi fut-elle ^epaussée par Boerhavey Vanr Swieierij Frank et surtout par De Haën.
II reste encore la question si le pus varioleux se nuxtifie ou non par des transniiissions successives, s'il acq[uiert un caractère plus doux, ou bien s'il conserve un germe de maladie non totalement détruit. Nous apprécions le fait sur lequel le doct. Frua base son argumentation, c. à. d. que le pus de la variole humaine inoculé à un enfant ou à une brebis produit une lé* gère éruption de variole générale, tandis que le même pus a^né dans la vache n'engendre qu'un simple fait local ; nous admettons que si l'on prend à une brebis le pus qui dérive de cette inoculation pour l'introduire dans l'homme, il nô reproduit qu'une pustule au lieu de l'insertion ; nous savons encore que si le même se transmet d'une brebis à d'autres, il réveille également une maladie partielle; mais que prouve tout cela ? Rien autre, si ce n'est l'analogie des deux virus. Par cette analogie nous croyons qu'on peut aussi expliquer le fait narré par le fermier toscan. Du reste nous croirions pouvoir admettre, dans le sens du doct Frua, l'importance des considérations par lui émises, si Ton n'avait à y opposer des faits manifestement contraires, ceux entr' autres rapportés par Sacco et Heim.
Il résulte des expériences de Sacco qu'une première inoculation de varioloïde douce né produit qu'une éruption locale, et que semée une seconde, une troisième et une quatrième fois, elle donne lieu à une
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éruption générale qui n'est pas des plus bénignes. Le doct. Heim de Berlin (1) avait la fausse idée que la varicelle et la varioloïde n'étaient qu'une seule et même maladie; mais il dut bientôt se détromper, lorsque, ayant inoculé la varioloïde à un enfant non vacciné, elle produisit une véritable petite vérole si intense que l'enfant succomba. Il en fut de même, d'après le doct. Guillout, à l'époque de l'épidémie de Saint-Pâul de Léon, durant laquelle il put observer avec ses collègues des conséquences graves dans les répétitions, tandis que dans les premières inoculations les résultats que nous appelons légers avaient même manqué. L'histoire de l'inoculation nous dit que Storck et d'autres opérateurs employèrent indistinctement toute espèce de pus varioleux sans découvrir aucune différence dans les inoculés. Mais ce fait, après tout, répond fort bien à une loi particulière de V économie animale, d'après laquelle les contagions conservent toujours un type spécial et ne se laissent modifier que temporairement ou exceptionnellement. L'histoire de toutes les épidémies nous a appris que le nombre des victimes dans les vaccinés a toujours été inférieur à celui des varioles la seconde fois, et que par conséquent la vaccine a constitué un principe de préservation bien supérieur à celui qui existe dans la variole contre la variole. M. Bousquet a prouvé que l'inoculation de la variole expérimentée de nouveau
(1) Stiinbrenneff page 391.
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dans ces derniers temps, n'a servi dans plusieurs localités de la France qu'à établir la supériorité infinie du yaccin à tel point qu'on ne doit plus hésiter sur le choix des deux virus. Bousquet n'a pas dit que l'inoculation varioleuse n'est pas préservative, mais que les inconvénients de la même en sont inséparables et terribles, admettant toutefois qu'en cas de grave épidémie on pourrait, vu l'urgence et à défaut de bon vaccin, faire usage du pus varioleux. On sait du reste que Jenner en avait déjà donné lui-même l'exemple en inoculant son propre fils dans une terrible épidémie. En résumé, nous croyons que si l'on imposait l'obligation de la vaccination, il ne serait plus nécessaire de recourir à d'autres moyens prophylactiques, excepté la revaccination. Déjà, dès la première moitié de ce siècle les ravages de la variole ont été, grâce à la vaccination, moins fréquents et moins graves, et les statistiques nous démontrent qu'ils diminuent d'année en année. Quelle diflérence avec le passé ! Qui n'a entendu parler des épidémies qui ont éclaté dans plusieurs pays de l'Europe? À Turin, par exemple, en 1796 et i797 la variole sévit avec tant de force qu'elle moissonna un nombre d'hommes égal à celui des naissances de l'année. Ajoutons que de telles épidémies étaient assez fréquentes, bien que pas toujours si épouvantables; et qu'elles se répétaient malheureusement presque à chaque lustre. Mais dès que la vaccination fut pratiquée, le retour périodique disparut en quelque sorte. Il est vrai que les influences épidé-
miques de la variole se répétôrent à Turin en 1823 et 1829; mais le nombre des victimes qui fut en 1823 de 163 environ, et s'éleva en 1829 à 785, perd de sa gravité si Ton se rappelle les ravages que faisait la petite vérole au siècle passé. Le reste de l'Europe pourrait nous fournir des preuves plus concluantes, si nous voulions chercher des données positives dans les statistiques. Qu'il nous suffise de citer l'Angleterre oh les pertes causées par la variole étaient calculées dans le passé à presque un dixième des pertes générales; tandis que (lès les dix premières années du siècle présent elles se limitèrent à la proportion de 63 sur 1000, de 32 sur 1000 de 1820 à 1830, et enfin de 1840 à 1850 de 16 sur 1000. Nous ayons aussi les renseignements suivants sur l'armée de 1844 à 1851 :
Force. Cas de variole. Victimes.
Armée de terre 1,125,840 745 93
Marine 363,370 417 36
Examinons maintenant d'une manière rapide le système du doct. Lucien Papillaud, (1) consistant à pratiquer l'inoculation varioleuse à l'occasion de la seconde insertion, c'est-à-dire à semer le pus de la variole au lieu de répéter le vaccin. Le doct. Papillaud adopta ce système après avoir observé que tant les vaccinés que ceux qui ne l'étaient pas, étaient quelquefois atteints de la maladie variolique naturelle* ment ou épidémiquement. Une bonne raison consiste
(1) Gaz. Méd., Paru, 1850, pag. ilS.
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d'après lui en ce que 7 individus sur 8 se ressentirent évidemment de rinoculation, et qu'aucun n'eut une réaction assez violente pour être exposé à un grave danger. Le vaccin, ditril, est excellent dans la première vaccination pour préserver le sang des dispoffltions à la contagion ; mais il faut dans une seconde vaccination une matière plus puissante. Dans celte croyance, et admettant d'autre part la maxime que les revaccinations, et surtout celles qu'il pratiquait luimême, suffisaient pour toujours et partout à éloigner le germe de la variole, il fait cette demande: Si l'on peut suppléer à ViïUmitation de la puissance vaccinale avec les revaccinationSy ne serait-il pas possible de suppléer aussi à la non absolue efficacité de cette même puissance.^ Il répond qu'il lui semble que T inoculation varioUque après la vaccination fournirait le moyen d^ atteindre ce but. Gela lui parait d'autant plus possible qne si les cinq huitièmes et plus sont disposés à contracter malgré le premier vaccin cette seconde inoculation et donnent des effets plus abondants que dans la première, il est juste de dire jtpie le besoin en subsiste. Admettant ce besoin général il croit en outre pouvoir démontrer spécialement que l'inoculation du pus varioleux après le vaccin n'est pas soumise aux mêmes inconvénients que si elle était appliquée dans un corps vierge de tout pus. C'est dans cette conviction qu'il propose la matière de la variole pour la revaccination. Il ajoute avoir vu de ses propres yeux que rarement il sortait des pustules dans
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les revaccinations avec le pus varioleux, excepté celles qui apparaissent à l'endroit où Ton a pratiqué l'incision; et admettant même que la pustulation puisse s'étendre dans certaines circonstances, il soutient qu'elle a le caractère de la varioloïde et jamais celui de la variole arabe. Qu^on le remarqtie hien^ écrit-il, nous n'allons point contre ce qui est connu et prouvé ; nous savons et nous professons que le pouvoir antivarioleuœ de la vaccine est supérieur à celui de la variole elle-même ; mais nous croyons que de leur combinaison il résulte une préservation plus efficace que de leur action séparée. Nous croyons, par ' exemple, qu'un sujet vacciné et inoculé est plus sûr d'être à Vàbri de la contagion varioleicse que celui qui est simplement vacciné, et enfin qtce celui qui a été soumis deux fois à cette épreuve (qtt'elle ait réussi ou mm chaque fois) est plus en sûreté que celui qui a été simplement vacciné et revacciné, quel qu'en ait été le résultat. Le même auteur ayant prévu qu'on lui aurait facilement objecté que des degrés multipliés de préservation ne serviraient tout au plus qu'à combattre un danger bien insignifiant, tel que la varioloïde, ajoute qu'il n'y a peut-être pas un seul homme sensé qui, même dans la crainte d'une simple varioloïde, ne veuille s'en préserver en se soumettant à une seconde, à une troisième et même à une quatrième inoculation. 11 rappelle en outre que la varioloïde la plus bénigne pour les vaccinés et les revaccinés a souvent donné lieu à des cas de véritable
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variole, et soutient que, si en prévenant la varioloïde on se prémunit contre une maladie légère, on préserve les autres du danger d'un mal bien plus grave. En vérité on pourrait avec cette logique en venir aux déductions les plus étranges. Mais un raisonnement sévère s^y oppose. Bref, si nous devions prévoir qu'une impuissance absolue dût se manifester immédiatement ou avec le temps dans le vaccin, et semer le pus varioleux dans la vaccination ou la revaccination, nous n' hésiterions pas un instant à r appliquer dans le second cas , car nous sommes persuadés de la bonté et de la valeur de certains arguments du doct. Papillaud. Mais nous sommes cou-* vaincus au contraire qu'on ne doit pas en venir à ce choix. L'expérience nous a appris qu'une vaccination régulière, universelle et obligatoire suffit pour préserver une nation de la variole, et qu'en vaccinant et revaccinant beaucoup en des temps et des lieux convenables, on neutralise au moins tellement le virus de la peste arabe, qu'on lui ôte peu à peu son caractère mortel, et surtout sa qualité épidémique.
Vaccinons donc et revaccinons au besoin. Ici est le remède souverain, et non pas, comme le voudraient quelques uns, dans l'inoculation ; car inoculer la variole pourpréserveç de la variole est une contradiction manifeste tant dans le fa^t que dans les termes. D'après la relation de la Société épidémiologique de Londres, composée de deux mille médecins anglais, relation qui embrasse bien des pays différents, il saute aux yeux
que le ravage de la variole diminua partout où Ton activa un bon système de vaccination. La môme Société fait remarquer que de graves épidémies continuent encore d'éclater dans notre siècle là où Ton ftiit un usage imparfait de la vaccination et où on la néglige. Nous savons que la vaccination est obligatoire dans r Au triche supérieure et qu'elle y est fort bien organisée. La moyenne des victimes de la variole depuis Tannée 1776 jusqu'en 1786 y était à raison de 46 p. 100 sur les pertes générales ; dans les 7 années antérieures à 1850, cette proportion s'abaissa à 3 1(2 p. 100. Dans d'autres provinces et chez d'autres nations de l'Europe on a des résultats à peu près identiques.