‹ De la vaccination;Chapitre 4 sur 48 · DE L* INOCULATION DE LA VARIOLE · texte numérisé non relu

DE L* INOCULATION DE LA VARIOLE

Si Torigine de la variole est si ancienne qu'elle se perd, comme on Ta dit, dans Tobscurité des temps, l'inoculation, d'après quelques auteurs, ne serait guères moins ancienne. Dans son histoire de l'inoculation Gandoyer nous assure (1) que cette pratique est connue en Asie et en Afrique depuis un temps immémorial. Suivant les Augthorah-hhade il y aurait 3366 ans qu'on inocule dans les régions orientales. Un culte établi en l'honneur de la déesse des pustules, des cérémonies, des offrandes, des sacrifices qui se renouvelaient à chaque printemps pour en implorer le secours, surtout lorsque la petite vérole, la rougeole, ou toute aufre maladie éruptive étaient d'une nature maligne, tout annonce chez ces peuples l'ancienneté de la petite vérole, et prouve en même temps, qu'on s'est occupé de bonne heure des moyens de s'en préserver. Le doct. Verdé-Delisle nous dit que chez beaucoup de peuplades nègres l'inoculation de la petite

(I) F. TréiU pratique de Finoeulation. <— Journal des Savamts, 1769.

vérole est pratiquée de toute antiquité. Gassem Aga, chargé d^aflfaires de Tripoli à Londres sous le règne de Georges I®'', déclara qu'elle était si ancienne dans son pays, que personne n'en pouvait dire Forigine ; et qu'elle était pratiquée non seulement par leshabitans des. villes, mais même par les tribus nomades. On lit dans le Voyage de Bnice aux sources du Nil que l'inoculation est opérée dans la Nubie depuis un temps immémorial par des négresses ou des femmes arabes de Shilook, de Nubar, de Gubas, et par des esclaves venant de Dyra et de Tègle. Leur procédé s'appelle Tishjerée ou Tiddéré^ soit achat de la petite vérole. Ces femmes la communiquent au moyen d'une bande de toile de coton, imprégnée de pus variolique, qu'elles attachent au bras de l'individu qu'elles veulent inoculer. Au Bengale et dans THindoustan l'inoculation se pratique depuis la plus haute antiquité de la façon suivante. On prend un cordon de soie torse, imbibé de matière variolique ; on l'enfile dans une aiguille qu'on passe ensuite dans l'épaisseur de la . peau du mollet. On retire le fil le troisième ou le quatrième jour , et c' est ordinairement %ntre le cinquième et le sixième que se manifestent les premiers symptômes.

Suivant d'autres auteurs, il existe dans ces mêmes pays un second procédé en usage chez une tribu particulière de Brahmes. Après avoir ordonné un certain jeûne de préparation, ces prêtres vont de maison en maison et font l'opération sur le seuil de la porte. Ils

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