DE L ALTSRATION POSSIBLE DU VACCIN
Déré excite une éruption plus prompte, plus parfaite, pins étendue et d'un développement plus durable; que la réaction générale en est plus puissante, l'aréole plus large et plus intense et la suppuration plus profonde ; qu'il soulève un plus grand nombre de pustules, en les faisant même sortir parfois là où la puissance inoculative paraissait inefficace ; qu'en un mot le virus régénéré offre dans ses caractères, dans ses formes et dans son essence intime l'image d'un principe de beaucoup plus vif et plus animé que ne l'est celui du vieux pus affaibli. Ce qui (Cependant est encore dou* teux, c'est si l'affaiblissement du vaccin provenant de ses passages successifs dans l'homme, peut arriver au point de perdre en quelque sorte toute efficacité préservatrice. Nous ne saurions en conscience adopter un tel avis ; puisque, outre les raisons et les faits attestés par des observateurs dignes de foi, nous avons toujours vu et nous voyons encore les bons effets de préservation du vaccin humanisé depuis plusieurs années. Nous tendons plutôt à croire que les phénomènes extérieurs ne sont pas, du moins dans une certaine mesure, en rapport direct avec les effets de la préservation. Néanmoins dans le doute pars tutior est prœferenda ; et, comme nous parlons d'un objet qui a trait au bien public et qui constitue une branche importante de l'hygiène, nous recommandons chaleureusement aux vaccinateurs de retremper autant que possible la matière d'inoculation dans sa source primitive, le cow-pox. Que l'on veuille ou non admettre
la dégénérescence des virus, il est incontestable que le vaccin humanisé de longue date perd de sa primitive virulence ; et bien que cet affaiblissement puisse dépendre de ce qu'en s^humanisant il perd les principes animaux qui n'ont pas d'affinité avec l'organisme de l'homme, nous préférons toujours aux spéculations théoriques une pratique sûre et féconde en excellents résultats. C'est pourquoi nous faisons un appel à la conscience des hommes de bonne foi, et nous invitons ceux qui ne seraient pas encore persuadés de la vérité irréfragable et absolue de la possible dégénérescence du vaccin, à nous dire si, laissant, s'il leur plait, la question indécise, le conseil de réformer la lymphe n'est pas excellent et digne d'être suivi. C'est ce que nous demandons au bon sens et à la conscience éclairée des médecins.