CHAPITRE XVI
Afin de rendre moins incomplet notre travail nous devons nous occuper maintenant d'un point bien essentiel de la médecine, et qui contient en quelque sorte la clef des mystères de la préservation. Ce point concerne la disposition de Tindividu et la constitution de Tatmosphère. Il mérite d'être traité avec une ce^ taine étendue et profondeur, et nous essaierons de le développer le mieux possible et aussi clairement que nous pourrons.
Rappelons d'abord à nos lecteurs l'applicabilité en l'espèce de la loi pathologique que V on ne contracte une maladie quelconque que par une prédisposition spéciale, ou, comme Ton dit, par une aptitude individuelle. Cette prédisposition est le résultat d'un état naturel, de l'état où l'on naît ; elle ne dépend guères des circonstances accidentelles qui modifient l'économie humaine et la rendent sujette à devenir malade sous l'influence de certaines causes spéciales morbides. Il serait diâflcile d'expliquer tout à fait ce secret de la nature. On ignore encore, et nous ne savons
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point si Ton expliquera jamais la condition organique qui constitue la prédisposition ; de même qu'on ignore la source d'où découle la force constitutive qui donne l'aptitude à être atteint d'une maladie, et qui la fait ensuite vaincre et supérer.
L'observation, si non la science théorique, nous fournit cependant une règle, et l'on a pu comprendre que certaines maladies affectent plus probablement certaines dispositions individuelles. Ce qu'on dit des maladies en général, on peut fort bien le répéter rélativement aux contagions qui produisent leurs effets 8e}on les divers degrés de la prédisposition. Cette règle nous dit que nous devons, surtout dans le cas présent, rechercher pratiquement si ce n'est scientifiquement, d'où provient cette réceptivité; en d'autres termes, nous devons observer les tempéraments ou les condi-
tions organiques des individus qui paraissent plus que d'autres disposés à ressentir l'influence du virus varioleux ou vaccinique, et à le manifester avec des phénomènes qui leur sont propres. Suivant M. Liberali, les conditions organiques dépendraient de Texcitabilité des divers systèmes. Mais le dôct. Gugino se prend justement à observer que l'appareil phénoménologique avec lequel le virus se montre, et les conditions qui déterminent son efficacité, rejettent l'excitabilité tôUe que l'envisagent les pathologistes. Qaoi que l'on veuille établir-à ce si^jet, il est positif que les phénomènes réactifs de l'excitabilité ne secondent pas les lois de la réceptivité et ne leur obéis-
sent pas, quelque inégales que puissent être les formes de la maladie. Mais il nous convient d'examiner la réceptivité dans sa substance et dans ses caractères, au moins pour ce qui concerne les conditions externes, étant plus facile ensuite de découvrir leur nature et leur caractère.
Une des choses les plus importantes à constater, comme base de la question, est le fait constamment observé, que la réceptivité vaccinale n'est pas toigours égale chez toutes les personnes, ni à tout âge, ni en tout temps. Dans quelques individus elle dure autant que la vie, en d'autres elle semble se limiter à une période partielle ; il en est aussi chez lesquels elle n'est jamais suffisamment développée et n'a pas lieu même lorsque la contagion a été injectée dans le sang par incision. Il y a des individus sur lesquels, après que la vaccination a été pratiquée avec soin et avec de profondes piqûres, les pustules ne se montrent que difficilement et en très-petit nombre, et leur marche est très-lente et sans ressentiment général. Le docL Grégory dit à ce si\jet: < Les dispositions de l'orga- < nisme à recevoir le virus vaccinique, et les dispo- € sitions à le conduire à son but sont identiques ». Nous devons en conclure que le plus grand nombre des personnes vaccinées qui furent atteintes ou de la variole ou de la varioloïde avaient (ce que nous démontrerons mieux dans la suite) le corps marqué de larges et profondes cicatrices et une organisation prédisposée à subir les effets de l'un ou de l'autre des
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deux virus. Cette vérité confirme l'aphorisme connu que la nature préservative du vaccin est en raison inverse de l'intensité des phénomènes locaux.
Mais dès que nous décrivons les faits conditionnels et casuels de la réceptivité , nous ajoutons que si quelques enfants malades ou qui sont sous Tinfluenoe d'une cause qui rend leurs fibres insensibles, ne contractent aucune infection vaccinale, il n'est pas moins vrai que le même phénomène, ou plutôt la difficulté même de recevoir efficacement le vaccin, se montre aussi sur des sujets li'une constitution saine et robuste, avec la différence que dans les premiers la répulsion est toujours temporaire et cesse avec les causes extraordinaires qui l'ont produite; dans les derniers elle est spécialement intime avec leur nature et dure ordinairement toute la vie. Cette seule observation que chaque vaccinateur a pu fkire un millier de fois suffira à prouver que la réceptivité dépend réellement de dispositions innées ou acquises, permanentes ou transitoires. Maintenant, à défaut de meil* leurs ^laircissements , nous expliquerons les hypothèses formulées par d'habiles et ingénieux praticiens.
Certaines écoles émirent l'opinion que le principe matériel de la réceptivité résidait dans le corps muqueux de la peau. On proposait conséquemment d'augmenter le nombre des inoculations, afin que la vertu du vaccin devînt finalement valide et préservative. Ëichom fut le propagateur, et si l'on aime mieux, l'auteur de cette doctrine. Il opine que l'exanthème a
33 — Parola^ vol. I, Pe la vaccimfion.
une étroite connexion avec l'existence dans notre organisme (i*une matière placée dans le derme sous une forme solide, qui s'y maintient à l'état latent. Il ajoute que c'est cette même matière ou principe qui reçoit le contact de l'infection varioleuse ou vaccinique, qui sert à sa reproduction et à sa multiplication , ou qui exerce un effet contraire en la consumant ou détruisant dans son germe en même temps qu'il touche la première couche qui s'étend au delà du derme. Il croit que l'efficacité de l'inoculation est pleine, lorsque la quantité de développement quil en obtient est en raison directe de la quantité de prédisposition dans l'individu à contracter la variole ; qu'elle n'est au contraire qUe partielle, lorsqu'elle ne va pas jusqu'au degré complet de cette prédisposition, et dans ce dernier cas il ne s'étonne pas si la maladie éclate malgré la vaccination, bien que toujours avec des caractères modifiés. Il explique ainsi le mystère, la marche et la force de l'inoculation du vaccin. < L'exanthème varioleux, dit le doct. Ëichom, dépend de l'existence dans notre organisme d*une matière simple ou composée, constituant peut-être dans l'origine un élément naturel de l'embryon, laquelle déposée dans le derme sous forme solide et à l'état latent, devient par son contact avec la variole ou le vaccin l'élément qui facilite la génération et la multiplication de la contagion dans l'intérieur de l'organisme ; elle se consume par le travail qui se fait aux dépens du même, et l'organisme est privé en même temps de la faculté de
produire le vaccin ou la variole. Cette faculté se perd tout à fait s'il y a un rapport exact entre la quantité de matière prédisposante qui existe dans l'individu, et le degré de la maladie varioleuse ou vaccinale qui doit la détruire. Mais si cette matière est en trop grande quantité dans le corps, et si la contagion introduite est faible, il ne se fait lieu qu'à une destruction partielle, et la prédisposition se trouve purement modifiée; ce qui ne l'empêche pas d'occasionner la maladie, mais avec des caractères également modifiés. 11 est donc impossible qu'un individu soit atteint de la variole dès qu'il a été vacciné. Si la variole l'attaquait, il faudrait supposer que le vaccin n'avait pas été légitime ; et si la petite vérole se modifie, il faut conclure qu'il était légitime et qu'il a subi l'infiuence d'une partie de la prédisposition déjà détruite >. C'est ainsi que l'auteup explique le succès des revaccinations, dont nous nous occuperons dans un chapitre spécial. Cette théorie démontrerait donc que de nombreuses piqûres produisent un résultat de beaucoup plus certain; que des piqûres faites itérativement en divers temps et en abondance, offrent une meilleure chance de succès et détruisent progressivement les prédispositions à être atteint de la petite vérole. Il n'est pas nécess$iire ni utile de confuter sérieusement le docteur Eichom. Qu'il suflSise au lecteur de savoir que Texpérience a prouvé le contraire. Chaque opérateur qui a essayé de multiplier, contre Thabitude, le nombre des piqûres, aura observé que les pustules sont
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alors moins pleines, moins entières et entourées d'une aréole moins intense ; que d'ordinaire lorsque sur huit piqûres il nait deux ou trois boutons, ils ont un cercle large et sont vigoureux, bien nourris, enflammés et intenses. C'est ce qui nous fait émettre l'avis que < l'efficacité du vaccin se concentre pour ainsi dire sur ce peu de boutons ; comme au contraire elle se répartit toujours en égale mesure lorsqu'ils sont nombreux. Dans l'un et l'autre cas l'efifet réel ne parut jamais varier. Obtient-on plus de pustules avec un plus grand nombre de piqûres ? Nous l'admettons. Ce qui ne signifie cependant pas que l'on en obtienne de plus grands résultats. La propriété préservative, concentrée ou répartie , se présente toujours au regard sous le même aspect. C'est pourquoi la théorie du doct. Eichorn oe peut tenir contre une rigoureuse ajialyse, et nous ne croyons pas que la science puisse jamais par des inductions si éloignées d'un fait, pénétrer dans les secrets de la nature. Eichorn tombe dans l'absurde lorsqu'il soutient que Tintensité de la maladie dépend de la quantité du mal absorbé. Et ne vit-on pas fréquemment que la plus petite dose de virus a suffi pour réveiller la maladie la plus vive avec une infection extraordinaire, tandisque de grandes doses n'ont produit qu'un effet léger i Nous citons à l'appui le fait d'un petit atome de contagiOA adhér^At à des marchandises d'outre-mer, et qui peut encore occasionner une variole confluente et mortelle (iprès de Ipngp voyages et bien souvent
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après un grand espace de temps. Il y a aassi le cas de rinflrmier qui vit au milieu des maladies varioleuses les plus graves et qui n'en est point infecté. M. Eichom renverse toutes les lois qui ont régi jusqu'ici le principe de la réceptivité, lorsqu'il veut en expliquer la cause par une hypothèse plus ingénieuse que juste. Soixante-dix années de recherches et d'observations constantes nous permettent d'assurer d'une manière formelle que des individus sur lesquels étaient sorties de très-nombreuses pustules, bien développées et complètes, dont le cercle était vif et brillant et la période s'était régulièrement accomplie, et qui avaient laissé de profondes cicatrices, ne furent pourtant pas préservés de la petite vérole qu'ils durent subir plus tard en nombre assez remarquable; qu'au contraire des individus qui eurent de petites pustules à cercle imparfait et d'une évolution rapille parurent lés mieux sauvegardées, puisqu'ils furent parfaitement préservés, encore qu'ils fussent exposés au danger de contracter la variole.
Mais de quoi pourrait dépendre que la maladie vaccinale la plus intense se limite dans la préservation à des résultats assez trompeurs ? C'est ici une question de premier ordre et qui doit occuper les savants. Avec le système d'expliquer la réceptivité par le degré de la prédisposition existante dans le corps humain, on déduira facilement et avec raison que l'action en sera plus ou moins forte selon les phénomènes de réaction qu'elle fait surgir, et que lorsque ces phénomènes
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sont faibles et imparfaits , la réceptivité est nécessairement faible et imparfaite, tandis qu'elle sera copieuse là où les phénomènes seront nombreux, occasionnant alors une éruption forte et prononcée. En d'autres termes, il arrive dans la première hypothèse que rindividu est naturellement doué d'une organisation sut generis qui n'a aucun rapport avec les moyens de contracter l'infection du vaccin; et dans la 2°*® qu'il y est plus que disposé. Nous jetons ici des fondements que personne n'a contestés et que la science a reconnus et sanctionnés.
Il n'en est pas de même pour ce qui concerne le degré de préservation. Nous sommes ici sur un terrain où les opinions sont différentes. La plupart des auteurs soutiennent que l'efficacité intrinsèque est la même po.ur tous les vaccinés, quelle que soit la réceptivité dont il sont floués et quels qu'en soient les effets externes. Cette question mérite un examen sérieux.
Jenner pensa d'abord que le corps humain est toujours disposé à recevoir au moins une commotion fébrile par le fait de l'approche du pus vaccin. Mais malgré sa persuasion à ce sujet il eut occasion luimême d'en douter, lorsqu'il s'aperçut qu'Elisabeth Sarsenet n'eut qu'une sensation locale et superficielle, et qu'elle ne fut point préservée de la variole ; tandis qu'une autre servante privée de toute sensation externe lors de la vaccination, bien qu'elle n'eût aucune pustule ordinaire et ne souffrît qu'une légère fièvre
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pendant deux jours, ne fut pas atteinte du mal varioleux qu'on ne put lui faire contracter même par l'inocalatiOD. Eu rapprochant ces deux cas Jenner avait certainement on motif pour croire que bien des faits pouvaient se présenter comme exceptions à la règle qu'il avait posée.
D'oii il dérive qu'un genre égal d'éruption n'est poiat une garantie suffisante contre le danger de la rechute, et que l'on placerait mal sa confiance sur un nombre plus ou moins grand de boutons et sur la natnre de leur consistance. M. Bousquet, à l'antcirité duquel on doit justement recourir à ce sujet, ayant voulu examiner si un individu vacciné avec deux piqûres ou avec une seule, était plus disposé à être atteint de la variole qu'un autre sur lequel on en aurait praUqué un plus grand nombre, essaya de revacciner deux jeunes filles dont une avait été précédemment vaccinée avec une seule piqûre. Mais le résultat de la deuxième opération fut inutile; car la nouvelle vaccination ne reveilla aucune affection dans elles, et il parut évident que la propriété préservatrice avait eu un heureux succès lors de la I*'* vaccination. Mais cela ne suffit pas. Nous pouvons affirmer sur des données très-certaines qu'une pleine éruption n'est pas nécessaire pour que la préservation ait toute son efficacité.
Il a bien souvent suffi d'un seul désordre de constitulioa ou en d'autres termes de la fièvre vaccinale pour être tout à fait hors de l'atteinte du mal. On a
&20 DE LA TACClrtATlOIf — CHAPITRE XVI
juge que le vaccin, quels que soient les symptômes avec lesquels il se manifeste à Textérieur, lorsqu'il laisse entrevoir qu'il a pris racine intérieurement, est doué de toutes les propriétés essentielles requises pour la préservation.
Il nous est arrivé en 1834 d'essayer pour la troisième fois de revacciner un enfant de huit ans doué d'une constitution robuste, vacciné sans résultat l'année précédente et revacciné encore huit jours auparavant. Nous visitâmes ce phénomène de résistance le huitième jour après la 3« vaccination faite de notre main. Après tant de vains essais, nous fûmes étonnés de le trouver alité, atteint de céphalalgie et de fièvre avec faiblesse générale. Portait nos regards sur ses bras^ nous vîmes que deux petits boutons se montraient sur le bras droit et un sur le gauche. Au premier abord ils étaient d'une certaine dureté et profonds^ mais ils disparurent en deux jours sans laisser de trace visible. Malgré l'imperfection, ou, pour mieux dire, la presque nullité de l'exanthème, nous opinâmes que le patient aurait été exempt de variole, comme s'il avait été vacciné avec plein succès. Les faits n'ont pas démenti notre opinion.
M. le doct. Sacco a dit à ce propos : < J'ai dû obser- « ver une singulière chose parmi les cas de mes < nombreuses vaccinations. J'ai constaté deux fois € sur deux orphelins le cours du vaccin sans pus- € tules; au lieu des piqûres il apparut à la période € ordinaire de l'éruption des tâches rouges, sans que
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€ des pustules s'y développassent; la rougeur s'étendit
< aveo tant de rapidité que lorsque V époque de la i maturité arriva, elle occupait une partie du bras € et produisait une sorte d' engorgement dans le
< tissu cellulaire inférieur. Cette rougeur disparut
< peu à peu et réguliè^ement ^ comme s'il y avait eu € en réalité une pustule vaccinale. Un de ces ent fants, sur lesquels j'avais fait trois piqûres par
< brasy n'en eut que deux qui produisirent un tel effet ; i le deuxième- en eut quatre. Tous les deux furent
< ensuite inoculés avec la variole^ mais inutilement.
< Cette observation confirme la théorie de quelques
< opérateurs qui ont prétendu que la fièvre exan- € thématique peut avoir lieu sans expulsion, de même
< que la fièvre varioleuse peut se présenter sans la
< variole ».
On trouve un grand nombre d'exemples semblables dans les ouvrages de plusieurs autres auteurs et surtout dans le rapport du comité français de la vaccine pour l'année 1812, dans lequel sont relatés les cas suivants. € Un enfant bien constitué éprouva au « huitième jour après la vaccination un malaise gé- « uéral et un mouvement fébrile qui dura une se-
< maine. On s'attendait à l' apparition de boutons. « Vaine attente. M. le doct. Pistono le vaccina de
< rechef et ce fut encore sans résultat, il le revac-
< cina une deuxième fois et n'en put rien obtenir,
< ni fièvre ni boutons >. Le deuxième cas est plus complet et plus significatif. M. Pétier, médecin à Grey.
inocula un individu qui avait déjà été vacciné l'année précédente sans résultat. < Au bout de huit jours cet individu fut surpris d'un accès de fièvre qui dura presque 36 heures. En même temps le peu de rougeur et d'enflure qui s'était manifesté au bras se dissipa avec la fièvre. Trois nouvelles tentatives eurent une même issue ; avec cette seule dififérence que la deuxième, la troisième et la quatrième fois elles ne produisirent aucune sensation, ni locale ni générale. Le manque d'éruption eut lieu cependant d'une façon si extraordinaire qu'il laissa des doutes sur la validité de la première vaccination. Pour en sortir autant qu'il lui était possible, M. Pétier inocula la variole à cet enfant. Cette inoculation fut , comme les précédentes, sans effet ». Le doute que l'on manifeste ici est en rapport avec le temps où le comité écrivit son rapi^ort; car en i8i2 on ne pouvait encore avoir sur le vaccin les connaissances actuelles. Au reste, le fait que le comité expose, loin de jeter une ombre de doute, confirme plus que jamais ce que nous disons. Le fait que l'enfant a résisté à l'inoculation du vaccin et n'a pas même enduré plus tard l'inoculation varioleuse, laisse croire que la première inoculation, quoique imparfaite dans sa forme extérieure, a cependant été valide dans son essence.
On lit dans un autre rapport (1814) que < M. le doc- < teur Raynal, médecin à Bourges , et M. Sauvaire, € médecin de l'Hérault, vaccinèrent quelques enfants, € qui n'eurent point de pustules, mais qui par contre.
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( à l'époque oti ces deniières auraient dû se montrer,
< donnèrent des indices d'une attaque de fièvre assez
< marquée. M. Raynal revaccina ces enfants à divers «ses reprises et leur inocula finalement la variole; cmais tous ces essais furent infructueux. M. Cas-
< tera(l) fit la même observation sur un enfantde dix
< ans. Point d'éruption vaccinale à l'endroit des pi- <qûres; et pourtant la fièvre survint et suffit pour
< mettre l'inoculé à l'abri de l'atteinte de la variole ». Ainsi que nos lecteurs le voient, tous ces faits concordent à démontrer par des preuves irréfutables que la maladie vaccinale peut subsister pleinement et exercer une action salutaire sans présenter à l'extérieur du corps humain aucun des phénomènes qui la caractérisent ordinairement.
Malgré ce, les opinions sont encore partagées, et les preuves des expériences mentionnées par les défenseurs de la susdite théorie, n'ont paru à personne d'une autorité sufilsante pour être accueillies en termes absolus. M. Heim entr'autres, pour ne pas parler de MM. Grégory, Neuman, Brisset, etc., divulga l'opinion qu'un petit nombre de piqûres ne peut pas toujours suffire pour obtenir la vraie efficacité de Hnoculation du vaccin. Nous savons aussi qu'il déclara explicitement qu'une seule piqûre n'a aucune force pour les enfants d'un an. Il se retrancha dans cette persuasion en se fondant sur des expériences