‹ De la vaccination;Chapitre 36 sur 48 · DS L ALTÉRATION POSSIBLE DU VACCIN · texte numérisé non relu

DS L ALTÉRATION POSSIBLE DU VACCIN

manière bien plus lente. Si Ton ayait ensuite la précaution de le renouveler de temps en temps en le puisant dans sa source primitive, on serait alors certain de posséder un vaccin toujours actif et apte à préserver avec efficacité. De son côté la Revu-e hritatir niques aussi opiné dans son N^ du mois de janvier 1869, qu'il est possible avec la culture du vaccin de perpétuer une lymphe assez active et puissante, sans que néanmoins elle puisse s'opposer absolument à la dégënération par la transmission humaine.

Herard et Ricord nièrent aussi la dégénération. Le premier nous dit que les médecins qui y croient se sont laissés tromper par les apparences; Tautre l'impute aux conditions particulières du terrain sur lequel on a semé le vaccin. Vernois a formulé une théorie spéciale pour expliquer le retour de la variole dans ceux qui ont déjà ^té vaccinés. Il assure que les virus qui sont très-probablement des êtres déterminés et vivants ne dégénèrent pas; il s'appuie sur un fait clinique qu'il a observé, à savoir que les personnes qui ont contracté la variole ont eu antérieurement quelque affection plus ou moins grave, comme la fièvre, le typhus, la rougeole, la coqueluche, les pleurésies etc./ ou ils ont été fort affaiblis par des disgrâces, des excès de travail ou déplaisir, par une alimentation in* suffisante, des hémorragies etc., et conclut que ces différents états pathologiques en modifiant la crase du sang neutralisent la disposition antivariolique acquise par la vaccine. Mais tout en admettant ce qu'il

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faudrait encore prouver, que les virus sont des êtres vivants, nous dirons que si l'on observe la dégénération dans les animaux des races supérieures, il n'est . pas de raison que les microphytes et les microzoaires ne puissent dégénérer à leur tour, puisque c'est précisément dans ces derniers que les partisans de la pathologie animale font résider l'activité du viru».

Au reste nous ne voulons pas entièrement contester à Vernois que les états pathologiiiues qu'il cite, puissent modifier la crase organique au point de diminuer l'efficacité préservatrice du vaccin et donner aux individus qui en ont été frappés plus de disposition à contracter la variole. Nous admettons d'ailleurs que ceux qui ont été affaiblis par des maladies ou d'autres causes présentent moins de résistance à contracter d'autres maladies. Mais nous ne croyons pas que cette coïncidence puisse être une règle générale, l'expérience nous ayant prouvé que dans les épidémies ce ne .sont pas seulement les vaccinés maladifs qui en sont attaqués, mais encore ceux qui n'ont souffert aucune maladie. Nous admettons moins encore que ces états morbides puissent, comme il le prétendrait, neutraliser l'action du vaccin comme font les sels par rapport aux acides avec lesquels ils sont en contact; car il ne nous parait pas qu' il existe de rapport direct entre le vaccin et un état morbide, et que l'un puisse contre-balancer les effets dé l'autre. Nous ignorons aussi qu' il y ait d'intimes changements qui paralysent l'action antivarioleUse du vaccin. Mais laissons-là les

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hypothèses où nous conduirait la doctrine de Vernois, et Dous tenant à la seule expérience, nous croyons qu'une personne vaccinée sera toujours, bien qu* affaiblie par des maladies, plus prémunie contre la variole qpi'une autre personne robuste qui n'a pas été vaccinée , et nous admettons seulement qu'un individu affaibli par d'autres maladies pourra plus facilement contracter la variole. Du reste les faits rapportés par Vernois sont trop vagues et en trop petit nombre pour qu'on puisse en déduire des conclusions générales. Les observations qui précèdent servent aussi à combattre M. Gastiglioni qui a soutenu une thèse semblable dans les Annales de médecine pubîique de Florence du 20 mars 1869. Il allègue que la variole importée dans les hôpitaux attaque de préférence les anémiques , les phthisiques, les convalescents de fièvre typhoïde , en un mot les individus affaiblis par de longues et graves infirmités. Mais nous notons la circonstance que ces individus par leur long séjour dans les hôpitaux oii il y a des varioleux, subissent facilement l'influence morbide de l'air vicié qu'ils respirent. Nous dirons encore qu'en Angleterre le doct. Stéaton s'est de môme montré contraire à la dégénération du vaccin (1). Il blâme la négligence des médecins dans le choix des pustules. < Chaque semaine, dit-il, je vaccine ici les pauvres, et les pustules sont, sous tous les rapports,

(1) Voir Manud de taceination 1868, et la Riv. Britannique, 1. c.

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complètes et normales dans le siège, dans la forme, dans la couleur, dans Tétat de la lymphe, dans la période où elles apparaissent, dans Tarëole et la teinte, et finalement dans le tissu compacte de la croate, tout comme si elles se trouvaient à la première année de la vaccination; et pour autant que je sache, la matière d'oU elles sont provenues a été prise sur la vache il y a environ sei^e années ». Il cite aussi le témoignage de M. Steele de Liverpool, qui f) longtemps pratiqué la vaccination, et assure que la lymphe dont ce dernier se sert, a été transmise originairement par Jenner lui-même et qu'elle produit aujourd'hui les résultats d'autrefois. À propos de l'observation de M. Marson < que les cicatrices produites par la lymphe qu'il emploie, ne sont pas aussi bonnes que celles que produisait jadis la même lymphe», le doct Steaton dit qu'il ne peut considérer cette assertion comme généralement applicable, assertion qui est en contradiction avec l'expérience qu' il a acquise en inspectant durant les huit dernières aunées les cicatrices vaccinales sur les bras de cent mille personnes et plus. Mais contrairement à ces idées personnelles il est de fait que l'opinion générale en Angleterre est que le viras vaccinal actuel ne produit plus les résultats d'autrefois.

Pour traiter avec plus de fondement encore celto grave question nous nous permettons de rapporter en succint nos propres expériences. Nous citerons des vaccinations pratiquées en 1833. sur des enfants

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appartenants à la bonne société, et dont les parents préférèrent extraîro le cow-pox des vaches suisses plutôt que de se servir du nôtre. Nous avons pu voir dans cette occasion que la diflférence qui passe entre le vaccin vierge et celui qui séjournait dans f rhomme depuis 30 ans, ne consistait pas tant dans les symptômes caractéristiques essentiels locaux et constitutifs , que dans un plus considérable degré de réaction, comme si la lymphe originaire eût contenu quelque principe contraire à Torganisme humain. Cette différence diminua cependant après deux mois de successives inoculations. — En d'autres occasions nous pûmes constater plus de différence dans les symptômes. Nous eûmes en 1860 de la lymphe fraîchement prise sur la vache à Breslau et à Montpellier, et nous en Hmes Tessai et sur le même individu*et séparément on comparaison de la lymphe depuis longtemps naturalisée dans rhomme. Ces expériences comparatives furent au nombre de 50 et plus, et démontrèrent toutes que le virus ancien a moins de réaction, un cours plus rapide et des boutons moins relevés ; tandis que le virus de Breslau manifesta une grande puissance et beaucoup d'énergie , et qu' il présenta rlès le 7^^ jour des bords plus saillants, parfois des lK)utons (quoique moins constamment) plus larges et d'un aspect plus argenté et plus vif, des croûtes plus étendues, plus épaisses, d'une teinte plus perlée, et plus longtemps adhérentes aux parties inférieures. En un mot il y eut évidemment la plus grande

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vigueur dans les pustules, dans Tintensité de Tinflammation, dans la fièvre vaccinale, dans le cours et la durée de la maladie. Là lymphe de Montpellier qui, bien qne fraîche, Tétait cependant moins que celle de Breslau, fut aussi moins énergique, mais plus intense, plus contagieuse qu'elle ne Tétait auparavant; elle constituait un quid médium entre Tancienne et la nouvelle, de sorte que nous vérifiâmes de plus en plus cette graduelle virulence dans le virus vaccinal à mesure de son âge plus on moins reculé.

Nous notâmes encore une différence entre le vieax vaccin et le nouveau dans la puissance contagieuse qui est plus considérable dans la lymphe rajeunie et soulève un plus grand nombre de pustules. Cette vaccine que nous conservâmes de bras à bras était encore après deux années douée d'une certaine virulence, bien qu'elle eût un peu perdu de sa primitive énei^e. Cest pourquoi nous fûmes heureux de recevoir nouvellement du cow-pox récent en 1862, et nous

constatâmes encore la supériorité de ce dernier tant

sons le rapport de la puissance contagieuse toujours constante, que de l'intensité des symptômes locaux fortement prononcés. En dernier lieu nous ne pouvons nous empêcher de dire que les partisans mêmes de Taffidblissement ont reconnu qu'il n'est pas absolument nécessaire de renouveler le virus; il en est même parmi eux qui ont déclaré que les deux virus < sont égaux dans leurseffetspréservatifs»;que, de mêmeque la variole la plus abondante ne met pas plus à cou-

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vert de la rechute que la variole la plus bénigne, le vaccin avec plusieurs boutons, le vaccin sans boutons,. le vaccin avec un seul bouton offrent absolument la même garantie ; et que s'il y a quelque inégalité, elle ne se manifeste que très-insensiblement au 7^^ ou au 8»« jour lorsque l'effet général est produit Ainsi parle Bousquet dans ses discours à F académie de médecine de Paris. Nous n'avons pas besoin de combattre une à une les opinions de ce vaccina teur; ce que nous avons dit précédemment suffit à la besogne. Mais quant à la dernière opinion, < qu'on ne doit calculer la différence entre les deux virus en tant qu'elle ne se manifeste qu'au 8™« jour, nous opposerons l'avis de plusieurs vaccinateurs , surtout du doct. Fiard. Après avoir confronté le vieux vaccin, celui de Passy de 1836 et le nouveau découvert par Magendie en 1843, il observe que ce n'est pas le développement plus ou moins considérable des pustules au 8™« ou au O"»* jour qui atteste la dégénération du vaccin, mais son cours régulier et surtout la durée de l'éruption dont la diminution progressive est un signe du degré d'affaiblissement. Il lui semble que l'on doit noter que l'ancien vaccin commença à se dessécher au 9"*« jour et disparut au iO™«, tandis que le nouveau n'accomplit sa période qu'au i3°»« ou au 14»« jour. Parmi les inconvénients du nouveau vaccin Bousquet voudrait encore placer celui des exulcérationsaprès la chute des croûtes, ou comme on l'appelle, celui des éruptions secondaires. Mais on n'a jamais

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décrit ces exulcërations comme un phénomène de grande importance, et Ton n'a jamais constaté ces procédés phlogistiques que Jenner redoutait. Le vrai est que dans le doute les vaccinateurs n'ont souvent osé faire qu'une seule piqûre par bras, et quelquefois une seule par individu, et qu'ils ont même dompté la pustule après le développement ordinaire soit avec la cautérisation soit autrement. Steinbrenner raconte qu'il a observé sur huit enfants l'éruption secondaire consistant en petites vessies peu nombreuses, éparses tantôt sur tout le corps, tantôt sur les bras seulement ou sur la poitrine. Ces vessies étaient rouges, pointues, entourées d'une légère aréole rougeâtre, et disparaissaient après 24 heur^. L'éruption laissait cependant de petits tubercules plutôt durs, d'un rouge bleu, avec la pointe couverte d'une croûte d'un jaune-obscur de la grosseur de la tâte d'une épingle au plus. Au sujet des vaccinations qu'il a faites avec le cow-pox, et dont nous parlerons bientôt, Hering nous informe d'une éruption intempestive qui s'était étendue sur les bras et sur d*autres parties du corps. Ces deux auteurs ont comparé les pustules du vieux et du nouveau vaccin, de la variole et de la varioloïde, et sont induits à admettre le fait réel que celles du vieux vaccin ont moins de développement, qu'elles se dessèchent avec plus de rapidité, que le ressentiment général qu'elles provoquent est plus léger et les traces des cicatrices plus superficielles. Ils en déduisent que, puisque cette différeoce ne provient nullement des dispositions

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individuelles du vacciné, il faut attribuer la faiblesse au virus humain et admettre conséquemment qu'après lie nombreuses transmissions les effets de la puissance de la lymiphe sont atténués.

Bousquet ajoute encore que < relativement au cours et à la durée il y a entre les anciennes et les nouvelles pustules à peu près la même différence que Ton observe entre la variole légère et la variole confluente, entre la variole et la varioloïde. L' on sait que plus la variole est bénigne, plus le cours en est rapide, et réciproquement plus la variole est forte, plus elle va lentement. Il en. est de même des pustules vaccinales; celles du nouveau vaccin étant plus puissantes que les anciennes, durent beaucoup plus. Dès le 8°»« jour nous voyons que le vieux vaccin décline et que le nouveau continue à croître et à se développer-Celui-ci dure vingt-quatre jours; celui-là quinze à peine >•

Telles sont en théorie les idées de Bousquet, et si nous en venons aux résultats pratiques, il ne s'est pas exprimé autrement. < Cette différence, dit-il, commence au 8™« jour. On peut dive sans crainte d'exagération que les pustules du nouveau vaccin arrivent à un volume presque double. J' en ai vu qui ne pouvaient être couvertes avec une pièce de 50 cent. Et ce n'est pas le seul avantage qu'elles aient; car elles sont aussi plus déprimées, plus luisantes, plus profondes et plus épaisses >. Cette épaisseur forme selon nous un de ses caractères les plus remarquables. Nous

29 — Parola, vol. I. De la vaccination.

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en 'avons nne idée dans la résistance que rencontre la main de l'opérateur, lorsqu'il veut y recueillir ou y reprendre, comme l'on dit, la matière vaccinale. On dirait que les pustules sont attachées à la peau avec les liens les plus forts; ils la soulèvent presque compacte en se détachant, tandis que les anciennes se soulèvent légèrement et superficiellement sous forme de petites vessies.

Il en est de même de l'aréole. Vive, profonde, presque enflammée autour des nouvelles pustules, elle est légère, fugace , tant soit peu érysipélateuse autour des anciennes. De plus dans le vieux vaccin l'aréole se présente comme le premier indice, dans le nouveau au contraire elle ne se montre qu'un ou deux jours plus tard, et parfois avec une telle intensité qu'elle occupe presque tout le bras.

Entre les qualités distinctives du vaccin frais, les auteurs précités énumèrent la propriété qu'il a de conserver très-longtemps durant son développement l'efficacité contagieuse. <Pour en faire l'essai, dit Bousquet, je pris souvent la lymphe au 1 1"« jour et j'en eus un bon résultat. J'en pris même au 15™^ jour, qui me donna de belles pustules. Mais si la science tolère ces expériences, l'art les repousse. L'art nous enseigne que le vaccin n'est jamais si actif que lorqu'il est plus jeune >. Bousquet observe finalement que sur un nombre égal de vaccinés avec la lymphe vielle et la fraîche, la première n'a produit que 628 boutons et la seconde , au contraire , 776, Il y aurait ainsi la

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différence notable de 158 boutons. Les médecins allemands et belges nous mentionnent de semblables résultats. Héring parle des succès obtenus au moyen de 69 vaches qui fournirent pour dix ans le cow-pox au Wurtemberg et résume ainsi son discours : < Les pustules de la lymphe originaire étaient ordinairement plus grosses, plus étendues, l'inflammatioù des parties environnantes plus vive et la fièvre plus énergique. Les médecins dirent plusieurs fois qu' ils n* avaient jamais vu auparavant de si belles pustules. La lymphe régénérée conserve sa supériorité même dans les générations successives. Il est rare qu'elle ne produise qu'une petite éruption ou une fièvre qui ne soit pas violente >. À Toccasion d'un rapport de M. Graninx sur un mémoire du doct. Van-Berchen, MM. Lombard et Mascard n'hésitèrent pas à déclarer à l'Académie belge de médecine (séance du 23 mars 1850) que le cow-pox est plus actif que l'ancien virus. < Dans les t expériences, dit le doct. Lombard, faites avec du

< vaccin nouveau de provenance anglaise, et que nous

< avons répétées six fois au moins depuis dix ans,nous

< avons toujours vu que le vaccin nouveau diflférait

< sensiblement de celui que nous employons d'habi-

< tude à l'hospice de la Maternité. Les points piqués

< donnaient quasi tous une pustule, et il était bien rare

< que sur dix piqûres il en manquât une, ce qu'on

< n'observait point avec l'autre vaccin. Les pustules

< étaient plus grosses, plus élevées; l'auréole plus

< large et plus enflammée ; le bras se tuméfiait d'une

< manière sensible*; parfois on craignait même mi

< phlegmon. Le virus vaccinal était beaucoup plus

< actif etc. ». En 1868 Warlomont obtint les mêmes résultats avec le cow-pox qu'il avait trouvé.

Nous avons vu les beaux succès de M. Depaul avec la nouvelle lymphe qu'il recueillit en 1866 et en 1868. Il nous a décrit les pustules du cow-pox de Beaugency d'un volume double relativement au vaccin ordinaire, entourées d'une inflammation érysipélateuse, accompagnées d'une forte réaction fébrile et douées d'une intense faculté contagieuse. Nous avons dit à l'occasion de l'horse-pox que de pareils résultats ont été constatés par Lafosse à Tolouse, par Bouley à Alfort, etc. Mais c'est surtout en Prusse que l'on a reconnu la supériorité du nouveau virus et qu'on s'est occupé soigneusement à le trouver et à le répandre dans tout le royaume. En Italie on fit aussi des expériences de cow-pox, par exemple à Rome, à Naples, à Florence, à Turin, à Milan, à Bologne, à Parme ; et partout il s'est montré plus intense que l'ancien virus. C'est ce que nous atteste De-Renzi dans son mémoire sur la découverte du cow-pox dans la Gapitanate, dans lequel, après un rigoureux examen des eflfets produits sur l'homme par l'inoculation de la lymphe humaine dans les diverses phases de délitescence, de développement, de procédé Suppuratif et de dessèchement, il déduit que le nouveau vaccin originaire de Naples agit avec beaucoup plus d'énergie et de force, et surpasse l'ancien en activité et en puissance contagieuse. Il en est arrivé

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de même au doct. Fogazzi dans toutes les phases du cow-pox lombard, dont la puissance fut d'ailleurs constatée par les médecins et les autorités locales. Le cow-pox découvert par Rasi en 1862 dans le Bolonais se montra pareillement d'une activité tout à fait spé-» ciale, si bien qu'il dut le faire passer Nouvellement dans le corps d'une autre vache pour en diminuer un peu la virulence extraordinaire.

Le doct. Griva n'a pas cru observer de radicales différences entre l'un et l'autre. Il a dit que les pus-

< tules du cow-pox ne présentent rien qui diflFère de

< celles du vaccin, de sorte que, après avoir continué

< les inoculations avec cette humeur, l'on n'aperçut

< aucune diflTérence d'un effet plus grand ou plus € constant, si ce n'est une fièvre un peu plus res-

< sentie >. Il serait encore vrai d'après plusieurs expériences faites par le même, qu'il est impossible de retrouver dans les procédés de la maladie une différence quelconque entre le cow-pox et le virus humain. Mais si l'on observe que pas même le doct. Griva n'a pu contester la majeure intensité de la fièvre, et qu'il a fait ses expériences en .1829, précisément dans l'année où sévit une forte épidémie varioleuse et dans des conditions atmosphériques qui empêchaient presque, ainsi qu'il nous dit, l'absorption cutanée, on ne devra plus s'étonner si ses inoculations furent pour ainsi dire sans effet, quelle que fût d'ailleurs la nature plus ou moins vigoureuse du pus. À l'appui de sa thèse le doct Griva cita sa correspondance avec le docteur

4B4 de la vaccination — CHAPITRE XIV

Ficher de Lauterbur, d^oîi il résulte que de trois expéditions de vaccin faites à ce dernier, une de pus humain, la seconde de lymphe extraite des pis des vaches, la troisième de vaccin primitif provenant de rÉcosse, ce sont le virus antique et celui qui a été progressivement extrait de Thomme qui ont eu le plus de succès. En outre l'illustre vaccinateur Ficher écrivit au doct. Griva que < F humeur prise sur les ma- € melles des vaches est beaucoup plus évaporable. € plus sujette à décomposition, et moins apte à se € transmettre que ne Test le virus humain». Mais s'agissant de vaccin transmis de pays éloignés, Ton doit attribuer le mérite d'une majeure eflScacité aux soins et à la diligence avec laquelle Texpédition en a été faite, et aux précautions prises pour en empêcher la détérioration. Nous l'avons constaté nous-mêmes plusieurs fois dans T exercice de nos fonctions. Les triomphes de la lymphe régénérée dans la revaccination sont incontestables. Ici Bousquet rappelle ses propres essais et invoque le témoignage des plus célèbres vaccinateurs. Avec le vieux vaccin considéré comme inefficace dans la re vaccination, il n'avait réussi que rarement ou presque jamais; mais à partir de 1836 il obtint avec le nouveau vaccin plus de sept résultats sur 14 vaccinations. Cependant Bousquet en homme consciencieux n'est jamais satisfait de ses propres considérations. Il parle des revaccinations du doct. Boucher de Versailles, dans lesquelles € Veiïet fut constant presque sans exception : il cité celles du

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doct Reynaud, dont 23 avec le vaccin antique ne produisirent que sept pustules, et 12 avec le vaccin nouveau en donnèrent quatre; il cite encore le docteur Dubois de Rouen très-connu pour avoir inoculé la lymphe vierge à quelques personnes, entre autres à deux médecins qui avaient résisté jusqu'alors à vingt-cinq inoculations >.

Nous n'omettrons pas de dire que dans les discours ({u'il a prononcés au sein de l'académie française en 1866 et surtout en 1869, cet auteur a tenté de mettre nouvellement en doute l' afiaiblissement du vaccin. Il dit d'abord que l'apparition de la variole dans les vaccinés est due à la faculté temporaire du vaccin. Il fait noter ensuite que Jenner constata dès Tan 1803 des cas, fort rares en vérité, où la vaccine se laissait entamer par la variole, et que successivement en 1805, 1809 et 1811, ces cas étaient bien plus fréquents, quoique le vaccin n'en fût qu'à ses premiers temps. C'est pourquoi il incline « à croire

< qu'il n'y a rien de changé dans les propriétés de la

< vaccine, pas plus que dans sa constitution ; ce qu'elle

< était autrefois elle est encore aujourd'hui, c'est-à-

< dire toute puissante pendant les premières années

< qui suivent la vaccination, un peu moins à mesure

< qu'on s'en éloigne, mais toujours ou presque tou-

< jours assez pour contraindre la variole à se réduire,

< à s'adoucir >.

Il observe à propos des revaccinations que les divers résultats constatés par les vaccinâteurs dépendent de

ce que quelques-uns les attribuent à la bonne vaccine, et d'autres à une mauvaise vaccine ; et que les succès ou les demi-succès ne fournissent aucune preuve de la dégénération. Il conteste que le vaccin puisse dégénérer ou se modifier dans sa constitution, parce qu'il se ferait alors une transformation, une métamorphose, et il conclut: < Mais si en effet il s'amoindrit, s'il

< s'use à chaque reproduction , comment en reste- € rait-il encore quelque chose? oh en est-il de sa mar-

< che au moment ou je parle, et combien lui donnez* € VOUS encore de vie ? Les autres virus suivent-ils la

< même dégradation^ les mêmes lois ?(1) >

Il laisse néanmoins percer le doute dans ses discours, et particulièrement là où il loue ceux qui ne laissent échapper ïiucune occasion de renouveler le vaccin, suivant en cela non un précepte scientifique, mais un bon conseil.

Steinbrenner fît au mois de juin 1841 cent quarantedeux re vaccinations avec la lymphe hominale, et n'obtint, ainsi qu'il nous le dit lui-même, que treize éruptions normales. Il pratiqua plus tard avec le vaccin régénéré 65 inoculations, dont 20 réussirent parfaitement. La différence est donc d'une gravité sans pareille; elle est du triple en faveur du nouveau virus, puisque ce médecin nous assure que les circonstances d'âge et de climat étaient les mêmes pour les seconds et pour les premiers. Il faut encore noter

(t) V. Gaz. méd., Paris. 1869, pag. 158 et lf>9.

DE l'altération POSSIBLE DO VAGCfN 457

qae des vingt derniers quatre avaient déjà été vaocinés autrefois. Il est donc juste de conclure que les cas favorables auraient été plus nombreux, s'il n'eût été question que d'individus qui se présentaient pour la première fois à la revaccination. Quelques mois après Steinbrenner fit une expérience sur 20 personnes en les vaccinant au bras gauche avec^ du pus nouveau et au bras droit avec la lymphe hominale. C'étaient les mêmes individus qu'il avait tenté de revacciner précédemment avec le vieux virus. Sept eurent une excellente vaccine provenant de la lymphe nouvelle, et deux seulement une éruption normale sur le bras où l'on avait inséré le pus ancien. Des sept premiers, cinq n* éprouvèrent aucune inflammation au bras droit.

Steinbrenner en conclut que là où il n'existe qu'une réceptivité naissante ou une réceptivité endonmiagée en partie par la première vaccination, et par consé* qnent matériellement et incidemment faible, le virus régénéré a seul la force de provoquer une éruption capable de détruire les dispositions à contracter la variole, tandis qu'avec le vieux vaccin on ne po urrait jamais parvenir à ce résultat. Dans cet état l'individu serait plus exposé, en cas d'influence variolëuse, à contracter le mal et en subir les conséquences.

M. Depaul affirme que sur 26,^94 revaccinations qu'il fit dans l' armée, de 18 à 20 p. ^o furent suivies de succès. M. Danet rapporta à l'académie que sur 530 revaccinations iaites avec le cow-pox*, il obtint

une moyenne de 40 p. ^^o de succès, tandis que 3809 revaccinations pratiquées avec du vaccin d' enfant, ne donnèrent que 20 succès pour 100, ce qui prouve la dégénérescence de ce dernier (1).

Les calculs de M. Simon sur les résultats favorables des revaccinations dans l'armée prussienne sont encore bien plus concluants. Leur marche à dater de ran 1833 fut de 33, 39, 42, 46, 49, 50, 51, 54, 57, 58, 57, 57, 56, 60, 64, 64, 64, 61, 64, 69, 69, 69, 70 pour iOO. La diff(^rence du double et plus entre les succès de la première et ceux de la dernière année de cette série, nous prouve combien V influence du vaccin a perdu de sa force. M. Marson eut en Angleterre des résultats qui aboutissent aux mêmes conclusions. < Les effets produits par la re vaccination, il y a 16 ou 17 ans, étaient, dit-il, à peu d'exceptions près, une légère irritation, ou tout au plus une vessie abortive avec une aréole irrégulière. Mais durant les trois ou quatre dernières années j'ai vu bien des individus sur les bras desquels les vessies produites par la revaccination étaient à peu près parfaites, même sur ceux qui conservaient de belles cicatrices de la première vaccination » (2).

Les considérations qui précèdent, les lois suprêmes de Texpérience, les témoignages d^auteurs dignes de foi nous autorisent donc à conclm*e que le virus régé-

(t) Gaz, méd., Paris. 1869, pag. m.

(2) Marson cité par le doct. Ballard, pag. âl3, el Rev. BriCan.. I. c.

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