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contraires ou qui du moins lui parurent telles. Mais c'est précisément là que sa dialectique sent la faiblesse et qu'elle s'émousse contre des arguments bien plus nombreux et d'une nature plus solide. Le vrai est que bien peu osèrent penser comme M. Heim ; ses partisans mêmes furent contraints d'hésiter en quelque sorte, à cause des autorités qu'ils avaient contre eux, et plus tard enfin tout doute se dissipa , toute ambiguïté disparut.
Pour qui douterait encore, ily a les rapports publiés en 1825 par MM. Bousquet et Steinbrenner relativement aux cas survenus à l'hôpital de Nantes. Ces rapports sont de la plus haute importance. Sur de trèsnombreux cas de vaccination il y en eut soixante sans éruption locale et qui prouvèrent cependant que la vaccine avait été efficace. Voici en quel twmes M.' Bousquet expose ses observations. < On a vacciné ainsi € soixante sujets, de dix à vingt-quatre ans, et, n'im- « porte le lieu de l'opération , n'importe la main qui
< tenait la lancette, jamais l' insertion du virus vac- € cin n' a rien produit à l'extérieur ; toute sa force, € toute sa puissance s'est épuisée à l' intérieur. À la € place des boutons, il survenait un trouble général ,
< et ce qu'il y a de plus remarquable, c'est que ce
< trouble qui suivait toujours la première vaccination.
< ne venait jamais après la seconde. Les vaccinés ont € passé plusieurs mois exposés à toutes les influences € de l'épidémie ; ils se sont mêlés aux varioleux, ils € ont partagé leurs jeux, et tous ont échappé à la
€ contagion, tous, hors deux sur lesquels la vaccine
< n'avait produit aucun effet ni local ni général, ni € fièvre ni boutons. Il restait une dernière épreuve
< à faire; elle a été faite. M, Truloyer fit inoculer
< la variole à cinq enfants qu' il choisit parmi ceux « qui avaient présenté au plus haut degré les signes
< généraux de Tinfection vaccinale. Dès le lendemain € de l'inoculation, horripilation, céphalalgie, nausées,
< vomissements, sensibilité à Tépigastre, diarrhée, etc.
< Ces symptômes durèrent 8 jours, puis ils s'évanoui-
< rent et tout finit là ».
Mais si nous vouUons remonter aux premières années, ne trouverions nous point par hasard que le vaccin n'avait pas d'efiets extérieurs dans l'année même que l'immortel Jenner aànonçait sa découverte? Il nous sufiirait de citer le rapport des travaux de la députation Jennérienne de Turin (1) dans lequel on lit que le vaccin introduit dans cette ville l'an IX de la république française, produisait moins de pustules, qu'elles devenaient plus petites au fur et à mesure qu'augmentaient les opérations, et qu'une année après on avait déjà des preuves visibles de cette diminution. Mais on constata la même infériorité d'eflets externes même sur des varioleux chez lesquels la variole éclatait avec plus ou moins d'intensité selon les constitutions. Gomme il aurait été absurde de déclarer
< que les enfants qui n'ont pas eu de nombreuses et
(1) BMiMkipis liai., vol. V. pag. 131.
526 DE LA VACailATION — GHAPITRF. XVI
larges pustules, n'ont pas souffert la variole, de même les faits ont montré qu'il serait absurde de soutenir que les enfants sans boutons ou qui n'en ont eu que de peu développés, n'ont pas été efficacement inoculés. MM. Sydenham, Huxam, Ramazzini, Burserio, et Franck citent divers cas de petite vérole, où l'éruption n'a pas eu lieu. C'étaient pourtant de véritables varioles qui agissaient sur 1' organisme avec toute la force dont elles sont susceptibles dans les cas ordinaires. Les auteurs susdits ont précisément conclu par raisoù de ressemblance que si la variole sauve d'une seconde attaque, le vaccin, n'importe la variété de sa forme , préserve aussi du danger de la contagion , lorsqu' il se montre sous un simple tubercule, pourvu qu' il en dérive une période de réaction constitutionnelle. En effet le peu de disposition à la vaccine peut dériver d'une infinité de causes diverses, toutes répulsives, qui agissent aujourd'hui contre le vaccin comme elles agiront demain contre la variole, et le peu de développement sera cependant toujours égal ; bien plus, il n'aura pas lieu dès que la prédisposition existante, quelle qu'elle soit, aura été absorbée par l'inoculation.
Une chose à laquelle on doit bien prendre garde c'est de ne point confondre le faux vaccin avec le véritable. On les distingue par la nature des pustules, et en remarquant les phases du développement dé la maladie. Le faux vaccin est toujours très-rapide, si rapide que l'on ne trouve pas des cas de vaccin légitime qui puissent lui être comparés sous ce rapport»
Les médecins italions ont parlé des causes atmosphériques et transitoires qui peuvent altérer la propension à la vaccination. Ils ont mentionné Vidiosyncrase qui à l' instar des causes susdites peut disparaître avec le temps ou durer toute la vie. Quant à l'influence atmosphérique, M. Ramazzini crut avoir découvert que l'humidité influe puissamment sur le développement des pustules varioleuses. M. le docteur Griva, dans son susdit mémoire sur l'épidémie de Turin de Tan 1829, attribuait aussi à l'inconstance des vents, tantôt chauds tantôt froids, à l'incertitude de la constitution atmosphérique sèche pendant la plus grande partie du jour, humide et froide durant la nuit, la cause qui rendait la peau sèche et ci-asseuse, et consequémment peu apte aux fonctions ordinaires. Ce qui faisait encore, selon lui, que les cas de variole étaient plus graves, puisque l'éruption ne pouvait facilement avoir lieu à cause des obstacles de la peau, et que les vaccinations devenaient d'une exécution plus difficile, parce que le bras du patient paraissait résister à l'introduction du pus (fait qui a été observé jusque dans la proportion extraordinaire de 49 sur 153 vaccinés).
En France, le docteur Serres étudia spécialement l'inSuence de l'atmosphère. Il constata que la pustule varioleuse se développe de préférence sur les parties sèches de la peau, telles que les mains et le visage, plus difficilement sur les parties humides, comme les aisselles et les aines, et sur celles dont la peau
est plus épaisse. Il expliqua au moyen de cette théorie pourquoi les parties internes du corps sont exemptes d'éruption varioleus^ , spécialement la bouche , les narines et les membranes muqueuses qui sont continuellement lubrifiées par les humeurs qu'elles sécrètent. Il ajouta qu'à la suite d'une observation plus minutieuse il crut avoir constaté que le plus ou moins de malignité ou de bénignité de la maladie, ainsi que la faciUté de propagation , doit être attribué à l'état de l'atmosphère. La violence et la sécheresse des vents paraissent donc être la cause principale des épidémies. Les vents de l'ouest au contraire et la continuité des pluies favorisent la chaleur de la peau et mitigent la maladie. Nous sommes d'accord avec M. Serres que l'atmosphère humide est vraiment favorable à un doux développement des maladies varioleuses ; mais nous ne pouvons porter cette doctrine jusqu'aux limites de l'indéfini. Car si ce qu'il assure est vrai, il est aussi d'autre part de toute véracité que l'humidité atmosphérique trop prolongée peut influer sur la propagation de l' épidémie et nuire dans un autre sens. Il est notoire que l'humidité finit toujours par porter atteinte aux fonctions cutanées, et que dans ce cas l'atteinte la plus grave serait de la prédisposer plus que d'habitude à oontraotor la maladie. Sydenham parlant dans son ouvrage (i)des causes de la variole dépendante de la différence des consti-
(1) Sect l^, chap. 5»%
RECEPTIVITE 539
tutions individuelles, s'exprime en ces termes < vario admodum se hàbent modo pro varia constitutione qica incessunt >• Il fait observer la grande influence que l'état de la peau exerce sur le développement de la maladie et spécialement lorsqu'une épidémie domine. Il admet que lorsque la sueur parait spontanément dès le début de la contagion varioleuse, le cours de la maladie est d'ordinaire bénin, et viceversa qu'il assume une certaine gravité, lorsque la peau est naturellement sèche.
Nous devons citer ici, pour rendre hommage à un homme si éminent, un extrait de la lettre que Sydenham adressa à Guillaume Colle le 20 janvier 1682. 11 y dit à propos des fièvres intermittentes survenues dans une saison très-humide de l'an i680 que < la; variole renaissait par ci par là en coïncidence avec les fièvres, comme c'est sa coutume >, et il ajouta que, tandis qu'une grande sécheresse dominait l'année suivant^îdans l'atmosphère avec une telle force que l'herbe séchait dans les champs, < les maladies varioleuses sévissaient plus que jamais avec des symptômes d'inflammation intense». D'oU le docte auteur conclut :
< qu'il est conforme à la raison humaine d'attribuer
< en grande partie la bénignité ou la gravité des épi-
< démies varioleuses aux orages qui ont pu précéder <et plus généralement aux conditions atmosphé-
< riques >.
Huxam, si souvent cité dans cet ouvrage, s'exprime ainsi: < Ce n'est pas que les miasmes contagieux ne
34 — Parola, vol. I, De la vaccination.
< puissent être d'une nature plus virulente et active € dans un temps que dans un autre, plutôt sous une € constitution que sous une autre, ainsi que la chose € paraît être en apparence; mais cela peut arriver € par les dispositions particulières de Tair rendant € les solides et les fluides plus ou moins disposés à € telle ou à telle autre espèce de fièvre >. On observe en eflTet des constitutions atmosphériques qui favorisent les fièvres inflammatoires, et d'autres les fièvres putrides. Étant admis que ces différentes constitutions ont la faculté d'agir même sur les personnes saines, à plus forte raison devront-elles influer sur les malades et sur les maladies. On a observé depuis longtemps qu'une certaine constitution accélérait, qu'une autre retardait les maladies épidémiques, soutout celle de la variole. C'est pourquoi Ton a vu quelquefois la variole se manifester au coin d'une ville, puis s'y répandre totalement. La peste même cesse ses ravages, quand l'air cessant d'être chaud et humide devient sec et froid.
Un autre auteur distingué, Sarcone, a parlé de l'influence atmosphérique en ces termes : < Nous ne € pourrons jamais contester que l'air ne contribue € beaucoup à accroître ou à diminuer les suites dan- € gereuses de la variole naturelle. Nous ne saurons € peut-être jamais expliquer les causes secrètes qui € produisent ce fait, et néanmoins notre proposition € n'en est pas moins vraie > (1). Da nos jours aussi on
(1) SAaGom, De la contagion do la variole, Naples, 1788» pag. 177.
a reconnu cette influence. Briquet et Tardieu admettenten parlant des dernières ëpidémies qui ont dominé en France, que < les agents atmosphériques et les vents jouent un grand rôle parmi les causes épidémiques de la variole. » H n'est pas d'auteur qui ne reconnaisse et ne donne un grand poids à toute influence tendant à troubler les fonctions cutanées, cause principale des épidémies varioleuses.
Nous dirons maintenant quelques mots sur les observations météorologiques auxquelles nous nous sommes constamment appliqués. Chaque fois que de longues pluies succédaient à l'inoculation, et qu'un excès d'humidité régnait dans l'atmosphère, ou quand dans un bref espace de temps les vents chauds succédaient aux vents froids, l'éruption du vaccin se faisait bien plus lentement et plus tard, les pustules se montraient moins pleines, moins abondantes, et la cinquième partie environ des inoculés n'éprouvaient aucun effet. La propriété préservative avait donc moins d'efficacité chez eux parce que, pour nous servir d'un mot plus précis, la vaccine paraissait n'avoir pas assez de force pour tenir. Les savants ont surtout remarqué la constitution atmosphérique des mois de mai et juin de 1842. C'était une alternative continue de vents opposés. Ceux du septentrion dominaient sur les autres, les pluies furent abondantes, le froid se prolongea outra saison et outre mesure , le baromètre et le termoraètre baissaient surtout pendant la nuit. Nous avons vu que chez presque tous les vaccinés une moitié
(les pi(iûres fit défaut et que l'autre moitié donna lieu à une éruption, mais sans présenter les symptômes habituels de réaction. Le succès manqua complètement dans la cinquième partie des vaccinés et plus.
Les inoculations avaient pourtant été faites avec la lymphe la plus pure et la plus active prise à des pustules qui avaient de six à huit jours* Nous observâmes que les inoculations faites avec la lymphe qui avait plus de 8 jours, demeurèrent sans effet, bien qu'elle fût limpide et qu'elle eût été efficace dans une autre circonstance. Les vaccinateurs des provinces se plaignaient généralement cette année-là de la qualité du virus pris aux inoculés, et disaient qu'il manquait d'action. Pour obvier en quelque sorte à ce défaut, on dut envoyer dans diverses localités des enfants qui promettaient de belles et larges pustules, à peine en donnaient-ils les signes extérieurs. Pour ce qui nous concerne nous dirons que s'il y a eu durant le cours de notre profession un temps oii nous avons pu croire à la dégénération du vaccin, ce fut sans doute ce temps-là ; mais l'appui que nous prétait la science était assez fort pour ne pas nous laisser vaincre par le hasard, et pour en expliquer les causes selon les principes qui bien loin de la combattre, soutiennent la doctrine de la durée de la propriété du vaccin. Que l'exemple fasse encore une fois autorite. Gomme au mois de juillet la constitution atmosphérique se modifia pour donner lieu à la chaleur, nous vîmes aussitôt la même lymphe, inactive et propre
RÉCEPTIVITÉ 533 t
seulement à produire une faible éruption peu de jours auparavant, reprendre sa vigueur et son énergie naturelle et provoquer, /a cenfe cœlo^ des symptômes locaux et constitutionnels plus intenses. Chaque vaccination eut son entière période ordinaire; chaque essai un facile et prompt résultat. Nous ne sommes point les seuls qui avons décrit ces phénomènes. Après les avoir observés et appréciés selon leur juste valeur, nous vîmes avec plaisir que d'autres médecins et d'autres auteurs en avaient fait Fobjet de leur recherches. Nous en avons une preuve dans le rapport sur la marche des vaccinations en 1832, adressé au gouvernement par M. le doct. Girardin, au nom de l'Académie royale de Paris, et dans lequel on lit < que les mêmes firent
< défaut durant les chaleurs de Tété, et récupérèrent
< leur efficacité au commencement de V automne > . M. le doct. Damian cite les anomalies qui se manifestèrent constamment dans le cours d'une année sur 600 vaccinés, et surtout le nul effet d'un grand nombre de piqûres, ainsi que dès pustules lentes non pleines, à aréole moins distincte, qui se présentèrent durant toute une saison, ce qu'il attribue aux fréquentes variations atmosphériques et à l'humidité qui avait lieu tantôt avec la chaleur, tantôt avec le froid: M. le doct. Barer se trouvait à lUe (Pyrénées orientales) dans un temps oîi le développement du vaccin était tardif et difficile , résistant quelque fois jusqu'au 14« jour et n'ayant le plus souvent son cours qu'après la répétition de trois ou quatre expériences.
Plusieurs auteurs au contraire rapportent des circonstances et des époques où les éruptions ont éclaté avec un caractère violent et aigu. On cite le doct Rayer qui assura avoir vu une année des pustules de la force de celles qu'avaient décrites les premiers vaccinateurs. M. Ëmery dans son rapport à Tacadémie de médecine de France sur les vaccinations de Tan 1830 dit que les pustules furent souvent cette année-là accompagnées de fièvre et d'érysipèle sur les membres supérieurs et sur la poitrine. Il s'agissait donc de quelque chose de plus que d'une âpreté extraordinaire, mais d'une recrudescence qui donnait accès à des maladies secondaires.
M. le doct. Pellieux * dit que la vaccination déploya une violence excessive à Beaugenay en 1831 et 1833^ années dans lesquelles dominait une constitution atmosphérique favorable aux maladies cutanées. Il ajoute que dans ce ^santon l'urticaire, la rougeole et Térysipèle éclatèrent en coïncidence avec la variole.
D'autres auteurs contemporains ont aussi fait remarquer le différent développement de la vaccine selon les diverses conditions atmosphériques. Le conservateur général du vaccin à Turin nous dit qu'il a observé plusieurs fois dans sa longue carrière des faits exceptionnels semblables à ceux que nous avons cités, et qui proviennent des conditions spéciales de l'atmosphère et de la différente constitution des inoculés. Il cite entre autres le fait que le vaccin qui produisait en 1861 dans beaucoupde localités d'heureux
résultats, correspondit fort peu pendant quelque temps aux espérances des vaccinateurs dans la province de Crémone, et que ce ne fut que plus tard qu'il reprit son énergie habituelle (1). De semblables déclarations furent sourtout faites au sein de l'Académie française par Gùérin. Il nous assure avoir retrouvé dans le dépouillement des correspondances des vaccinateurs français une foule de documents sur les variations temporaires et locales de la vaccine. Les uns, dit-il, ont remarqué que la température, les saisons et certaines conditions atmosphériques et médicales influent singulièrement sur le développement de la vaccine, à tel point que plusieurs ont suspendu temporairement les vaccinations, lorsqu'elles ne réussissaient pas ou qu'elles offraient une marche insolite, pour les reprendre plus tard (2). Nous ajouterons encore que l'influence des saisons et de certaines conditions atmosphériques avaient déjà été rémarquées par les inoculateurs de la variole. On avait aussi constaté que la variole se développait d'une manière plus ou moins bénigne selon les individus, et que quelques-uns s'y montraient même réfractaires.
Certains auteurs , tels que Franck et Azzoguidi , admettent qu'une spéciale idiosyncrase peut rendre exempt de la variole. M. Morelli, commentateur de Frank, cite le cas d'un homme décédé à 89 ans qui s'est trouvé au milieu de maintes épidémies de va-
(1) V. Martoeelli, Rapport, Tarin, 1863. [i) Ggtf. méd., Paris, 1869» pag 359.
riole et eut plusieurs cas de variole chez lui , sans que lui-même Teùt contractée, V action de V atmosphère sur les résultats de l'inoculation de la variole est admise par Bucholz, Hunter, Dimsdale et Bond. Il est utile à ce sujet de rapporter une observation de Hufeland: il dit que 50 individus inoculés au mois d'avril 1788 eurent tous de bons résultats; mais que dès le mois de mai suivant, où commença à dominer une épidémie catarrhale, les inoculations furent sans succès, soit que cette épidémie eût privé le corps de la réceptivité du virus varioleux, soit qu'elle en eût empêché le développement. Les maladies contagieuses ne sont pas les seules qui paraissent sujettes^ cette influence ; les autres maladies se ressentent aussi puissamment de l'état de l'air. Toutes, à l'exception des traumatiques, engendrent ou conservent un degré proportionné à la disposition individuelle sur laquelle influent les conditions cosmotelluriques, la sécheresse ou l'humidi té, la chaleur ou le froid, les vents qui nous amènent la pluie ou un ciel sans nuages, les variations rapides ou un état constant. Si de ces accidents il ne naît point un état pa^ ticulier, on doit croire qu'il en est bien facilement modifié. Nous demanderons maintenant au lecteur si, après tout ce que nous avons dit, le succès de la vaccination a d'autres causes que celles d'une prédisposition naturelle, si sur cette prédisposition n'agissent point les conditions de temps, de lieu et l'influence de l'atmosphère. Et, reprenant la question sous un autre
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aspect, pourrait-on admettre qu'une éruption faible et rare, pourvu qu'elle se soit fait sentir dans Torganismedu vacciné, est moins capable de sauver du danger de la variole, qu'une éruption abondante, intense et complète? Les motifs déjà développés. Ta vis des savants et les faits cités suffisent pour répondre à cette demande. Nous n' ignorons pas que MM. Heim et Muller y répondraient négativement; nous savons bien qu'ils préfèrent à toute discussion la doctrine préconçue qu'une éruption manquée ne détruit qu'une partie de la susceptibilité varioleuse, et qu'une ample éruption agit puissament sur cette susceptibilité. Quoi qu'en disent MM. Heim et Muller, leur doctrine est combattue d'une manière irréfutable par les faits dans lesquels réside le plus solide raisonnement médical. Malheur si nous renoncions à l'enseignement de l'expérience ! Les luttes scholastiques nous entraîneraient dans des sentiers aussi malaisés que dangereux, et pour vouloir trop raisonner nous finirions quelquefois par perdre de vue la logique. Murhy, Lohmeyer, Lossetti etc. soutiennent avec raison que la variole et la varioloïde peuvent avoir également une efficacité intrinsèque. Ils établissent de plus que dans certains cas une faible vaccination peut être réputée préférable dans ses conséquences à une vaccination plus parfaite, tant à l'égard de l'intensité que du nombre des cicatrices. Si nous envisageons les cas les plus fréquents, ne voyons-nous pas que ceux qui sont déjà marqués par une forte variole sont aussi
facilement exposés à la rechute? C'est ce qu'affirme le docteur Sacco: < Le vaccin, dit-il, suit les lois de € la variole, et un atome de ce virus produit le même < effet qu'une grande quantité >.
Un autre axiome découle de tout ce que nous avons dit dans ce chapitre, et c'est que la réceptivité peut être d'une nature si farte qu'elle ne peut disparaître tout à fait, qu'elle produit une éruption subite, et que ceux qui l'ont soufferte peuvent y retomber, puisque la réceptivité est évidemment grande, extraordinaire.
Concluons donc avec le docteur Cugino et admettons avec lui que la vaccine a changé de formç, si par cela on entend dire que la vaccine a dégénéré, saus qu'il en résulte toutefois une diminution dans sa propriété prophylactique ; car nous sommes bien loin de vouloir faire une question de mots, bien que cette dénomination soit pourtant équivoque.
Non, on ne doit pas toujours dire que le défaut d'une éruption abondante dépend du virus ; les effets de la préservation ne se mesurent pas toujours sur la quantité et l'intensité des pustules. C'est la réceptivité individuelle qui régit et mesure cette partie extérieure et la réceptivité existe d'abord danà les prédispositions naturelles, puis dans les influences qui peuvent l'augmenter ou la diminuer, ou mieux encore dans les conditions atmosphériques qui en favorisent le développement d'une façon plus ou moins directe. En d'autres termes, on peut éluder la question avec des arguments spécieux ; mais on ne peut la définir sagement et pratiquement. Tel est notre avis.