DE LA POSSIBILITÉ DE COMMUNIQUER DES MALADIES ETC
que si là présence simultanée des deux virus fait qu'il modifient réciproquement leur cours, ainsi que nous l'avons démontré, ils ne peuvent cependant pas malgré leur grande analogie se confondre, conservant chacun, dans les formes extérieures au moins, ses caractères distinctifs, et ne communiquant que sa propre contagion.
Outre les exemples que nous avons déjà donnés, il y a encore d' autres expériences négatives pratiquées sur des individus affectés d'une autre maladie en coïncidence avec le vaccin. M. Gensana a pris du vaccin à un enfant qui avait la rougeole, et l'inocula à quatre autres. Ils eurent tous une belle expulsion vaccinale , et aucun n' eut la rougeole. Heim nous donne la même assurance. Il puisa du vaccin sur des individus affectés de différentes maladies; mais il n'y eut que la transmission du vaccin. L'institut vaccinique de Naples et le prof. De Renzi ne sont pas moins explicites à ce sujet. Barrey vaccina sa propre fille qui n'avait que 15 jours avec de la lymphe prise à un enfant éminemment scrofuleux. Elle ne souffrit jamais de cette dernière affection, et jouit toujours de la meilleure santé (1). Nous ne manquons donc pas de faits à l'appui de l'intransmissibilité des autres maladies. À ce sujet nous ne devons pas oublier Bousquet qui soutient aussi cette
(1) Babeit, Hist. impartiale de la vaccine.
thèse (1) en s'appuyant sur les faits consignés dans les rapports du comité et de T académie; ni Steinbrenner qui nous assure que < pour ce qui concerne la crainte d'inoculer des enfants avec la lymphe d'enfants maladifs, l'expérience de cent vaccinateurs est là pour prouver le contraire (2).
Mais bien que les plus éminents vaccinateurs aient cherché de persuader que le vaccin ne peut transmettre que le vaccin, il y a cependant un très-grand nombre de personnes, et surtout celles qui sont étrangères à la science qui n'ont pas déposé tout doute à cet égard. C'est pourquoi le comité général sanitaire de la Grande-Bretagne interrogea les corps scientifiques et les vaccinateurs si l'expérience pouvait laisser soupçonner que le vraie pustule Jennérienne communique d'autres maladies.
Le collège médical de Vienne traita la question théoriquement et pratiquement, et conclut que < si r on veut en rester aux principes théoriques de la science, il n'y a aucune maladie spécifique qui puisse couvrir une autre maladie spécifique ; mais que non seulement la théorie, mais la pratique des vaccinateurs déposent en faveur de l'inaltérabilité de la lymphe vaccinale tant qu'elle agit contemporainement comme telle (3). La commission médicale de
(1) L. c, pag. 231.
(2) SiBiNBiiNiiBB, 1. c, pag. 827.
(S) Ànn. univers, de Milan, livraison 479, pag. 428; 1857.
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Prague émit le même avis. L'introduction «par le vaccin, a-t-elle dit, des scrofules, du tubercule ou d'an autre principe contagieux altérant la constitution organique n'a pas été démontrée (1) >.
En Italie c'est le savant vaccinateur Facen qui s'est chargé de répondre. Se fondant spécialement sur ses propres expériences, et sur l'autorité du docteur Gugino, membre de l'institut de Naples, il conclut que le vaccin ne communique pas d'autres maladies (2). Le doct. Da Gamin de Trieste a même contesté que les scrofules et la phthisie soient contagieuses et inoculables, et en déduit que ces infirmités ne peuvent point se transmettre avec la vaccine. Le comité milanais de vaccination animale admet dans ses recherches sur la vaccination humaine et animale, relativement aux assertions de Regnoli, Malagô, Pellizzoni et Pearce, qu'il n'y a pas de faits explicites qui prouvent que d' autres virus héréditaires, les scrofules, le rachitisme, le scorbut et la phthisie puissent se transmettre par la vaccination de bras à bras, et que par conséquent on ne peut admettre cette possibilité que sous toute réserve (3). Pour ce qui regarde l'Angleterre, nous lisons dans le The Brilish Médical Journal du 4 juin 1870 , que sur plusieurs millions de vaccinés dans les années
(1) Aiiii. «Mit0. de Milan, livraison i88, pag. ISS; 1858.
(2) L c, août et septembre 1857, pag. 313.
(3) L c, février 1869.
précédentes Ton n'a constaté aucun cas sérieux d'infirmité constitutionnelle survenue à la suite de la vaccination.
Si donc au petit nombre de cas isolés de transmissions contagieuses au moyen du vaccin nous opposons l'expérience et l'autorité des vaccinateurs éminents et des sociétés savantes, nous pouvons bien dire que le vaccin n'a pas succombé sous l'accusation qu'on lui a faite. Les vaccinés depuis le commencement du sièclejusqu'à nos jours s'élèvent à plusieurs millions. Or si le prétendu danger avait été réel, les inconvénients auraient été bien plus nombreux , surtout parce que dans les vaccinations publiques l'on ne fait pas toujours un bon choix de vaccinifères. Les cas exceptionnels ne détruisent jamais les lois générales ; et les principes que nous avons exposés ont été confirmés par l'expérience. Ajoutons que le vaccin peut être par les changements intimes qu'il opère dans l'économie générale et par la réaction fébrile qu'il réveille, la cause occasionnelle du développement dans les vaccinés de certains principes contagieux qui s'étaient conservés jusqu'alors à l'état latent. L'observation de tous les temps et de tous les pays a démontré la justesse de nos idées à cet égard. On doit donc attribuer certaines afiections scrofuleuses non pas à l'inoculation de la vaccine, mais à ce que nous venons (jle dire. Dans cette sorte de cas la vaccine n'a fait que réveiller des maladies qui préexistaient en germe dans l'individu. Malgré ce nous ne