DE LA POSSIBILITÉ DE COMMUNIQUER DES MALADIES ETC
voulons pas nous montrer trop absolus et dédaigner les précautions. Si ce que nous avons exposé nous parait conforme à la raison et consacré en quelque sorte par l'expérience, il n'en est pas moins vrai que plusieurs auteurs ont cité des faits qui, bien qu'isolés et exceptionnels, peuvent causer une certaine appréhension et laisser dans notre esprit le doute, faible si l'on veut, que le principe énoncé peut sous l'influence de causes manifestes ou occultes subir quelque altération. Le savant doit se placer au-dessus des préjugés populaires; mais il doit souvent en tenir compte dans la pratique et ne pas heurter contre eux avec trop de violence pour ne pas compromettre le but qu'il se propose d'obtenir. On doit concéder quelque chose à la tendresse des parents pour leurs enfants. Il est bien certain qu'un beau vaccin qui se développe sur un enfant sain et robuste, leur inspirera plus de confiance qu'un autre vaccin de mauvaise apparence qui se forme sur les bras maigres d'un enfant maladif ou qui a le visage marqué d'une éruption. Plus nous donnerons de garanties aux parents, et plus ils auront de confiance dans la découverte de Jenner. Les vaccinations sont si répandues dans chaque pays qu'il ne sera pas difiicile de laisser de côté certains individus et de recourir à d'autres. Nous croyons d'accord avec les meilleurs vaccinateurs, qu'il est de la plus^ haute importance de bien choisir les vaccinifères dans le but d'éviter un danger même lontain, pour ne pas dire impossible.
582 DE LA VACCINATION — CHAPITRE XYtl
Nous déclarons sincèrement d'autre part que nous n'hésiterions jamais au besoin de nous servir de la lymphe d'individus aflTectés de scrofules, de rachitisme , etc. en ayant toutefois la précaution de recueillir la lymphe vaccinale sans aucun mélange de sang ou de pus.